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Des lycéens révisent leur notes une dernière fois avant de passer l'épreuve du bac de philosophie, le 17 juin 2010 dans un couloir d'un lycée parisien, en juin 2010 (Illustration)
Crédit : AFP / Archives, OLIVIER LABAN-MATTEI
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Des photos montrant des graffitis en hommage à des victimes de la mafia, et des mots échangés entre professeur et élèves pour décrire cette organisation criminelle : "racket", "menace", "crime". Depuis le début de l'année scolaire, des collégiens et lycéens corses expérimentent des cours anti-mafia, pour sensibiliser les adolescents aux risques que représente cette organisation. Si le dispositif existe déjà dans les écoles italiennes, c'est la première fois que des élèves corses ont l'occasion d'échanger avec leurs professeurs sur le sujet.
"C'est vraiment super d'en apprendre plus et de sortir de l'ignorance," déclare Alissa, que RTL a pu rencontrer lors de l'un de ces cours. "Certains films donnent une belle image de la mafia. Une image où ils ont la belle vie, où ils ont de l'argent. Dans la vraie vie, il y a des innocents qui se font assassiner."
Les lycéens d'Ajaccio ne sont pas étrangers du mot mafia, et sont confrontés à cette réalité depuis leur enfance : "On sait qu'on peut être touché," déclare Andrei. "Si par exemple, demain, on ouvre un commerce et qu'il marche bien, on ne peut pas être à l'abri de la présence de la mafia qui va venir nous voir pour avoir une certaine emprise sur notre affaire."
Lors de ces cours, les élèves peuvent échanger pendant une heure, sans filtre, avec leur professeur d'éducation civique. Philippe, l'un des professeurs en charge de la séance à laquelle RTL a pu assister, est à la fois impressionné de l'implication de ses élèves, mais aussi inquiet de ce que cela témoigne de leur réalité : "C'est d'un côté intéressant dans le sens où ils sont tout à fait conscients du phénomène et ils en analysent le côté négatif, ils le rejettent. Mais le fait que la moitié d'une classe de terminale soit au courant d'assassinats, de racket et de choses comme ça, c'est un signal inquiétant pour la société corse."
L'objectif de ces cours est avant tout de sensibiliser les élèves, mais aussi de les détourner d'un potentiel attrait de ce type d'organisation criminelle. Pour Léo Battesti, ex-dirigeant du Front de libération nationale corse, qui avait été condamné et emprisonné pour tentative d'attentat et qui se dit aujourd'hui repenti, intervenir auprès des jeunes est aujourd'hui "une priorité". Cet ancien proche d'Alain Orsoni, figure du nationalisme corse, abattu alors qu’il assistait aux obsèques de sa mère, a cofondé le collectif Maffia No', pour prévenir et lutter contre le crime organisé sur l'île de Beauté.
"Quand on voit que la plupart des révélations qui ont été faites ces derniers mois sur des auteurs d'attentats, de meurtres, vous avez une immense majorité qui sont des jeunes de 20-25 ans. Ils sont payés. C'est ça qui devient très grave en Corse. Il faut que les jeunes soient dégoûtés de cela," estime-t-il. L'expérimentation de ces cours anti-mafia va se poursuivre dans les collèges et lycées jusqu'à la fin de l'année scolaire, avec pour objectif à long terme que tous les élèves, de la quatrième à la terminale, suivent chaque année six heures de sensibilisation aux pratiques mafieuses.
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