1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. ÉDITO - Énergie : pourquoi la France ne met-elle pas en place une taxe exceptionnelle sur les fournisseurs ?
3 min de lecture

ÉDITO - Énergie : pourquoi la France ne met-elle pas en place une taxe exceptionnelle sur les fournisseurs ?

Alors que le pouvoir d'achat va être au centre du premier Conseil des ministres d'Élisabeth Borne, pourquoi le gouvernement ne pourrait-il pas s’inspirer des autres pays européens, qui mettent en place une taxe exceptionnelle sur les profits des fournisseurs d’énergie ?

Une facture EDF (illustration).
Une facture EDF (illustration).
Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Énergie : pourquoi la France ne met-elle pas en place une taxe exceptionnelle sur les fournisseurs ?
00:03:55
ÉDITO - Énergie : pourquoi la France ne met-elle pas en place une taxe exceptionnelle sur les fournisseurs ?
00:03:55
François Lenglet - édité par Théo Putavy

Le chiffre d’affaires des pétroliers et, plus largement, de ceux qu’on appelle les énergéticiens (Engie, Total, BP, Shell, ENI), a fait un bond considérable depuis la guerre en Ukraine - en partie à cause de l’envolée des prix du gaz, de l’électricité et du baril de pétrole.

Par conséquent, leurs profits s’envolent. Plus de six milliards de dollars pour le Britannique BP au seul premier trimestre, soit deux fois plus que l’année dernière. EDF a vu son chiffre d’affaires progresser de 62% sur la même période. Engie a révisé à la hausse ses perspectives de profits. Total a fait lui aussi un carton, près de 5 milliards de dollars de profits, malgré une charge exceptionnelle à cause de la Russie de plus de 4 milliards.

Certains pays européens ont alors décidé de taper dans la caisse. L’Espagne, avec un dispositif de blocage des prix de l’énergie, financé notamment par les gaziers. L’Italie, qui n’est pourtant pas dirigée par un communiste, c’est l’ancien patron de la banque centrale européenne Mario Draghi, va récupérer dix milliards d’euros avec un impôt exceptionnel. 

Des milliards qui seront redistribués aux ménages les plus modestes, pour alléger leur facture. Et la pression monte au Royaume-Uni pour créer un tel prélèvement, pression portée par l’opposition travailliste, toujours avec l’objectif d’indemniser les ménages.  Pour éviter le coup de massue, les pétroliers britanniques font assaut de projets d’investissement, en particulier dans l’exploration des hydrocarbures de la Mer du Nord. Avec un sous-titre : si vous taxez, on ne pourra plus investir, et c’est la souveraineté énergétique britannique qui en prendra un coup. Un argument qui s’entend. 

À lire aussi

À ceci près que bon nombre de ces entreprises font aussi du rachat de leurs propres actions avec une partie de l’argent qu’elles gagnent, et que c’est une dépense largement improductive.

Bientôt un dispositif similaire en France ?

D’un certain côté, adopter ce dispositif en France serait tentant car l’argument de la compétitivité française à préserver, celle de nos énergéticiens, tombe, si nos voisins mettent en place une telle taxe. Je sais, de source fiable, que le chef de l’État a discuté de cette taxe, dans un cercle restreint. Politiquement, l’affaire aurait aussi l’avantage de prendre pour cible de grandes entreprises, ce qui malheureusement n’est jamais mal vu en France, et de couper l’herbe sous le pied à l’opposition de gauche.

Mais cette mesure pourrait avoir des désavantages. Prenons d’abord EDF. En réalité, EDF paye déjà une taxe exceptionnelle considérable sur ses profits, avec l’obligation qui lui a été faite de vendre son électricité à prix cassés à ses concurrents, dans le cadre du bouclier tarifaire

Par ailleurs, l’électricien n’est pas en si bonne forme, à cause de la panne de nombreuses centrales, des retards et des surcoûts sur les EPR, les centrales nucléaires de nouvelle génération. Quant à Total, il faut déjà remarquer qu’il a un peu devancé l’appel, en baissant le prix de son litre de carburant de 10 centimes, en plus de l’aide gouvernementale au consommateur. Par ailleurs, oui, l’entreprise est très rentable. 

Mais peut-on lui demander en même temps d’investir massivement dans les renouvelables pour se déployer en dehors des hydrocarbures, et prélever ce qui alimente justement ces investissements ? En ces temps où il n'y a pas moins de trois ministres chargés de la transition écologique, il pourrait y avoir comme une contradiction.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/