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Au CHU de Montpellier, un pédopsychiatre reçoit les parents maltraités

Des parents viennent raconter à un pédopsychiatre comment leur enfant a pris le pouvoir à la maison, pour extérioriser, et aussi pour déculpabiliser.

Isabelle Choquet La Revue de Presse Isabelle Choquet iTunes RSS
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Au CHU de Montpellier, un pédopsychiatre reçoit les parents maltraités Crédit Image : Lionel BONAVENTURE / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Isabelle Choquet
Isabelle Choquet édité par Louis Chahuneau

On parle souvent, trop souvent des enfants battus, mais figurez-vous que parfois l'histoire se joue à l'envers. On découvre ça sur le site du Figaro. Des parents aux prises avec des enfants tyranniques, violents, malveillants. Des parents qui témoignent : "Mon fils m’a déjà menacée avec un couteau. Je lui ai dit que s’il recommençait, j’appellerais les pompiers. Il m’a répondu : "Alors, je leur dirai que tu me bats." 

Un autre : "Il vient dans ma chambre à minuit, il m’empêche de dormir, il m’arrache la couette, il saute sur le lit". Chez eux, écrit le Figaro, ces adultes ne décident plus. Un enfant, un ado, leur a extorqué le pouvoir. De l’extérieur, c'est impossible à deviner. L'enfant tyran est dissimulateur : tout sourire à l'extérieur, avec les autres. Mais une fois la porte de la maison fermée, il explose. Ce sont des cris, des insultes, des coups. Le chantage au suicide, souvent. Cet enfant-là fait peur à ses parents, qui se demandent ce qu'ils ont fait, ou pas fait, ou mal fait pour en arriver là.

Des enfants qui souffrent d'un trouble

Ces parents, Le Figaro les a suivis pendant une séance de soutien proposée par une pédopsychiatre du CHU de Montpellier. Il y a d'abord une série de questions pour vérifier qu'on a bien affaire à un profil tyrannique. Avez-vous peur de lui ? Prenez-vous vos décisions en fonction de ses envies, sur les vacances ou les repas par exemple ? Est-il violent, envers lui-même ou avec vous ? Les histoires qui fusent sont autant de réponses : un gamin appelle sa mère "la folle". Un autre attend d’être seul à la maison pour "harceler" ses grands-parents au téléphone. Une troisième casse des objets à la moindre dispute. Les histoires sont plus ou moins toujours les mêmes.

La première chose à faire, c'est d'en parler. Pas si simple. D'abord il y a la honte. Et puis ces parents ne savent pas quoi dire pour qu'on les croie. Quand on les croit, ils entendent toujours le même sermon : oui bah, il fallait lui poser des limites. Ce qu'on disait il y a 20 ans aux parents d'autistes. Evidemment qu'ils ont posé des limites. Mais un enfant tyran n'est pas un enfant mal élevé. 

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Ce n'est pas un enfant roi pourri gâté et survalorisé. Avec lui, une bonne fessée n'arrange rien. Au contraire, il risque de rendre coup pour coup. "Pour moi, vos enfants souffrent forcément d’un trouble, explique la pédopsychiatre. Le premier étant qu’ils ne savent pas gérer leurs émotions. Mais il ne faut pas les laisser penser qu’ils peuvent les décharger sur les autres".

La technique du "sit-in"

Il n'y a pas de solution miracle et plus l'enfant est grand, plus c'est difficile d'en sortir. Mais il y a un chemin. La priorité, c'est de retrouver l'autorité perdue. Ne plus réagir à chaud, mais viser la désescalade. L’enfant hurle ? N’essayez pas de le calmer. Il est odieux et refuse de vous obéir ? Pratiquez le "sit-in" : vous entrez dans sa chambre et vous bloquez  la sortie jusqu’à ce qu’il vous écoute. Le programme préconise aussi d'écrire une lettre au tyran pour lui annoncer que son règne prend fin. Que ses parents sont désormais prêts à lui résister par tous les moyens possibles, à part la violence, par amour pour lui, parce c'est leur devoir. Cette déclaration finit généralement à la poubelle. Pas grave.
 
Au CHU, il y a cette maman qui demande la parole. Ce jour-là, c’est l’anniversaire de son fils. "Ça fait 7 mois qu’il n’a pas pris un repas avec nous. Dès qu’il me croise et que personne ne nous voit, il crache, m’adresse des doigts d’honneur. Aux deux derniers de ses anniversaires, il n’a pas ouvert mes cadeaux." Cette année, elle ne le lui souhaitera pas. Une façon de protéger ses deux autres enfants, et de se protéger elle-même, de ne pas devenir folle. C'est comme dans un crash d’avion, écrit le Figaro, il faut enfiler son gilet de sauvetage avant de secourir les autres.

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