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Des ados rémunérés pour des missions assignées par une application

Certaines applications des néobanques sont utilisées par des parents pour rémunérer leurs enfants afin d'effectuer certaines "missions", notamment des tâches ménagères.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Des ados rémunérés pour des missions assignées par une application Crédit Image : DUART DANIEL/SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet
Isabelle Choquet édité par Venantia Petillault

Quand j'étais petite, vous aussi peut-être, mon père me donnait de l'argent de poche. En plus de ça, il y avait parfois un bonus pour bons résultats à l'école. Et ça s'arrêtait là. Oui mais ça, c'était avant, c'était le temps du franc, des banques avec un guichet et du téléphone fixe qui ne fait que téléphone.

Aujourd'hui, place aux néobanques avec leurs applications pour gérer les comptes des ados, et un peu plus que ça. Aujourd'hui, on peut verser de l'argent de poche en fonction du travail fourni. J'ai découvert ça sur le site du Monde. Avec l’application Pixpay, spécialement créée pour les 10-18 ans et lancée fin 2019, par exemple, ou encore l’offre "junior" de la néobanque Revolut, sortie au printemps 2020. Ces systèmes permettent aux parents d’assigner des "missions" à leurs enfants par voie numérique, avec la promesse d'une rémunération en euros, directement versée sur leur compte.
 
Pixpay a analysé les quelques 1.600 demandes lancées via l'application en 5 mois. Sans surprise, les tâches ménagères arrivent en tête. Faire le ménage, la cuisine, tondre la pelouse... Cela représente plus des deux tiers des missions. Bien loin devant les objectifs scolaires : avoir des bonnes notes, faire ses devoirs, lire, c'est 15% des missions. Il y a aussi les questions de comportement : être sage, ne pas manger trop de bonbons, lever le pied sur le smartphone, ou même se laver. Oui, on peut payer son enfant pour qu'il se lave ! 

"Inculquer le fait que l'argent ne tombe pas du ciel"

Pour se faire des sous, rien de tel que le baby-sitting ou plutôt le brother-sitting : s'occuper de ses frères et soeurs, c'est payé presque 13 euros en moyenne. Sinon on peut nettoyer la voiture, 12 euros 65 et visiblement, cela mérite plus que les bonnes notes, 11 euros 45. Notez que le simple fait d'être sage est rémunérateur : 11 euros 74 pour être sage sans qu'on sache très bien ce que cela implique. En bas de l'échelle : sortir les poubelles ne rapporte que 3 euros 91, faire la vaisselle 3 euros 28, débarrasser la table 2 euros 43. Il faut dire que ça revient souvent, ce genre de tâche. Il y a même des enfants qui sont payés pour être gentils avec leurs grands-parents : 2 euros 10 en moyenne.
 
Bien sûr le système des missions payées est une option, on n'est pas obligé de souscrire. Elle est utilisée "par les familles qui veulent inculquer le fait que l’argent ne tombe pas du ciel", voilà ce que Pixpay a expliqué au Monde mais le principal concurrent, Xaalys, a choisi de ne pas proposer ce genre de dispositif et certaines familles sont assez réticentes. La psychologue maison elle-même se montre assez nuancée : "Certains parents considèrent que tout travail doit être rémunéré, d’autres objectent qu’eux-mêmes ne sont pas payés pour faire le ménage, ou qu’il est normal que chacun participe aux tâches du quotidien."
 
Selon cette psy, l'option est déconseillée pour les enfants de moins de 10 ans. Et surtout, elle doit être réservée à des travaux ponctuels, genre tondre la pelouse. Mieux vaut l'éviter pour les tâches du quotidien, comme vider le lave vaisselle : "Il faut que l’enfant comprenne que la vie en collectivité demande des efforts". De la même façon, payer les bonnes notes n'est pas une très bonne idée, à part dans les moments symboliques comme le brevet ou le bac : "L’enfant risque de perdre le sens de l’école, de travailler pour l’argent et pas pour lui, sans compter que cela peut contribuer à déprécier l’estime de soi, notamment en cas de difficultés à l’école."
 
Quant à faire payer l'affectif, la gentillesse, on s'en serait douté, la psychologue est totalement contre. "Cela biaise les relations et ça peut laisser des traces profondes. Il y a un vrai risque à tout centrer sur l’argent". Et sa conclusion, c'est de privilégier le bon vieil argent de poche, celui de mon père.

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