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Des agents de l'ICE masqués dans le 26 Federal Plaza de New York, le 17 mars 2026
Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
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Elle parle dans l'espoir de faire "fermer ces établissements". Le 1er avril dernier, Marie-Thérèse a été arrêtée par la police américaine de l'immigration (ICE) et placée dans un centre de rétention en Louisiane. Libérée après 17 jours de captivité, l'octogénaire française a finalement pu retrouver ses proches. Elle a raconté sa détention aux journalistes du New York Times et de Ouest-France, dans une interview publiée ce samedi 25 avril.
"Je ne comprenais pas vraiment ce qui m'arrivait", confie Marie-Thérèse, réveillée en pleine nuit par des coups sur le bungalow où elle vivait avec Billy, son mari américain mort en janvier. À peine a-t-elle ouvert sa porte qu'elle s'est retrouvée menottée et emmenée dans un véhicule banalisé. "Je n'avais même pas eu le temps de me coiffer, je venais à peine de me lever", se souvient-elle.
Ne possédant pas la fameuse carte verte pour rester en permanence sur le territoire américain, Marie-Thérèse a d'abord été envoyée à la prison de Birmingham, en Alabama, sans d'autres explications. L'octogénaire décrit sur place "une humiliation constante". Cette dernière a été forcée à se dévêtir devant tout le monde et contrainte de porter une "salopette vert-de-gris sale" avant d'être conduite dans une cellule déjà occupée par une quinzaine de détenus.
Trois jours passent et Marie-Thérèse est envoyée en avion dans un centre de rétention à Basile, en Louisiane, à plus de 700 km. Mais avant le décollage, il lui faut patienter de longues heures, sans rien boire ni manger, dans un bus sur le tarmac avec d'autres migrants. La Française précise aussi que les personnes étaient "enchaînées les unes aux autres, au niveau des pieds".
Une fois arrivée dans la forteresse de Basile, Marie-Thérèse évoque des conditions déplorables, notamment "un ramdam incessant", des cris et des odeurs de matière fécale. Heureusement, elle a été aidée par d'autres prisonnières à se rendre aux toilettes et à se laver. Certaines lui ont même offert des biscuits avec un chocolat chaud. "J'ai trouvé Dieu dans cette prison grâce à ces femmes", souffle-t-elle.
Dans cette prison où elle a côtoyé des "Sud-Américaines adorables", Marie-Thérèse a été témoin d'actes abominables. "Arrêtées à cause de leur peau mate, c'est du racisme", s'indigne-t-elle avant de mentionner : "les arrestations arbitraires, les chaînes au pied, les appels en pleine nuit, la tenue, orange pour nous les migrants, verte pour les homosexuelles, rouge pour les criminelles".
"Tout cela me rappelle le temps du nazisme", déplore l'octogénaire.
Le pays de la liberté n'existe plus
Marie-Thérèse, une Française de 85 ans arrêtée par l'ICE aux États-Unis
Interrogé par l'AFP sur les méthodes de la police de l'immigration américaine (ICE), et ne parlant pas spécifiquement du cas de la Française, Jean-Noël Barrot a estimé que ce n'étaient "pas des méthodes qui sont nécessairement conformes, je ne parle pas du cas spécifique mais plus généralement, avec celles qui sont en vigueur et acceptables pour nous".
De retour dans la région nantaise et après avoir éprouvé ce calvaire, Marie-Thérèse ne souhaite pas retourner vivre aux États-Unis. "Le pays de la liberté n'existe plus." La Française s'y rendra uniquement pour se recueillir sur la tombe de son époux.
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