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Confinement : bloqué par les gendarmes, un homme n'a pas pu dire adieu à son père mourant

VU DANS LA PRESSE - Un habitant du Loir-et-Cher, souhaitant dire un dernier au-revoir à son père mourant, en a été empêché par les gendarmes.

Un gendarme (illustration)
Un gendarme (illustration)
Crédit : MYCHELE DANIAU / AFP
Esther Serrajordia

Alors que Patrice Dupas voulait se rendre à l'Île de Ré pour dire un dernier au-revoir à son père, mourant, un contrôle de gendarmerie l'en a empêché, malgré son attestation de sortie remplie, relate France Bleu Loir-et-Cher

Cet habitant du Loir-et-Cher, apprenant que son père atteint d'un cancer généralisé et hospitalisé à domicile, n'a plus que quelques jours à vivre, souhaite le voir une dernière fois. La case "motif familial impérieux" lui en donne le droit. Pour en être sûr, il appelle même la gendarmerie de sa région qui lui confirme que c'est un motif valable pour se déplacer. 

Patrice Dupas prend donc la route pour l'Île de Ré et se fait contrôler une première fois par des gendarmes qui, après avoir vérifié son attestation, le laissent passer. Mais, une fois arrivé sur l'île, il est contrôlé à nouveau par un maréchal des logis. Ce dernier ne le laisse pas passer. 

C'était la dernière fois que je pouvais lui parler.

Patrice Dupas

"En regardant mon attestation, il me dit : 'vous ne passez pas, ce n'est pas impérieux, on n'a pas le droit d'aller visiter les anciens dans les Ehpad. Je réponds que mon père n'est pas dans un Ehpad, il est en hospitalisation à domicile et il est en phase terminale d'un cancer. Sa réponse : 'Non, non, vous ne passez pas, je vous mets une amende", raconte-t-il à France Bleu.

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Patrice Dupas continue de négocier avec le gendarme, et appelle même le médecin de famille qui confirme les faits, mais il est finalement obligé de faire demi-tour. Son père est décédé trois jours plus tard, sans qu'il puisse le voir. "On a plein de choses à dire à son père. C'était le dernier jour où je pouvais le voir vivant. La dernière fois que je pouvais lui parler", déplore-t-il. 

La gendarmerie a reconnu une erreur d'appréciation

Il a pu se rendre à l'enterrement qui a eu lieu sur l'Île avec une attestation de décès, mais il a déposé un signalement auprès de l'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et a saisi le Procureur de la République de La Rochelle. Patrice Dupas a également contesté l'amende de 135 euros. 

Contactée par France Inter, la gendarmerie a reconnu une erreur d'appréciation, tout en rappelant la situation particulière de l'Île de Ré qui fait l'objet d'une surveillance accrue en raison du nombre important de résidences secondaires et touristiques. 

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