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Bouches-du-Rhône : des vigies pour repérer les incendies

REPORTAGE - Aux abords de Marseille, le risque d'incendie est élevé à cause de la sécheresse et du mistral. Pour avertir les pompiers à temps, plusieurs dizaines de vigies quadrillent les collines, comme celle de la "tête rouge" sur la commune d’Allauch.

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Marseille : des vigies pour repérer les incendies Crédit Image : Hugo Amelin - RTL | Crédit Média : RTL | Date :
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Hugo Amelin édité par Nicolas Barreiro

Risque d’incendie maximum dans le Sud aujourd’hui et demain. Lundi, un feu a détruit 15 hectares de végétation près de Coudoux, entraînant l'évacuation temporaire d'une trentaine d'habitants. Desséchés par les fortes chaleurs de ces derniers jours, les massifs forestiers sont tous interdits d’accès dans les Bouches-du-Rhône et plus d’un millier de sapeurs-pompiers sont sur le pied de guerre, voire "pré-positionnés" sur les zones à risques. 

Pour les avertir à temps, plusieurs dizaines de vigies quadrillent les collines, comme celle de la "tête rouge" sur la commune d’Allauch, aux portes de Marseille. Tout en haut de la colline, le spectacle est magnifique. On voit au loin le Vélodrome, Notre-Dame-de-la-Garde et les îles du Frioul. La mer s’étale sur 180°. Au pied : des forêts de pins, denses et balayées par le mistral. 

La cabane qui sert de vigie à cette commune de 20.000 habitants ne fait pas plus de six mètres carrés. Un carré blanc, au milieu d’un océan vert qui a tout moment peut se transformer en brasier géant. C’est là que Clarisse, 22 ans et Lou, 21 ans passent une bonne partie de leur mois d’août.

Au-dessus des fenêtres panoramiques sont affichées les coordonnées GPS de chaque colline, chaque hameau qu’elles peuvent distinguer. Jumelles et talkie-walkie, cela leur faisait davantage envie que de faire caissières cet été. "KD40G9, c’est ce genre de code que l’on va donner aux pompiers, pour cibler une zone", avance Clarisse. "On cherche à détecter les fumées la journée et les flammes la nuit. On appelle directement les pompiers et on leur donne l’emplacement du départ de feu avec le plus de précision possible".

Clarisse et Lou, deux étudiantes qui ont choisit d'être vigies incendies pour cet été Crédits : Hugo Amelin - RTL | Date : 04/08/2020
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Clarisse et Lou, deux étudiantes qui ont choisit d'être vigies incendies pour cet été Crédits : Hugo Amelin - RTL | Date : 04/08/2020
Dans la vigie de la colline de la « tête rouge » à Allauch Crédits : Hugo Amelin - RTL | Date : 04/08/2020
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Un rôle essentiel

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La vigie tourne en trois huit, du 1er juillet au 10 septembre. "Il faut une surveillance continue, pour préserver l’environnement", selon Lou, "et on connaît bien le coin puisque l’on vit ici depuis petites". Pour le quart de nuit, une lumière rouge tamise le local. Elle évite les reflets et freine la perte d’acuité. Ces deux étudiantes très patientes sont les premiers maillons d’une chaîne de secours rodée. 

Pour elles, "les pompiers sont les super-héros du quotidien, on espère les aider du mieux possible parce qu’on sait que leur tâche est compliquée surtout en ce moment. On doit tous aller vite pour éviter que les feux prennent de l’ampleur". Comme en 2016 où les flammes avaient détruit plus de 2600 hectares entre Rognac et Vitrolles, rappelle le quotidien La Provence.

Des maisons dévastées, presque que chaque été. Des paysages aussi lunaires que lugubres ensuite pendant plusieurs années. Des victimes aussi. Franck Chesneau, 49 ans, pilote de Tracker décédé dans l’incendie de Générac, dans le Gard au mois d’août dernier. Depuis, les six appareils du même modèle ont été retirés de la circulation, trop vétustes.

Une question d'expérience

Seize Dash et Canadairs sont encore là pour larguer du retardant sur les premiers feux d’ampleur. Aux premières loges dans la vigie, Lou et Clarisse ont interdiction de fuir. "Trop dangereux de courir au milieu des pins en plein incendie, on n’a pas la visibilité nécessaire pour savoir si ça passe, c’est vaste les collines. On doit rester sur place et attendre qu’on vienne nous chercher".

Mais c’est haut, escarpé et les chemins sont bien cabossés. Heureusement pour les brigades de pompiers, parfois néophytes dans le secteur, il existe encore des vieux loups dans le village, réunis au sein du "comité des feux de forêt" car ils en connaissent chaque recoin.

Jean-Charles et Bernard profitent de leurs retraites pour se balader dans les massifs en combinaisons orange, au volant d’un pick-up du même ton, équipé d’une lance à incendie. Leurs missions : éteindre les premières flammèches mais surtout guider les soldats du feu au milieu de cette jungle. 

"On doit connaître les numéros de chaque piste mais surtout les emplacements exacts des citernes. Certaines sont apparentes et d’autres sont enterrées". Elles peuvent contenir jusqu’à 10.000 litres d’eau, véritables bouées de sauvetage pour les camions rouges pris au milieu de la fournaise.

Les membres du comité communal des feux de forêt d'Allauch
Les membres du comité communal des feux de forêt d'Allauch Crédit : Hugo Amelin - RTL
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