2 min de lecture Attentats en France

Attentats en France : le réseau des frères Kouachi et de Coulibaly

La fusillade à Montrouge et la prise d'otages à Paris menées par Amedy Coulibaly qui ont suivi l'attentat contre "Charlie Hebdo" montrent que les frères Kouachi comme Coulibaly ne sont pas des terroristes isolés.

Chérif Kouachi, à gauche, est un jihadiste bien connu des services de police, tandis que son frère Said s'est entraîné au Yémen.
Chérif Kouachi, à gauche, est un jihadiste bien connu des services de police, tandis que son frère Said s'est entraîné au Yémen.
Marion Dubreuil
Marion Dubreuil
Journaliste RTL

Au lendemain des décès des frères Kouachi et de Coulibaly dans les prises d'otages qu'ils ont orchestrées à Paris et en Seine-et-Marne, l'existence d'un seul et même réseau terroriste se confirme

Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly se sont rencontrés en prison. En 2008, le cadet des frères Kouachi est condamné dans le dossier du gang des "Buttes Chaumont", une filière de recrutement jihadiste. Amedy Coulibaly de son côté multiplie les séjours derrière les barreaux pour vols à main armée et violence. C'est à l'ombre qu'il se radicalisent. 

Un réseau à l'oeuvre en 2010

Selon Le Figaro, dès 1995, le tueur de Montrouge rencontre Djamel Beghal connu pour avoir fomenté un projet d'attentat contre l'ambassade américaine à Paris en 2001, qui prendra "la tête" du réseau. 

Il faut attendre 2010 pour retrouver leur trois noms accolés dans un dossier très sensible : celui de la tentative d'évasion de Saïd Ait Ali Belkacem Belkacem. C'est l'un des organisateurs des attentats de 1995 à Paris. Chérif Kouachi bénéficie d'un non lieu à l'issue de l'instruction, Coulibaly est condamné. Il effectue quatre nouvelles années de prison. Djamel Begha, leur mentor, déjà condamné en 2005, est écroué puis assigné à résidence dans le Cantal. 

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Selon Mediapart, "en décembre 2013, huit autres membres du groupe de Kouachi et Coulibaly avaient écopé de peine allant de un à douze ans de prison". Mediapart qui a eu accès au dossier d'enquête précise que la veille de l'attentat contre Charlie Hebdo "six membres de ce groupe étaient en liberté".

2010 un échec qui prépare 2015

Dès 2010, le domicile d'Amedy Coulibaly est perquisitionné : les policiers trouvent des cartouches de kalachnikov mais pas d'arme. Son ordinateur contient des photos de lui posant devant un drapeau noir islamiste et même des "clichés pédopornographiques", nous apprend Mediapart, des photos également retrouvées dans l'ordinateur de Chérif Kouachi avec d'autres documents sur des opérations martyrs, sorte de mode d'emploi de l'apprenti terroriste. 

Toujours selon Mediapart, on apprend qu'en mai 2010 un commandant de la sous-direction antiterroriste (SDAT) écrit dans un rapport que "Djamel Benghal est le chef d'une cellule opérationnelle" qui cherche à l'époque à faire évader les auteurs de l'attentat de 1995... et ne s'arrêtera pas sur cet échec. 

En liberté, les frères Kouachi ne chôment pas. Saïd Kouachi revient du Yémen avec la volonté de constituer son propre réseau "en vue, avance le Figaro, de s'en prendre à Charlie Hebdo" et Chérif, son frère cadet, y travaille avec lui. Les deux hommes sortent pourtant des écrans radars de la police. Aujourd'hui toutes les personnes qui apparaissent dans les dossiers des frères Kouachi et de Coulibaly sont sous surveillance resserrée. Parmi elles, un homme Boukaker el-Hakim condamné en 2008 aux côtés de Chérif Kouachi, il agirait actuellement sous la bannière de l'État Islamique en Syrie.

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