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Russie : les confidences glaçantes de Vladimir Poutine à Bill Clinton

Des dossiers déclassifiés par les États-Unis dévoilent des conversations entre les deux hommes politiques, avec des passages montrant un Poutine sans empathie.

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Russie : les confidences glaçantes de Vladimir Poutine à Bill Clinton Crédit Image : TIM SLOAN / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet édité par Ryad Ouslimani

Dans la presse ce jeudi 24 septembre, il y a les confidences glaçantes de Vladimir Poutine. À lire dans l'Obs de cette semaine. Figurez-vous que les autorités américaines viennent de déclassifier les comptes-rendus des discussions entre Bill Clinton et le maître du Kremlin. Et ça en dit long sur la psychologie du personnage...

Il y a d'abord cette scène il y a 20 ans exactement, dans la suite présidentielle du Waldorf-Astoria à New York. Clinton est en fin de mandat, Poutine vient d'être élu, il a toujours eu une certaine admiration pour l'Américain. Les deux hommes sont plutôt proches, assez en tout cas pour se laisser aller. Bill Clinton commence par présenter ses condoléances à Poutine. Trois semaines plus tôt, le sous-marin Koursk a sombré en mer de Barents, 118 marins ont péri. Poutine se justifie.

"Dans cette affaire, aucun bon choix ne se présentait à moi. Certains m’ont conseillé d’envoyer immédiatement sur place un petit sous-marin pour au moins tenter de sauver les gars et ainsi faire grimper ma cote de popularité. Mais, dans ce genre de situation, on ne peut pas être motivé par des soucis de relations publiques". 

Froid devant le naufrage du Koursk

Et il ajoute, sans ciller : "En fait, les sondages ont montré que cet incident n’a pas eu d’effet sur ma cote de popularité". Puis le président russe livre les secrets de l'accident : "Durant toute la durée de ce désastre, nous nous sommes sentis impuissants. Aujourd’hui, on pense que l’ensemble de l’équipage a péri dans les 60 ou 90 secondes. Nous ne pouvions pas le dire à leurs proches, mais il y avait un trou d’environ deux mètres de large dans la coque". 

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Dans la foulée, il précise, sans prendre de gants : "Je ne suis même pas sûr de la façon dont nous pourrons sortir les corps. Il y a beaucoup de morues dans ces eaux et il ne reste peut-être plus de chair sur les os". 

Clinton est déjà habitué à ce franc parler dépourvu d'empathie. Sa première rencontre avec Poutine a eu lieu un an avant, en Nouvelle-Zélande. Le Russe est alors un illustre inconnu : le tout nouveau Premier ministre de Boris Eltsine. Clinton parle de la prochaine présidentielle en Russie, il demande à Vladimir Poutine de poursuivre sur le chemin de la démocratie emprunté par Eltsine. 

La Tchétchénie, une "base terroriste" à "écraser"

"L’opposition n’a pas de propositions crédibles, dit-il, cela devrait vous aider". Réponse prémonitoire du futur tsar : "Ne croyez pas cela. La Russie n’a pas de système politique établi. Les gens ne lisent pas les programmes. Il regarde la tête des leaders, c'est tout". Le populiste est déjà là, et les jours de la démocratie à la russe sont comptés.

Deux mois plus tard, les deux hommes se retrouvent à Oslo. Cette fois Bill Clinton évoque le calvaire de la Tchétchénie, pilonnée jour et nuit par l'armée russe. Il se dit "inquiet pour les civils et pour la situation humanitaire". Vladimir Poutine, lui, décrit un pays de terroristes, "une économie criminelle" fondée sur "le trafic de drogue" et "les kidnappings". 

"Il s'agit d’écraser cette base terroriste avec le minimum de pertes, dit-il. Mais ce qui doit être fait le sera". Et pour cela il demande le soutien des États-Unis. Embarras de Clinton : "Vous me mettez dans une position difficile. Et s’il y a une autre attaque au cours de laquelle vous bombardez des civils ? Comment pourrais-je dire que je suis d’accord avec cela ?" Réponse de Poutine : "Oui, nous avons commis quelques erreurs". Doux euphémisme ! 

Le dernier entretien, ce sera fin décembre 2000, avant la passation de pouvoir avec George W. Bush. Bill Clinton plaide la cause de la Géorgie qui veut s'émanciper. Le Tsar est furieux, pour la première fois il s'emporte. Finalement, il souhaite une bonne année à l'Américain et il lui raccroche au nez. Fin du flirt entre le Kremlin et la Maison-Blanche.

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