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Victimes de grossophobie chez le médecin, elles témoignent

Le magazine "Marie Claire" a donné la parole à des femmes victimes de grossophobie, non pas sur les réseaux sociaux ou dans la rue, mais chez le médecin.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Victimes de grossophobie chez le médecin, elles témoignent Crédit Image : HANNAH MCKAY / POOL / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet édité par William Vuillez

Le magazine Marie Claire s’est penché sur ce phénomène dont on parle assez peu, mais qui peut avoir des conséquences dramatiques : la grossophobie chez le médecin. Cela tient souvent à pas grand-chose, quelques mots, la remarque de trop. "Il y a une personne mince à l'intérieur de vous qui ne demande qu'à vivre". Voilà ce que Pelphine a entendu un jour chez son psychologue. Puis c’est son dentiste qui lui a conseillé une chirurgie bariatrique

Marine, elle, a fini par changer de généraliste parce que, quel que soit l'objet de la consultation, il lui répétait qu'elle devait maigrir. Même pour une angine. "Alors si je mincis, mes amygdales vont mincir aussi ?", dit-elle. Un ORL lui confirmera ensuite qu'une angine n'a rien à voir avec la corpulence. Mais des études le prouvent, les médecins recommandent systématiquement à leurs patients obèses de perdre du poids, point final, alors qu’aux autres ils prescrivent des examens, des tests sanguins ou de la kinésithérapie.

C’est tout le problème : le poids. On ne voit plus que ça, même quand on est médecin. Prenez Pascale, 13 kilos de trop. Sans même regarder ses résultats d’analyses, sa nutritionniste lui lance : "Vous avez le choix entre mourir d’un infarctus ou faire un AVC". Ce regard-là, il n’est ni professionnel, ni rationnel. 

Conséquence : les patients ne consultent plus

Parce que Pelphine, dont on parlait tout à l’heure, son père est médecin. Chez eux, l'alimentation a toujours été saine et équilibrée. "Il m'a vue grandir et me nourrir de la même façon que lui. Et pourtant il a gardé longtemps l'idée que si je grossissais, c'était parce que je mangeais plus", dit-elle. La militante dénonce un cliché éculé : si on est gros, c'est forcément qu'on mange trop, ou mal. Un jour son docteur lui a lancé : "Il n'y avait pas de gros dans les camps de concentration". 

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La conséquence de tout cela, c’est que beaucoup de patients en surpoids contournent l’obstacle : ils ne consultent plus. Pelphine l'avoue, elle a été en rupture médicale pendant 7 ans. Évidemment, c’est pire que tout, sans suivi médical, les patients restent en mauvaise santé, certaines maladies sont détectées trop tard. Trois études différentes ont montré que les femmes en surpoids sont plus susceptibles de mourir d'un cancer du sein ou du col de l'utérus que les autres femmes. Et c'est en partie parce qu'elles hésitent à consulter un médecin. 

Du matériel souvent inadapté

Bref, entre les médecins qui n’écoutent pas et les patients qui ne consultent plus, c’est la santé qui trinque. Voilà pourquoi, avec son association Fat Friendly, Pelphine travaille sur un projet de maison médicale "bienveillante". "Un endroit où l'on sait que si l'on vient pour une otite, on sera soigné pour une otite et qu'on ne repartira pas avec un bon pour une opération bariatrique", explique-t-elle. L'aménagement du centre médical sera aussi pensé différemment : pas d'accoudoirs sur les chaises dans les salles d'attente, par exemple, et des tables de soins adaptées. 

"D’habitude, il y a souvent une petite marche étroite pour monter sur la table. Parfois, on n’y arrive même pas", dit Pelphine. Et même quand le matériel est adapté, ce n’est pas gagné.  Un généraliste témoigne : "Je reçois une patiente en surpoids, et comme je n'arrive pas à prendre sa tension artérielle avec un brassard standard, j'attrape un brassard grande taille. Et là ma patiente se met à pleurer, et je m'aperçois qu'il y a écrit 'Obèse' sur le brassard, en blanc, en très visible, on ne peut pas le louper. Evidemment c'est un terme médical. Mais ma patiente n'a pas besoin qu'un brassard lui exprime encore ce que toute la société lui matraque déjà depuis l'enfance". 

Le jour-même ce médecin a interpellé la marque de brassards sur les réseaux sociaux. Les brassards seront désormais estampillés "XXL". La grossophobie médicale, article à retrouver sur le site de Marie Claire.

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