2 min de lecture Prostitution

Coronavirus et confinement : les travailleuses du sexe demandent un fonds d'urgence

Des associations de défense des travailleuses du sexe, frappées par "une insécurité financière extrême" depuis le début du confinement, réclament la création d'un fonds d'urgence par l'Etat.

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14. Covid-19 : la demande d'aide des travailleuses du sexe à l'État peut-elle aboutir ? Crédit Image : THOMAS WIRTH / AFP | Crédit Média : RTL Originals | Durée : | Date :
Bastien Hauguel et AFP

La situation des travailleuses du sexe semble plus que jamais préoccupante, trois semaines après la mise en place des mesures de confinement pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus. Lundi 6 avril, des associations de défense ont demandé au président de la République Emmanuel Macron la création d'un fonds d'urgence pour venir en aide aux prostituées, frappées par "une insécurité financière extrême".

"Un fonds d'urgence doit être créé afin de permettre un revenu de remplacement le temps du confinement, sans condition de régularité de séjour", a écrit dans une lettre la Fédération Parapluie Rouge, qui réunit les associations de santé communautaire des travailleuses du sexe. Faute de pouvoir travailler afin de respecter le confinement, les prostituées ont, en effet, vu leurs revenus chuter.

Les travailleuses du sexe, dont une minorité exerce sous le statut d'auto-entrepreneur, ne peuvent pas prétendre à l'aide de 1.500 euros promise par l'Etat aux indépendants en compensation de leur baisse d'activité. Plusieurs associations, qui ont dû cesser leurs maraudes, rapportent par ailleurs des cas d'expulsions de travailleuses du sexe dans l'incapacité de régler leur chambre d'hôtel - qui ont parfois décidé de fermer - ou leurs loyers.

Des cagnottes en ligne

Plusieurs cagnottes en ligne, récoltant plusieurs milliers d'euros chacune, ont été lancées afin de fournir une aide pour se loger et se nourrir, mais "cela ne suffit pas, l'Etat doit lui aussi s'engager". 

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Les associations craignent qu'"à court terme, certaines travailleuses du sexe parmi les plus démunies se retrouvent contraintes de braver le confinement, non pas de gaieté de cœur, mais faute de moyens de subsistance car il s'agit de survivre". Un fonds d'urgence est, selon ces associations, "la seule solution pour empêcher les prises de risques associées à l'exercice du travail du sexe. (...) C'est une question de santé publique, pour nous, mais aussi pour les clients, et l'ensemble de la population". 

Toutefois, selon le secrétariat d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes, la demande des associations risque difficilement d'aboutir. "Par définition, il est très compliqué pour l’Etat d’indemniser une personne qui exerce une activité non déclarée telle que la prostitution", déclarent des membres de l'entourage de Marlène Schiappa au Huffington Post. 

"En ce qui concerne l’hébergement, l’État conduit déjà un effort exceptionnel en dégageant de nouvelles capacités du secteur hôtelier, et par réquisition de places d’hébergements supplémentaires. Les associations qui accompagnent les personnes en situation de prostitution peuvent mobiliser ces solutions d’hébergements pour des mises à l’abri", explique également l'exécutif, en rappelant son soutien aux "conventions pluriannuelles des associations nationales", et en rappelant, entre autre, que "les personnes qui exercent un métier sous le statut d’auto-entrepreneur sont indemnisées".

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