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Éducation, gestion, Stade Vélodrome... la chambre des comptes étrille Marseille

Le dernier rapport de la chambre régionale des comptes étrille la Ville de Marseille sur plusieurs points, notamment la gestion des 12.000 agents municipaux.

La mairie de Marseille en 2014.
La mairie de Marseille en 2014. Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Maeliss
Maeliss Innocenti et AFP

Temps de travail insuffisant pour les agents municipaux, recrutements irréguliers, situation financière "préoccupante", mauvais état des écoles... alors que les élections municipales ont lieu dans un peu plus de quatre mois, la chambre régionale des comptes (CRC) a dressé un bilan au vitriol de la gestion de la ville de Marseille.

Ce rapport, que l'AFP a pu consulter vendredi, doit être dévoilé publiquement le 25 novembre. Il était très attendu des candidats à la succession du maire LR Jean-Claude Gaudin, qui laissera son fauteuil aux élections de mars 2020.

L'institution financière se penche sur la gestion de la deuxième ville de France depuis 2012, et en conclut que "les difficultés rencontrées ont pour origine commune une absence de stratégie claire et une insuffisance dans le pilotage de ses actions, par ailleurs peu économes des deniers publics".

Un patrimoine immobilier mal géré

Sujet hautement sensible un an après la mort de huit personnes dans l'effondrement de deux immeubles vétustes -dont un appartenait à la Villerue d'Aubagne : l'état des bâtiments municipaux. La Ville n'a pas de connaissance "exhaustive" ou suffisante de son patrimoine et de son état, ce qui l'empêche de l'entretenir correctement.

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En témoigne également, selon les magistrats financiers, le délabrement de certaines écoles. D'une manière générale, "les solutions apportées n'ont pas été à la hauteur de défis à relever" en particulier dans les quartiers pauvres.

Qu'il s'agisse d'acheter, de louer ou de vendre, la ville de Marseille opère parfois "dans des conditions de régularité contestables" et "à un prix insuffisamment valorisé" ou en payant des loyers trop élevés, pointe aussi la CRC.

Des agents municipaux très coûteux

La gestion des 12.000 agents, sur laquelle le parquet national financier enquête par ailleurs de son côté, est sévèrement étrillée. Les agents municipaux travaillent moins que la durée légale, et cela aurait coûté chaque année, "entre 2012 et 2017, près de 12 millions d'euros".

Le tout n'empêche pas certains de cumuler des montagnes d'heures supplémentaires : jusqu'à 202 heures déclarées pour un seul mois, soit plus qu'un temps plein, par un seul agent, souligne la CRC, qui épingle aussi des primes distribuées dans huit cas sur dix sans corrélation "à la manière de servir".

A Marseille, "la gestion des départs en retraite est pour le moins coûteuse", s'étonne aussi la CRC, qui a trouvé plusieurs septuagénaires et même une octogénaire dans les services municipaux -des maintiens en fonction "illégaux", selon les magistrats. En même temps, le maire procède à deux embauches pour un départ en retraite

L'OM choyé

La CRC s'attaque à un totem de la ville: le stade Vélodrome, et son loyer, versé par l'OM à la Ville. Trop faible selon le rapport. Il faudrait qu'il passe à 8 millions d'euros par an, contre 5 aujourd'hui. Elle dénonce aussi les 52,2 millions d'euros de subventions versées entre 2012 et 2017.

Pour occuper son centre d'entraînement, l'OM ne versait à la ville, propriétaire depuis 1984, qu'un loyer "symbolique" de 3,33 euros par an. La cession pour 6,5 millions d'euros de la Commanderie à l'OM en 2012, a certes mis fin à cette situation, mais au prix d'un montage jugé "contestable" par la CRC.

De l'eau et des ampoules

La Ville a prêté illégalement deux agents à une association sans mission de service public qui "sensibilise aux questions de l'eau. Elle n'a jamais demandé le remboursement de ces salaires, un manque à gagner d'au moins un demi-million d'euros.

La sous-traitance de prestations diverses a, elle, largement progressé, de près de 25% en moyenne sur la période étudiée, et concerne jusqu'à des actions aussi simples que...changer une ampoule.

Jean-Claude Gaudin conteste le rapport

Le maire Jean-Claude Gaudin rejette en bloc les accusations, dans ses réponses annexées aux rapports. Il regrette des "jugements négatifs assénés en quelques lignes, ni fondés, ni encore moins démontrés" et assure que "l'équipe municipale actuelle a trouvé à son arrivée (en 1995, ndlr) une situation très dégradée", dans une ville qui reste aujourd'hui marquée par un taux de pauvreté presque deux fois plus important que la moyenne française.

Il revendique "des résultats incontestables de transformation de la ville, de redynamisation de son économie, de baisse forte du chômage, de relance du logement, d'accueil et d'organisation de grands événements".

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