3 min de lecture Fiscalité

Amazon affirme avoir payé 250 millions d'euros d'impôts en France en 2018

Régulièrement accusée de ne pas payer assez d'impôts, Amazon annonce avoir contribué aux recettes fiscales de la France à hauteur de 250 millions d'euros l'année dernière.

Amazon a supprimé un million de produits prétendant soigner le coronavirus.
Amazon a supprimé un million de produits prétendant soigner le coronavirus. Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
Bastien Hauguel et AFP

Amazon a fait sa part. Et le géant de l'e-commerce ne veut pas garder ça pour lui. Régulièrement accusée de ne pas payer suffisamment d'impôts en France, l'entreprise joue la carte de la transparence et a annoncé dans un communiqué, le soir du mercredi 18 décembre, qu'elle avait contribué aux recettes fiscales du pays à hauteur de 250 millions d'euros en 2018, dont 150 millions en prélèvements directs (impôt sur les sociétés, cotisations patronales, impôts locaux, etc...).

L'année dernière, la firme de Jeff Bezos a enregistré un chiffre d'affaires de 4,5 milliards d'euros en France. Elle avait par par ailleurs réalisé plus de 10 milliards de dollars de bénéfice net au niveau mondial pour un chiffre d'affaires de 233 milliards.

Interrogé par l'Agence France-Presse sur la raison pour laquelle l'entreprise a décidé de rendre publiques ces informations, Frédéric Duval, directeur général d'Amazon France, a simplement répondu que c'était parce que la question lui avait été "souvent posée".

La société, au même titre que d'autres multinationales américaines comme Google, Apple et Facebook (les "Gafa"), est en effet régulièrement accusée de minorer les revenus qu'elle perçoit en France afin de réduire ses impôts.

Une annonce après le vote de la taxe numérique

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Cette annonce intervient alors que le gouvernement français, pour mettre fin à des pratiques fiscales controversées des multinationales du numérique, a voté fin 2018 une taxe dite "Gafa" entrée en vigueur cette année et qui impose ces entreprises à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France.

Selon l'ancien secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi, les géants américains du numérique ("Gafa" plus Microsoft) ont déclaré l'an dernier en France un chiffre d'affaires quatre fois inférieur à celui réalisé effectivement, engendrant un manque à gagner d'un milliard d'euros pour le fisc.

Depuis 2010, "on a refait nos calculs et il s'avère qu'on a investi 6,8 milliards d'euros en France", notamment dans les infrastructures, Amazon possédant désormais 20 sites logistiques dans l'Hexagone, a rappelé Frédéric Duval. Ensuite, Amazon est un "gros contributeur d'emplois en France et on arrive au chiffre de 30.000 depuis sa création", dont 9.300 CDI, a-t-il ajouté.

Quid de la "Market Place" ?

Un chiffre qu'avait contredit Mounir Mahjoubi, désormais député LREM, estimant fin novembre dans un rapport qu'Amazon a "détruit 7.900 emplois en France". Mercredi soir, l'ex-ministre a toutefois estimé que cet effort de transparence constituait un "pas important car pour la première fois on a enfin un vrai chiffre d'affaires qui correspond à nos estimations (dans son rapport, NDLR) ou à celle d'Attac".

"En revanche, ils ne sont pas transparents sur les activités qui correspondent à ce chiffre d'affaires et la répartition des impôts qu'ils payent. C'est comme s'ils voulaient minimiser l'importance de l'impôt sur les sociétés, en insistant sur les cotisations", a encore dit l'ancien secrétaire d'État chargé du numérique à l'Agence France-Presse.

"J'ai bien peur que la fiscalité qu'ils évoquent ne concerne que leur activité physique et pas leurs services virtuels comme la Market Place (une plateforme en ligne pour les vendeurs tiers) et Amazon Web Services", un service d'hébergement et d'informatique dématérialisée, a-t-il avancé.

Interrogé par l'Agence France-Presse mercredi soir, le ministère de l'Economie n'a pas souhaité réagir à l'annonce d'Amazon. Début décembre, le ministre Bruno Le Maire avait fait savoir que "jamais" la France ne renoncerait à la taxe sur le numérique, malgré les menaces américaines de surtaxer certains produits emblématiques français, tels que le champagne ou la maroquinerie. Paris, avait-il ensuite rappelé, privilégie une "solution internationale" au dossier numérique, dans le cadre de l'OCDE.

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