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Coronavirus : "la bulle des personnels", l'espace de décompression de l'hôpital Saint-Joseph

REPORTAGE - L'hôpital Saint-Joseph à Paris a mis en place un espace de décompression. "La bulle des personnels" permet à tout le personnel de l'établissement de prendre du recul en cette période difficile.

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Coronavirus : "la bulle des personnels", l'espace de décompression de l'hôpital Saint-Joseph Crédit Image : JACK GUEZ / AFP | Crédit Média : Julien Fautrat | Durée : | Date :
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Julien Fautrat édité par Marie Gingault

On ne cessera de la rappeler, le personnel hospitalier est mis à rude épreuve, et pour plusieurs semaines encore, dans cette crise du coronavirus. Et pour le bien-être de ses salariés, l'hôpital Saint-Joseph à Paris, a mis en place une initiative appelée "la bulle des personnels". Un espace de décompression réservé aux soignants, aux brancardiers, aux administratifs ou aux agents de sécurité afin de pouvoir prendre du recul en cette période difficile.

Il s'agit d'une pièce tout au bout d'un couloir, dans un coin tranquille de l'hôpital. Dans cette bulle, des canapés et des sièges massants sont venus prendre place dans ce qui était auparavant une grande salle d'attente ouverte sur plusieurs pièces. Ici, le personnel hospitalier, peut venir souffler, se détendre, s'apaiser. 

Dans cet espace on y susurre, en fond sonore de la musique zen et apaisante, les lumières sont tamisées et tisanes et cafés sont à disposition. Un espace de calme à l’écart du tumulte et du passage des patients. À l’écart aussi du stress et de la lumière blanche des couloirs d’un hôpital. "Quand cette crise est arrivée, on a eu des retours, des expériences italiennes, du Haut-Rhin qui nous ont un peu prédit des choses très difficiles à vivre pour les soignants, avec des nécessités de se réorganiser en un temps record. On s'est dit 'voilà faut qu'ils viennent se poser, pas forcément voir la psy'", explique le docteur Marguerite d'Ussel, spécialisée dans le traitement de la douleur chronique, à l'origine de ce projet.

Kinésithérapie, sophrologie et hypnose pour les soignants

Beaucoup de jeunes se sont appropriés cette bulle, comme Célia 25 ans infirmière en réanimation, qui est venue se faire masser : "J'ai l'impression d'être coupée du monde réel, de vivre au quotidien avec le Covid. Les journées sont tellement crevantes qu'on n'a pas tellement le temps de se poser de questions (...) ça fait vraiment du bien que des gens puissent s'occuper de nous". 

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Pour ces soignants : de la kinésithérapie, de la sophrologie et même de l’hypnose. Le docteur Gory, médecin anesthésiste à l’hôpital, qui pratique l’hypnose pour les opérations, le fait cette fois c’est pour ses collègues. "Je vais t'inviter maintenant à prendre une grande inspiration, tes yeux vont se fermer, tes paupières vont s'abaisser (...) dans la paume que tu veux, tu vas mettre tous tes soucis, tout ce qui te pourri la vie".

L’hypnose apporte du calme, de l’apaisement, et améliore le sommeil. "Je n'arrivais plus à dormir du tout, on est tellement en pression que le soir c'est tachycardie, donc auto-hypnose et ça fonctionne (...) j'ai dormi comme un loir", témoigne Samantha en sortant de sa séance avec le docteur Gory.

Un espace qui pourrait perdurer

Et pouvoir garder ouvert ce genre d'espace, ce sera ici l’un des enjeux de l’après-Covid. Dans beaucoup de services, comme aux urgences par exemple où travaillent Leila et Sapha, le stress est omniprésent, même hors période épidémique. "J'ai des angoisses de morts, à force de voir beaucoup de gens qui arrivent dans des cas critiques (...) cette angoisse on la ramène à notre domicile, et le seul moment où est seul et où on peut poser les choses, c'est le soir, la nuit. Je pense qu'on est plusieurs à avoir des difficultés à trouver le sommeil". 

Sur la pérennité de cette bulle, plus généralement de la prise en charge des personnels, le directeur général du groupe hospitalier Paris-St-Joseph, Patrick Lajonchère, s’engage.
"Cette bulle est probablement une réponse qu'on aurait dû apporter il y a bien longtemps. La crise du Covid, nous ayant permis d'apporter des solutions plus rapides, nous appartiendra qu'elle dure", déclare le directeur général.

Rappelons-nous que les soignants étaient dans la rue il y a moins de 3 mois pour leurs conditions de travail et leurs salaires. "Si cette crise peur servir à quelques chose" souffle une psychologue. Tous s’accordent sur un point : ce n’est pas du tout dans le tempérament d’un médecin de dire : j’ai besoin d’aide.

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