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Un bébé (illustration).
Crédit : Aline Morcillo / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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À la veille de la publication, mardi 13 janvier, des chiffres officiels 2025 de l’Insee sur la démographie en France, RTL consacre une journée spéciale à la natalité dans notre pays. Le nombre de décès pourrait dépasser celui des naissances en 2025, pour la première fois depuis 1944.
De l'insouciance des ainés aux angoisses des générations d'aujourd'hui, RTL a rencontré trois générations d'une même famille autour de la question de la natalité à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.
De janvier à novembre 2025, le nombre de naissances quotidien moyen a reculé de 2,4% par rapport à la même période en 2024, a indiqué l'Insee. Au sein de cette famille, de moins en moins d'enfants au fur et à mesure que le temps a passé. La grand-mère, Henriette, en a eu trois, sa fille, deux et sa petite-fille n'en a pas.
Sur l'ensemble de l'année, le nombre de naissances devrait ainsi atteindre son plus bas niveau depuis la fin de la Seconde guerre mondiale pour la quatrième année de suite. Ce nouveau repli s'inscrirait dans une tendance de long terme. En France, le nombre de naissances a diminué chaque année depuis 2011, à l'exception de celle de 2021, qui a connu un léger rebond après les confinements liés au Covid-19.
C'est avec son café matinal en main qu'Henriette, 87 ans, se remémore la naissance de ses trois enfants. "En 1967, en 1970 et en 1971, trois d'un coup. On pensait évidemment : plus de guerre, plus rien, tout va être formidable", raconte-t-elle au micro de RTL.
Henriette a eu ses trois enfants entre 25 et 28 ans. "Il y a eu beaucoup d'enfants qui sont nés parce qu'il fallait remplacer la population qui avait vécu la guerre", rappelle-t-elle.
La fille d'Henriette, Shenda, est elle-même deux fois maman, mais pas encore grand-mère. "J'ai eu deux enfants. La première a 30 ans et le deuxième a 32 ans, dit-elle. Avec mes amis, on est plus à deux enfants. Ma génération, c'était un peu moins et la génération de ma fille, c'est pire".
Leïla, elle, n'a "pas d'enfant". "Je n'en veux pas tout de suite. Je suis dans l'optique de travailler, de faire ma carrière. Avec mes amis, quand on en parle, on ne veut vraiment pas d'enfants. C'est plus par rapport à ce qui se passe dans le monde, que ce soit le réchauffement climatique, les guerres, etc. Ils ont peur, et en vrai moi peut-être un petit peu aussi, dans quel monde on va laisser nos enfants plus tard ?", explique-t-elle.
"C'est vrai que moi en tant que maman, j'espère quand même être grand-mère un jour. Pas tout de suite, mais un jour. Si ça avait été le cas quand moi j'étais en âge d'avoir des enfants, je me serais aussi posé la question", raconte la fille d'Henriette.
Le sujet n'est pas tabou dans cette famille.
Cette question de l'incertitude est très présente et puis y a cette question financière aussi pour Leïla la plus jeune. La discussion avance et entre ces trois générations, une question va les distinguer : le désir d'enfant surpassait avant tout inquiétude financière chez Henriette et sa fille, mais chez Leïla, ce n'est plus le cas.
"Il y a aussi le fait que ça coûte cher. Un enfant de ses 0 à ses 25 ans coûte à ses parents en moyenne 250.000 euros", explique Leïla. "Ils ont beaucoup plus peur que nous", confirme sa mère. Et pour Henriette, "il y a maintenant cette question. Ce n'est pas possible d'avoir beaucoup d'enfants".
Cette évolution générationnelle est explorée par le sociologue Julien Damon dans son livre Les batailles de la natalité. "Vous avez une grande révolution positive qui est l'émancipation des femmes, qui passe aussi par le fait qu'elles sont professionnellement actives et que donc on réalise son désir d'enfant bien après que l'on ait ancré sa carrière professionnelle", explique-t-il au micro de RTL.
La petite-fille d'Henriette compte bien faire des enfants un jour. Mais elle ne sait pour l'instant pas quand, ni combien d'enfants elle compte avoir.
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