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Crise des hôpitaux : à Auxerre, la détresse et le mal-être du personnel hospitalier

Ce jeudi 14 novembre, les soignants ont manifesté afin de réclamer un plan d’urgence pour sauver un hôpital public qu’ils disent au bord de l’asphyxie. Notamment à Auxerre où la désertification médicale a plombé les finances du centre hospitalier.

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3 minutes pour comprendre du 14 novembre 2019 Crédit Image : GUILLAUME SOUVANT / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Vincent Serrano
édité par Louis Rigaudière

Sur une partie de la grille métallique qui entoure l’hôpital, une banderole, à moitié décrochée, remuée par le vent porte une inscription taguée à la bombe rouge "cet hôpital est malade". Stress, surcharge de travail, burnout résultat : les arrêts maladie se multiplient, tous les jours aucun service n’est épargné. En puériculture, Aline enfile mécaniquement tous les matins sa blouse blanche, comme un robot assommé par la charge de travail supplémentaire qui l’attend. 

"Au quotidien c'est compliqué. Le temps est compté, on peut moins passer de temps auprès du patient. Alors on fait nos soins vraiment au mieux, comme on peut. Mais il y a moins de matériel. On a une qualité de matériel qui est moins efficace parce que je pense qu'au niveau budget c'est compliqué. Donc on prend des marchés un petit peu moins cher. J'ai peur pour le patient car c'est lui qui trinque au quotidien. Et on parle d'enfant, ça devient vraiment grave", explique-t-elle. 

Elle ne veut pas abandonner mais elle s’inquiète pour son avenir : 100 postes doivent être supprimés d’ici 4 ans pour faire encore plus d’économies. Les patients expriment une grande inquiétude quant à la santé de leur hôpital.

Des patients apeurés d'être opérés sur place

C’est dans le hall qu’ils s’entassent, les yeux rivés sur le panneau d’affichage. Une heure qu’Edovic attend un médecin pour sa femme enceinte : "C'est triste en fait. Quand vous avez un médecin pour dix ou quinze personnes, c'est un peu compliqué à gérer. Moi je paye des impôts tous les ans, où partent mes impôts en fait ? Ils sont frustrés, à l'abandon. Ils se plaignent et ils sont à bout. Ils ont même installé une machine pour dire aux patients quoi faire mais nous on n'en veut pas. On veut des médecins".

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Et il y a des patients qui disent avoir peur d’être opéré ici, qu’il faut convaincre de ne pas partir se faire soigner ailleurs. Une relation de confiance que tente de maintenir Sophie, une aide-soignante.

"Pour de l'orthopédie notamment, une personne qui s'était fracturée tibia-péroné et qui voulait partir à Sens parce que l'opération était poussée à deux jours derrière pour manque de matériel. La seul chose qui l'a retenu c'est que sa femme était enceinte. Mais après on ne peut pas les attacher non plus", témoigne-t-elle.

"Le gouvernement est en train d'euthanasier les hôpitaux"

En gériatrie, où elle travaille, 19 lits ont été supprimés, 20 en gynécologie. D’ici la fin de l’année le centre hospitalier d’Auxerre aura vu disparaître 50 lits. Une situation qui pousse l'hôpital à faire des sacrifices pour perdurer.

D’abord en arrêtant de faire appel à de l’intérim pour maintenir son offre de soin. En effet, un médecin intérimaire coûte 1300 euros par jour à l’hôpital, c’est plus de 2 millions à l’année. Dans son local, la main posée sur une énorme pile de dossier, Gerald Defief, délégué FO le martèle. L’État doit enfin les aider à trouver des médecins.

"Le gouvernement est en train d’euthanasier les hôpitaux de France et de Navarre. Et ça c'est dramatique. On va pas faire du Zola mais la direction fait son possible pour recruter des médecins. Ils ont fait des appels d'offre etc. On travaille avec Dijon, avec des assistants partagés. On va travailler également avec une partie des médecins étrangers qui vont venir mais ça va être long c'est sûr. Mais on va faire bouger les choses. On est là pour ça", affirme-t-il. 

L’autre priorité, plus immédiate encore, Le centre hospitalier met en moyenne, 300 jours pour payer ses fournisseurs. La direction et l’intersyndicale ont donc demander une enveloppe de 5 millions d’euros à l’agence régionale de santé. L’ARS qui donnera ou non son accord lundi 18 novembre. 

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