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Baisse du taux du livret A : l'État est-il vraiment gagnant ?

ÉCLAIRAGE - Le ministre de l'Economie et des Finances a annoncé que le taux du livret A allait baisser à 0,5% au 1er février, mais l'État ne va pas forcément y gagner.

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Baisse du taux du livret A : l'État est-il vraiment gagnant ? Crédit Image : DENIS CHARLET / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Martial You édité par Maeliss Innocenti

Le livret A, placement préféré des Français, atteindra son plus bas niveau de rémunération en février prochain : 0,5%. Une baisse qui ne se traduira que par quelques euros en moins par an puisqu'on touche en moyenne une trentaine d'euros d'intérêts chaque année.

Cette baisse s'explique par le nouveau mode de calcul qui prend en compte l'inflation -elle est assez faible entre 1,2 et 1,5% en ce moment- mais aussi les taux d'intérêts qui sont eux très bas voire négatifs…

La bonne nouvelle, c'est que l'on ne descendra pas en-dessous de 0,5%. Bruno Le Maire a expliqué que ça va permettre à l'État de mieux financer le logement social en France. Si c'est vrai mais c'est aussi un peu de mauvaise foi. Il faut revenir sur la raison d'être principale du livret A pour comprendre.

Les Français sont les banquiers de l'État avec le livret A. Notre argent est utilisé pour financer les constructions de logements sociaux dans le pays. C'est pour ça qu'on est rémunéré sur cet argent que l'État utilise. Maintenant, on est dans une période paradoxale où utiliser l'argent des Français -même rémunérés à 0,5%- pour fabriquer des logements sociaux, ça coûte plus cher à l'État que s'il empruntait à la BCE la même somme d'argent où les taux sont négatifs. Et c'est sans pour ça que le gouvernement veut nous détourner du livret A.

Tous les ménages épargnent, même un peu

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Aujourd'hui, l'État a plus besoin d'avoir des Français qui consomment que des Français qui épargnent. Le livret A est défiscalisé donc l'État ne récupère rien sur cette épargne. Le livret A n'est pas réinjecté dans l'économie sous forme de consommation donc il n'y a pas de TVA ni de soutien à la croissance. Et le livret A est plus rémunéré qu'un prêt à la BCE. Donc, en ce moment, ce n'est pas une très bonne affaire pour l'État.

Il y a un an, le gouvernement a injecté 17 milliards de mesures de pouvoir d'achat pour répondre aux "gilets jaunes". Un an plus tard, on retrouve 15 milliards sur les livrets A. Est-ce que ça veut dire que les Français ont placé l'argent qui était censé les aider à finir le mois ? C'est un peu ça… Mais ça ne veut pas dire que les Français n'avaient pas besoin de cet argent. Mais on est prudents. C'est la fin d'un vieux mythe auquel tous les gouvernements croient depuis des décennies : le mythe du "beurre dans les épinards".

Les gouvernements pensent que si vous redonnez du pouvoir d'achat aux plus démunis, ils le dépensent immédiatement et l'argent revient dans le circuit. C'est faux. Aujourd'hui, tous les ménages épargnent ce qu'ils peuvent. Ils continuent à se serrer la ceinture et tentent de se mettre à l'abri, même si c'est moins de 50 euros par mois pour 1 Français sur 2.

Le livret A est d'abord un parachute et le taux de rémunération est presque secondaire.

Le plus : une grève qui coûte cher à l'économie

On a eu l'occasion de dire que c'était environ 20 millions par jour pour la SNCF et 3 millions pour la RATP. Le Medef de Paris a fait un autre calcul : entre le coût de la baisse d'activité des entreprises depuis un mois et demi, la participation aux frais de taxis, VTC, nuits d'hôtel et gardes d'enfants… on en arrive à un coût moyen de 8 euros par jour de grève et par salarié. À peu près 240 euros de perdus pour chaque employé depuis.

La note : 15/20 à la création d'entreprises

C'est toujours un bon signal pour notre économie. Le nombre de créations d'entreprises en France a augmenté de 17,9% en 2019 : plus de 815.000 entreprises. Essentiellement des auto-entrepreneurs.

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