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Attentats à Paris : qui sont ces Français qui partent combattre Daesh ?

REPLAY - Le mouvement a commencé bien avant les attentats de Paris. D'anciens militaires français reprennent les armes pour allez combattre l'État islamique. Rencontre avec un ex-légionnaire qui s'apprête à rallier le l'Irak.

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Attentats à Paris : qui sont ces Français qui partent combattre Daesh ? Crédit Image : AFP PHOTO / HO / WELAYAT HOMS | Crédit Média : Thomas Prouteau | Durée : | Date : La page de l'émission
Thomas Prouteau et Loïc Farge

Il se fait appeler "Jimmy". Il a presque 40 ans. Épaules carrées, visage buriné, il a passé cinq ans dans la Légion étrangère. À son actif notamment, des opérations spéciales au Tchad. Aujourd'hui, Jimmy finit de mettre ses affaires en ordre. Combattre l'État islamique est pour lui une urgence absolue. "Je fais cela pour la liberté. Il y a beaucoup trop de barbarie. Quand vous voyez des têtes décapitées ou une femme qui se fait couper la tête ou les mains, il y a un moment où il faut arrêter et réagir. Ce qui se passe là-bas peut se passer chez nous", raconte-t-il. Une prémonition et une impatience exprimée avant les attentats (cette interview a été enregistrée avant les attentats du 13 novembres à Paris, Ndlr).

Aujourd'hui cette impatience est deux fois plus grande, nous dit Jimmy par téléphone. En Irak, au côté des brigades kurdes et chrétiennes, l'ancien légionnaire est prêt à monter au front. Sa vie dans la balance. "Combien de vies ne sont pas en jeu ?", répond-il. "On va être dans un casernement, les missions vont être effectuées à l'extérieur sur certains territoires", dit-il. Sur place, il ralliera en janvier une dizaine de Français, tous ex-militaires avec une expérience du feu. Tous volontaires aussi. C'est sur ses économies qu'il achètera un fusil-mitrailleur. En France, il a même participé un entraînement.

Pas un tourisme de guerre

Des ex-militaires, des entraînements : cela veut dire qu'il y a toute une organisation en France, même si c'est plutôt artisanal. Tout est parti d'un appel sur Facebook à protéger les chrétiens d'Irak. Les candidatures ont afflué. Philippe, la cinquantaine, ancien légionnaire immobilisé par une maladie, s'est proposé de coordonner. Car les demande des Irakiens sont très précises. Il prévient : ce n'est pas du tourisme de guerre. "La dernière demande en date était : 'Nous avons reçu des mortiers de 80 mm de fabrication soviétique'. Personne ne savait s'en servir, ni même enlever les sécurités. Nous avons donc très vite trouvé des spécialistes. Deux personnes sont parties sur place", explique-t-il.

À la demande du parti chrétien qui les reçoit en Irak, Philippe n'accepte donc que les professionnels, sans idéologie revendiquée. Pas question de croisade chrétienne. À une époque, lui-même a fait de la sécurité pour le Front national, mais il affirme être apolitique.

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Les attentats de Paris suscitent des vocations. Près de 700 demandes d'adhésion sont enregistrées depuis la semaine dernière, dont une centaine de candidatures sérieuses. Vingt départs sont prévus en janvier. Le groupe, qui se nomme Assyrian French Legion, se sent légitimé. "Nous sommes persuadés que ce premier attentat n'est que le prémisse d'autres attentats qui arrivent. Tant que la source ne sera pas tarie, que Raqqa existera et que la Syrie abritera le nid de la bête, la bête se multipliera", justifie son coordinateur.

Une goutte d'eau

Mais la participation de ces Français à la lutte contre l'EI est une goutte d'eau. Ils le reconnaissent volontiers. Deux d'entre eux ont participé au sein de 7.000 peshmergas à la bataille de Sinjar la semaine dernière, ville stratégique reprise à l'État islamique.

Tout cela est légal, tant que ces volontaires ne sont pas payés, sinon ils seraient mercenaires. C'est eux qui financent les 3.000 dollars nécessaires à l'équipement. Autre point clé : les brigades ralliés en Irak ne sont pas répertoriés comme terrorises, au contraire de l'EI. Dernier élément : tous portent des pseudos et protègent leur anonymat. Ils ont reçu des menaces explicites de Daesh.

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