2 min de lecture Sexisme

Denis Baupin accusé de harcèlement sexuel : "Les femmes ont peur de ne pas être crues", assure Raphaëlle Rémy-Leleu

REPLAY / INVITÉE RTL - La militante d'Osez le féminisme dénonce le poids que fait peser notre société sur les victimes d'agressions sexuelles.

Christophe Pacaud L'invité du Grand Soir Christophe Pacaud
>
"Toutes les femmes victimes d'agressions sexuelles ont peur de ne pas être crues", assure Raphaëlle Rémy-Leleu Crédit Image : THOMAS SAMSON / AFP | Crédit Média : Christophe Pacaud,Bénédicte Tassart | Durée : | Date : La page de l'émission
Christophe Pacaud
Christophe Pacaud et Bénédicte Tassart

Huit femmes membres d'Europe Écologie - Les Verts dénoncent les agissements de Denis Baupin. Elles l'accusent de harcèlement et d'agressions sexuels. Seulement, elles ont décidé d'en parler plus de trois ans après les faits qui sont désormais prescrits et elles ne peuvent donc pas porter plainte. 

Pour Raphaëlle Rémy-Leleu, membre du conseil d’administration d'Osez le féminisme, c'est une des lacunes du droit français. Trois ans, "c'est relativement faible, surtout quand on prend en compte - ce que la justice et la loi française ne prennent pas du tout en compte - tous les mécanismes d'emprise qui pèsent sur des femmes victimes de violences en particulier dans des milieux où une hiérarchie s'exerce", explique la militante qui ajoute : "toutes les femmes victimes d'agressions sexuelles ont peur de ne pas être crues."

Pourquoi notre société éduque des agresseurs ?

C'est ce qui explique pourquoi les victimes présumées de Denis Baupin ont pris autant de temps. Du temps "pour comprendre qu'on n'est pas coupable, trouver d'autres personnes pour comprendre qu'on n'est pas seul et qu'on peut avoir la force d'en parler." La pression exercée par notre société patriarcale a ainsi des conséquences concrètes : seulement 11% des femmes victimes de viols portent plainte.

Face à ces "comportements machistes", il faut pourtant une réponse juridique intransigeante. "Ce ne sont pas des blagues potaches, ce ne sont pas des choses que l'on peut excuser, ce ne sont pas des dérapages, ce sont des agressions." Et pour lutter contre ça, la société française doit se poser les vraies questions. "L'éducation elle est à refaire partout", pas que dans le milieu politique précise Raphaëlle Rémy-Leleu. "Et il faut beaucoup interroger non pas sur : 'Est-ce que les femmes doivent sortir tard le soir ? Ou : 'Est-ce qu'elles doivent porter des décolletés ?' Mais sur : 'Pourquoi notre société éduque des agresseurs ?"
C'est pourquoi Osez le féminisme demande les moyens de mieux éduquer toutes les strates de la population française à cette problématique, notamment le personnel censé protéger les femmes victimes qui bien souvent ne sait pas comment les prendre en charge. Le cadre légal du harcèlement et des agressions sexuels est aussi à revoir pour éviter des délais de prescriptions trop courts. Enfin, pour Denis Baupin - et les autres élus qui pourraient être dans cette situation - "la moindre des choses serait de démissionner ou de le faire démissionner", si les faits sont avérés.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Sexisme Agression Harcèlement
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants