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Coronavirus : pourquoi les avions volent-ils à vide ?

Avec la crise du coronavirus de nombreux "avions fantômes" volent au dessus de nos tête, et pour cause : les compagnies aériennes sont soumises à une législation européenne. Elles doivent continuer de faire voler certains de leurs avions, même à vide.

Un avion (illustration)
Un avion (illustration)
Crédit : PASCAL PAVANI / AFP
Marie Gingault
Marie Gingault

Le coronavirus touche de nombreux secteurs, notamment celui de l'aérien, qui se trouve directement impacté par la crise épidémique. Depuis quelques jours, de nombreux vols s'effectuent avec peu ou pas de passagers. Et non cela n'est pas pour le plaisir de polluer la planète en brûlant des milliers de litres de kérosène, mais à cause d'une législation européenne.

En effet, les compagnies aériennes sont contraintes de faire voler certains de leurs avions, et ce, même si les passagers sont aux abonnés absents. Si elles se résolvent à cette pratique c'est pour se conformer à une législation européenne : la règle du 80/20. Les compagnies aériennes, qu'elles soient américaines ou européennes, bénéficient de créneaux horaires qu'on appelle les "slots". 

Ces "slots" leur sont attribués aéroport par aéroport, et doivent être utilisés au minimum à 80%. Cela signifie que lorsque les autorités de régulation (le Cohor en France) accorde une créneau, les compagnies aériennes s'engagent à assurer 80% des vols prévus

Si elles ne respectent pas cette législation, elles risquent de perdre leurs créneaux, d'une année à l'autre, au profit de compagnies concurrentes. C'est la règle du "use it or lose it" dans le jargon aérien, (utilise-le ou perds-le), également appelé "droit du grand-père".

Demande de gel du décompte

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Grant Shapps, le secrétaire britannique aux Transports a sonné l'alerte sur sur compte Twitter : "La demande de l'aviation est réduite en raison du COVID-19, mais les compagnies aériennes sont obligées de faire des "vols fantômes" pour éviter de perdre leurs créneaux horaires - de mauvaises nouvelles pour l'environnement, les compagnies aériennes et les passagers. J'ai écrit au régulateur pour demander un réexamen urgent de la règle d'utilisation des créneaux de 80%."

De son côté, le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire a lui aussi fait la même demande auprès de la Commission européenne. Lors d'une conférence de presse depuis Bercy, il a annoncé : "S’agissant du transport aérien, je suis intervenu auprès du commissaire européen Paolo Gentiloni (...) pour lui demander que les compagnies puissent conserver leurs créneaux aériens sans avoir à faire tourner leurs avions à vide dans le ciel. Il est totalement absurde que cette réglementation s’applique dans les circonstances actuelles", a expliqué le ministre au micro de BFM.

L'Association internationale du Transport aérien (IATA) a elle aussi réclamé la suspension de cette règle et le gel des vols. Selon l'IATA, le secteur aérien pourrait subir une perte comprise entre 63 eet 113 milliards de dollars en raison de l'épidémie de coronavirus.

La règle du 80/20 peut être assouplie

Après les attentats du 11 septembre 2001, la Commission européenne avait accepté un assouplissement de la règle du 80/20, sans limite de temps. C'est à dire qu'il y avait eu un gel du décompte d'utilisation des créneaux pendant une période données. 

Ce gel a également été mis en place lors de l'épidémie de Sras en 2003, et après la crise économique de 2008. Les journées d'intempéries, attentats et grèves dans des aéroports sans lien avec les compagnies aériennes, peuvent également amené à un gel du décompte.

En plus de l'impact écologique qu'ont ces "vols fantômes", il y a également un impact économique. Le 6 mars, Air France estimait à 220 millions d'euros ses pertes depuis le début de la crise.

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