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Alstom : le sauvetage de l'État est-il vraiment responsable ?

DÉBAT - François Hollande affirme que "l'État a pris ses responsabilités" pour "assurer la pérennité" du site. François Lenglet et Nicolas Domenach nous éclairent sur la question.

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Alstom : le sauvetage de l'État est-il vraiment responsable ? Crédit Média : RTL.fr | Date :
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Nicolas Domenach
Nicolas Domenach et François Lenglet

Le plan de sauvetage du site de Belfort prévoit notamment la commande de 15 rames de TGV pour 700 millions d'euros. "Ça aurait été terrible si l'État n'avait pas assumé de sauver d'abord une région et au-delà de ça, le train qui fait notre imaginaire. Et c'est important l'imaginaire français. Le TGV fait parti de cette force. On ne peut pas abandonner comme ça. La logique comptable, ça ne suffit pas", estime Nicolas Domenach, éditorialiste à RTL.


Mais pour François Lenglet, économiste et chroniqueur à RTL, ce plan de sauvetage n'apparaît pas comme efficace : "Je ne conteste pas le principe mais les modalités de l'action de l'État : c'est une opération coûteuse et inefficace parce que rien n’est réglé sur le moyen terme", tranche l'économiste. "On anticipe sur des commandes qui aurait été passé si on avait eu besoin de train, ce qui reste à prouver. Et je constate que l’État était au capital et qu'il n'a pas anticipé. C'est trop tardif", dénonce François Lenglet. 

Un sauvetage à visée électorale ?

Ce plan se heurte selon lui à la logique qui voudrait que le politique doit se projeter sur le long-terme : "Ça me parait contredire de façon flagrante ce qu'on répète en terme de politique industrielle. C'est que le privé agit a court terme et le politique à long terme. Pardonnez moi mais c'est faux dans ce cas. L'État prend cette décision pour des raisons politiques, c'est la proximité d'une élection présidentielle. Ça me parait court et regrettable".

Nicolas Domenach n'est pas du tout de cet avis. Les arguments d'Alstom et du gouvernement affirmeraient tout le contraire : "Il était prévu de commander des TGV dans quelques années, on anticipe simplement la commande. Que des TGV roulent à 200km/h au lieu de 300 km/h, c'est le cas des TGV qu'on vend aux États-Unis, le cas de plusieurs lignes en France. C'est aussi une économie qu'on fait à l'avance", estime l'éditorialiste. 

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Mais est-ce le rôle de l'État de sauver toutes les entreprises françaises ? "L'État doit jouer son rôle de vigile", tranche Nicolas Domenach. "Je suis d'accord", indique François Lenglet qui nuance : "Je ne dis pas que je pense que l'État ne doit pas intervenir mais seulement qu'il n'intervient pas bien et pas de façon suffisante. Sur le fond, l'intervention de l'État est parfaitement justifiée". 

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