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Brevet 2021 : corrigé de l’épreuve de français

Ce 28 juin a marqué le coup d’envoi des épreuves du brevet pour les 860.000 élèves de troisième qui se dérouleront sur 2 jours. Au programme : français, mathématiques, histoire-géographie et sciences.

Brevet 2021 : corrigé de l’épreuve de français
Brevet 2021 : corrigé de l’épreuve de français
Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
Céline Morin

Cette année 2021 aura été marquée par des cours en petits comités pour une partie des élèves de troisième puisqu’une quinzaine de départements ont connu les cours en demi jauges une bonne partie de l’année. Les épreuves écrites compteront pour la moitié de la note finale : le reste se fait sur les notes obtenues tout au long de l’année. 

Dans la matinée du 28 juin, les collégiens ont traversé l’une des épreuves majeures du brevet : le brevet de français. De 9h à 12h15, ils ont dû répondre aux 4 parties qui composent cette épreuve : la partie questions sur des documents, la réécriture, la dictée et le travail d’écriture pour un total de 100 points. Dès à présent, découvrez le sujet et le corrigé de cette épreuve en partenariat avec digiSchool.

La première moitié de l’épreuve de français du brevet (évaluée sur 50 points) se divise en deux parties : la grammaire et les compétences linguistiques des élèves de 3e, puis la compréhension et les compétences d’interprétation. 

Corrigé de la compréhension et de la grammaire du brevet de français 2021

Les collégiens avaient un peu plus d’une heure pour répondre à 9 questions sur un texte littéraire de Théophile Gautier, Le Capitaine Fracasse (1863) et un photogramme du film La Belle et la Bête, réalisé par Jean Cocteau en 1946 : 

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Compréhension et compétences d’interprétation (32 points)

1. La scène se déroule dans le château du Baron de Sigognac (“château”, l. 6), d’abord dans la cuisine, puis dans les couloirs et l’escalier, puis dans la salle à manger (et enfin dans la chambre du personnage. L’action se déroule la nuit (“la nuit s’était faite”, l. 1 ; “le soir”, l. 25).

2. a) Cette expression est une image : elle attribue au château des sentiments éprouvés par des humains. Il peut donc s’agir d’une personnification ou d’une métaphore.

b) La phrase suivante est construite sur une opposition entre ce qui était avant et ce qui est aujourd’hui. Chaque membre de la phrase commence par la préposition “de” qui montre comment était le château avant. Puis un verbe avec une négation restrictive montre que la demeure est en grande partie vidée. Le lexique du grand nombre s’oppose au lexique de la solitude. Le château, qui était autrefois vivant et habité par de nombreuses personnes, est aujourd’hui quasiment désert. 

3. Dans ce paragraphe, le personnage de la tapisserie semble prendre vie. Cette impression est produite par la lumière de la lampe dans l’ombre de la chambre. Cet effet est produit par des comparaisons. L’impression est aussi créée par une description vive, qui met l’accent sur les couleurs en clair-obscur où sont présents le blanc, le noir et le rouge.

4. La description de la chambre permet d’installer une atmosphère fantastique. L’obscurité est très présente, renforcée par la faiblesse de l’éclairage. Ce clair-obscur permet de donner l’impression que les éléments inanimés, les tableaux et les tapisseries, prennent vie : “donnait une apparence de vue aux portraits” (l. 16-17) ; “le chasseur [...] devenait, ainsi éclairé, un être presque réel” (l. 26-27). 

La comparaison avec le vampire rend bien compte du caractère fantastique de cette impression. L’atmosphère est aussi renforcée par la dimension auditive : “le vent poussait des soupirs d’orgue à travers les couloirs, et des bruits effrayants et singuliers se faisaient entendre dans les chambres désertes”.

5. Ce récit éveille chez le lecteur des sentiments de peur et d’horreur : “des bruits effrayants” (l. 32), “une bouche de vampire empourprée de sang” (l. 29). Il est aussi possible de mettre l’accent sur la solitude et sur la mélancolie, comme l’éprouve le baron.

6. Dans les deux documents, la scène se caractérise par un clair-obscur : l’ombre épaisse entre en contraste avec la faible lumière des flammes. Dans le texte, le lexique de la lumière s’oppose à celui de l’ombre. Dans l’image, le fond est entièrement noir, uni, si bien que l’on ne voit rien du décor à part les chandeliers qui sont disposés au premier plan et dans la diagonale. 

Dans les deux documents, une figure humaine émerge de ce clair-obscur : le baron de Sigognac dans le texte, un personnage mystérieux dans l’image. Étant donné que la photo est issue du film La Belle et la Bête, le fantastique occupe une place aussi importante que dans l’extrait de Théophile Gautier. 

Grammaire et compétences linguistiques (18 points)

7. a) On peut remplacer le verbe “devenait” par des verbes comme “se changeait en”, “se métamorphosait en”, “se transformait en”.
b) Le groupe “un être presque réel” occupe la fonction d’attribut du sujet “le chasseur”, puisque “devenait” est un verbe d’état.

8. Le nom “portraits” a trois expansions du nom. La première est un participe passé employé comme adjectif : “enfumés”. La deuxième est un groupe prépositionnel qui forme un complément du nom : “de la salle à manger”. La troisième est une proposition subordonnée relative introduite par le pronom relatif “dont” : “dont les yeux noirs et fixes semblaient lancer un regard de pitié douloureuse sur leur descendant”.

9. “La tapisserie prenait des tons livides, et les chasseurs, sur un fond de verdure sombre, devenaient, ainsi éclairés, des êtres presque réels. Ils ressemblaient, avec leur arquebuse en joue, à des assassins guettant leur victime, et leurs lèvres rouges ressortaient plus étrangement encore.”

Il s’agissait de passer du singulier au pluriel. Il fallait penser à accorder les noms (“chasseurs”, “êtres”, “assassins”), les pronoms (“ils”), les déterminants (“les”, “des”, “leur”, “leurs”), les adjectifs (“éclairés”, “réels”) et les verbes (“devenaient”, “ressemblaient”). “Leur arquebuse” ne change pas, car chaque chasseur ne peut posséder qu’un seul fusil. “En joue” est une locution adverbiale qui est invariable.

Corrigé de la dictée et de la rédaction du brevet de français 2021

S'ensuit un grand classique de l’épreuve : la dictée. Pour un total de 10 points, les troisièmes avaient pour texte un extrait de François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe (1848-1850). 

Afin de conclure cette première épreuve du brevet, les troisièmes devaient choisir un sujet de rédaction entre le sujet d’imagination et le sujet de réflexion, pour un total de 40 points. 

Le premier demandait de décrire la promenade du Baron de Sigognac à la tombée de la nuit dans le sinistre jardin du château, tout en conservant l'atmosphère du texte de Théophile Gautier. Pour réussir au mieux cette épreuve, il fallait employer les temps du récit (imparfait, passé simple, éventuellement plus-que-parfait). Il était conseillé de dédier une partie importante à la description des déplacements du personnage (en utilisant l’imparfait) du jardin au château, et des éléments du paysage. Afin de créer une atmosphère inquiétante et fantastique, les élèves pouvaient mettre l’accent sur la nuit, la météo, l’aspect abandonné des lieux, sur les sons entendus, mais aussi les visions du protagoniste.

Le sujet de réflexion, quant à lui, posait la question suivante : aimez-vous découvrir des œuvres littéraires et artistiques dans lesquelles interviennent le surnaturel ou l’étrange ? Il fallait veiller à bien structurer sa rédaction, en utilisant des connecteurs logiques clairs. 

En première partie, le sujet invitait surtout à développer la défense du “oui” pour montrer l’intérêt que les élèves portent aux textes fantastiques. Les élèves pouvaient notamment citer comme arguments le suspense, l’imagination, l’atmosphère, les rebondissements et le questionnement de la réalité. En seconde partie, il était possible de nuancer cette défense de la littérature fantastique en soulignant que c’est un genre irréaliste. Il est donc difficile de s’imprégner de son atmosphère, et ses œuvres ne sont pas souvent engagées. 

Les collégiens pouvaient aussi faire appel à d’autres textes de Théophile Gautier pour appuyer leur argumentaire. Mais aussi à des nouvelles d’Edgar Allan Poe, à Frankenstein de Mary Shelley, au Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, à Dracula de Bram Stocker… ou, sur une notre plus contemporaine, à des romans de Stephen King. Ils pouvaient également citer des œuvres cinématographiques comme Le labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro ou Shining de Stanley Kubrick, ainsi que toutes les séries que le genre fantastique peut proposer. 

Accédez gratuitement au corrigé complet du brevet de français grâce à RTL et en partenariat avec digiSchool. 

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