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Bien-être animal : qu'est-ce que l'antispécisme ?

Le procès de 12 activistes antispécistes s'ouvre ce 20 septembre, à Evreux. Ils comparaissent pour avoir tenté de "libérer" des animaux dans plusieurs élevages.

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Élevages : qu'est-ce que l'antispécisme ? Crédit Image : GILE MICHEL/SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Anne Le Henaff
Anne Le Henaff édité par Leia Hoarau

12 antispécistes comparaissent ce vendredi 20 septembre, à Evreux. Ils sont accusés notamment de vols, entrave à la liberté de travail, violation de domicile et dégradation du bien d'autrui. Ils ont en effet essayé de "libérer" des animaux dans plusieurs élevages, dans l'Eure, l'Eure et Loire, et l'Orne, en décembre 2018 et en avril dernier. 

D'après nos informations, le ministère de l'intérieur a relevé 800 actions depuis le début de l'année.

L'antispécisme, c'est dire que l'animal est un être comme les autres, que les humains ne sont pas supérieurs, et ne peuvent donc pas exploiter les animaux. Pour les antispécistes, les élevages sont des camps de concentration, comme ceux des nazis. Ils parlent d'ailleurs de zoolocoste, de viol insémina-tueur. "C'est l'enfer, c'est la concentration, c'est une odeur insupportable, c'est lugubre, c'est la mort à tous les coins", explique Vincent Aubry, une des 12 personnes qui seront jugées. 

Ils ne se battent pas pour améliorer les conditions d'élevage, ni pour le bien-être animal. Ce qu'ils visent, c'est la disparition pure et simple de l'élevage. "On ne peut pas encadrer un esclavage. Un esclavage, ça s'abolit, point. Il n'y a pas de bonne façon de faire quelque chose de mal. On est vraiment dans l'antispécisme radical, l'abolitionnisme. Donc on va dans les camps où ils sont retranchés et on les libère".

On a choisi d'aller directement là où sont les victimes et de les aider concrètement

Vincent Aubry
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Juridiquement, c'est une violation de domicile et un vol. Les activistes se filment, postent leurs vidéos sur les réseaux sociaux. Certains vont répandre du sang sur les devantures de boucheries, avec des slogans chocs. Une violence matérielle justifiée selon eux.

"C'est non seulement légitime mais c'est nécessaire", déclare Vincent Aubry. "Tous les autres modes d'action on les a essayé, depuis des décennies. On voit bien que ça ne marche pas, il suffit de regarder le nombre de victimes dans les abattoirs, ça augmente en permanence. On regarde de moins en moins l'opinion publique parce qu'on sait très bien que ça ne fait pas bouger grand chose. Il suffit de voir ce qu'il se passe pour la chasse, pour la corrida, pour les cirques avec animaux, où il y a 85% qui y sont opposés, mais ce n'est toujours pas aboli. Donc on fait quoi ? On continue à faire de l'activisme inefficace ? Nous, on a choisi d'aller directement là où sont les victimes et de les aider concrètement". 

En fracturant les portes des hangars pour faire sortir les animaux.

Comment s'en sortent les éleveurs ?

Aucun des trois concernés dans ce procès ne veut s'exprimer. Ils renvoient vers une agence de communication, vers leurs avocats. 

"Ils ont vraiment vécu un traumatisme énorme, ils n'ont pas été bien pendant longtemps", indique Jean-Michel Scheffère, président de Anvol, qui représente toute la filière des volailles de chair, et qui parle en leur nom. "Il y a même des cellules psychologiques qui sont là pour les accompagner parce que, vraiment, on a du mal à s'en remettre de tout ça. On a des éleveurs qui reçoivent même des menaces de mort. Il y a de la détresse parce qu'on a des situations d'intrusion en élevage qui sont de plus en plus nombreux et qui se multiplient de semaines en semaines". 

800 actions antispécistes depuis de début de l'année

Difficile de mesurer l'évolution, il n'y a pas de chiffre qui permettent de la constater. Selon nos informations, il y aurait entre 250 et 800 activistes radicaux en France

"Nous constatons une montée en puissance et une augmentation du nombre d'activistes antispécistes", précise le Lieutenant-Colonel Maddy Scheurer, porte-parole de la gendarmerie. "Les modes d'action se radicalisent, donc c'est un phénomène sur lequel nous portons une attention particulière".

La crainte, ce sont des violences physiques sur les personnes, des affrontements directs... Les éleveurs réclament une réponse ferme de l'État. L'activiste Vincent Aubry et ses 11 co-prévenus veulent faire de ce procès le procès politique de l'élevage.

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