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Une école vide (image d'illustration).
Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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C'est une situation qui suscite une vive inquiétude. Selon les estimations de la FSU-SNUipp, principal syndicat des enseignants du premier degré, environ 3.700 classes de maternelle et de primaire pourraient fermer à la rentrée, contre 2.400 l’an dernier. En parallèle, une baisse de 160.000 élèves est attendue, d'après le ministère de l'Éducation nationale, qui vient de dévoiler sa nouvelle carte scolaire, dont 125.400 dans le premier degré et 36.200 dans le second.
Cette tendance devrait s'inscrire dans la durée. D'ici 2035, les établissements scolaires, publics comme privés, pourraient perdre près de 1,7 million d'élèves en raison de la baisse démographique. Une "vague sismique" qui impose de repenser "l'offre scolaire sur le territoire à long terme", a estimé le ministre Édouard Geffray dans un entretien accordé au Parisien.
Face à cette situation, la députée écologiste de la Drôme Marie Pochon a annoncé, lundi 20 avril, avoir déposé une proposition de loi visant à suspendre les fermetures de classes pendant trois ans, afin de "stopper l'hémorragie". Invitée de Stéphane Carpentier sur RTL ce samedi 25 avril, l'élue dénonce un mauvais encadrement de l'État français.
Avec un indice de fécondité tombé à 1,62 enfant par femme en mai 2025 - son plus bas niveau depuis la Seconde Guerre mondiale - les écoles françaises se vident. Une réalité que la députée ne nie pas, mais qui ne suffit pas, selon elle, à justifier la décision du gouvernement de fermer des établissements.
"Oui, il y a une baisse d'élèves. On ne remet pas ça en cause", admet l'élue. Mais "entre la rentrée 1982 et la rentrée 2021, plus de 17.000 écoles ont fermé alors que le nombre d'enfants était plutôt stable sur la période". Elle dénonce alors "un prétexte".
Pour s'opposer à cette décision, Marie Pochon appelle à un moratoire de trois ans pour repenser la carte scolaire sur "le budget", "le nombre de postes", "en repensant notre service public" et, éventuellement, pour faire "baisser le nombre d'effectifs par classe".
"Le taux d'encadrement en France est le pire d'Europe, avec une moyenne à 21 élèves par classe, alors que le taux moyen en Europe est de 19 élèves par classe", rappelle-t-elle. Et d'ajouter : "La baisse des effectifs devrait nous pousser à revoir les taux d'encadrement et, potentiellement, assurer des classes moins chargées".
Autre aspect mis en avant par Marie Pochon : l'inégalité des territoires face à la fermeture des classes. "Un certain nombre de villages vont s'effondrer, peut-être s'effacer. S'il n'y a plus d'école, ça ne leur permettra plus d'être attractifs pour de nouvelles familles, s'il faut faire 20, 30, 40 minutes de route pour aller à l'école élémentaire. Donc tout ça doit être questionné", alerte-t-elle.
Avant de conclure : "C'est le budget le plus important, à mon sens, puisque l'école républicaine, c'est celle qui permet à chaque enfant, quelle que soit sa classe sociale, quel que soit son code postal, de bénéficier d'une éducation et de se construire civiquement."
Pour protester contre une fermeture de classe, le maire et l'ensemble du conseil municipal de Breil-sur-Roya, dans les Alpes-Maritimes, ont décidé de s'inscrire à l'école maternelle du village. "Lundi à 8 heures, avec les 18 autres élus du conseil municipal, nous viendrons tous à l'école du village avec notre sac à dos et notre doudou et nous rentrerons dans l'une des trois classes de maternelle", a déclaré l'élu divers droite à l'AFP.
Leur objectif : "Montrer ce que ça fait de regrouper 50 enfants dans seulement deux classes." Cette action symbolique, qui intervient après moult démarches auprès des autorités et des mouvements de protestation des parents d'élèves.
"Pour moi, la parole de l'État a une valeur. On pourrait le comprendre si nos effectifs baissaient mais nous aurons 161 enfants à la rentrée prochaine alors qu'ils n'étaient que 135 en 2021", remarque l'élu.
L'inspecteur d'académie des Alpes-Maritimes, Laurent Le Mercier, table pour sa part sur 145 enfants à la rentrée prochaine. "J'aurais pu dès l'an dernier fermer une classe mais je ne l'ai pas fait pour accompagner la primarisation, et je ne me suis jamais engagé pour les années suivantes", assure-t-il.
"Avec cette suppression de classe, la moyenne de l'école sera à 20,7 enfants par classe contre 20,5 en moyenne pour les zones rurales du département et 22,2 pour le département en général", observe l'inspecteur, qui suggère d'organiser différemment les sept classes restantes de manière à faire baisser la moyenne en maternelle.
À Contigny-Monétay, dans l'Allier, les habitants se sont également mobilisés pour empêcher la suppression d'un poste d'enseignant. Banderoles accrochées autour de l'école, tracts diffusés sur les réseaux sociaux... Ils ont multiplié les initiatives. En vain. "On ne sait plus quoi faire, c'est l'Éducation nationale. Donc ce qui se passe, ce n'est jamais eux, ça vient du ministre, ça vient du préfet, ce n'est jamais de leur faute. On subit les règlements de l'éducation", déplore le maire Valéry Dubsay.
De son côté, Pierre-Jean, représentant des parents d'élèves, s'inquiète pour l'avenir. "Des emplois y sont dédiés. On a une crèche. On a du périscolaire. On a des cantinières. Enfin, on a toute une activité qui dépend de cette école", souligne-t-il.
Une situation qui pourrait encore s'aggraver : dans ce département rural de l'Allier, neuf retraits de postes d'enseignants et 22 fermetures de classes sont prévus à la rentrée.
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