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Don du sang : la période d'abstinence imposée aux homosexuels réduite d'un an à 4 mois

La période d'abstinence d'un an que doivent respecter les homosexuels pour pouvoir donner leur sang en France sera réduite à 4 mois à partir du 1er février 2020, a annoncé mercredi le ministère de la Santé.

Un volontaire donne son sang lors d'une collecte ponctuelle lors de la journée internationale du don du sang en 2011.
Un volontaire donne son sang lors d'une collecte ponctuelle lors de la journée internationale du don du sang en 2011. Crédit : FRED DUFOUR / AFP
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Paul Turban et AFP

Il s'agit "d'une première étape" vers des conditions de don identiques pour tous les donneurs. La période d'abstinence d'un an que doivent respecter les homosexuels pour pouvoir donner leur sang en France sera réduite à 4 mois à partir du 1er février 2020, a annoncé ce mercredi 17 juillet le ministère de la Santé. 

L'alignement des conditions pour tous les donneurs, homosexuels et hétérosexuels, est envisagé "à l'horizon 2022". Par respect pour la sécurité des receveurs, il ne pourra intervenir qu'après une évaluation des risques faite "en toute transparence", assure le ministère. 

Cette décision de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s'inscrit dans le cas de l'évaluation régulière des critères de sélections des donneurs et "s'appuie sur des éléments scientifiques, objectifs et indépendants". 

Déjà autorisés à donner leur plasma

L'abstinence d'un an instituée en 2016, par arrêté, avait suscité les critiques d'associations homosexuelles qui y voyaient une discrimination à leur égard. Avant 2016, et depuis 1983, en raison des risques du sida, l'exclusion des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes était totale. 

Depuis juillet 2016, les homosexuels peuvent donner leur plasma selon les mêmes critères que les autres donneurs. Le plasma utilisé en cas d'hémorragie, sert aussi à fabriquer des médicaments: des immunoglobulines, des facteurs de coagulation et d'autres produits pour les grands brûlés et des malades en réanimation.  

Un faible risque

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Les études de l'agence sanitaire Santé publique France avaient montré que l'ouverture du don du sang aux homosexuels en juillet 2016 n'avait pas augmenté le risque résiduel de transmission du virus du sida déjà "très faible" en France.  

En outre, une étude, baptisée Complidon, auprès de 110.000 donneurs montrait que les critères d'accès au don du sang étaient en grande majorité respectée mais qu'il arrivait qu'il ne le soient pas dans de rares situations, faute d'être compris ou acceptés, note-t-on au ministère.  

Un premier pas prudent

Deux propositions d'évolution par rapport à aux critères de 2016 étaient sur la table, soit l'ouverture aux hommes n'ayant pas eu de relations sexuelles avec des hommes dans les quatre derniers mois avant le don, soit l'ouverture au don aux homosexuels n'ayant qu'un seul partenaire dans les quatre derniers mois avant le don.  

L'analyse des risques réalisée par Santé publique France a montré que "le premier scénario avec quatre mois d'abstinence n'entraînait pas de modification du risque, contrairement au second avec lequel le risque de contamination théorique était multiplié par deux", relève-on dans l'entourage de la ministre.   

L'ensemble des données et analyses de risque sur ces deux propositions ont été partagés avec des représentants des donneurs, des receveurs, des associations comme Aides et d'homodonneurs.  La ministre a pris sa décision en tenant compte des travaux et de l'expression de ces derniers, selon le ministère.

"Donner son sang n'est pas un droit"

"Donner son sang n'est pas un droit, mais un geste citoyen vers l'autre, qui nécessite de respecter les conditions du don" pour sa sécurité, rappelle-t-on encore au ministère. Un homme hétérosexuel qui, par exemple, a eu plus d'une partenaire sexuelle au cours des quatre derniers mois doit s'abstenir de donner son sang. 

Chaque année, 1,7 million de personnes donnent leur sang, générant 3 millions de dons. Et chaque année, il faut en moyenne recruter 170.000 nouveaux donneurs avoir les 10.000 dons par jour nécessaires pour répondre aux besoins des malades. Un million de patients par an sont soignés chaque année avec des produits sanguins. 

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