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Air France : la compagnie aérienne est-elle dépecée ?

ÉDITO - Voilà que des Américains et des Chinois entrent au capital de notre compagnie aérienne nationale. Que se passe-t-il vraiment ?

Un avion d'Air France (illustration)
Un avion d'Air France (illustration)
Crédit : PASCAL PAVANI / AFP
Air France : la compagnie aérienne est-elle dépecée ?
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Air France : la compagnie aérienne est-elle dépecée ?
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François Lenglet & Loïc Farge

Delta Airlines, une compagnie américaine, et China Eastern, la compagnie de Shanghai, vont prendre 10% chacune d'Air France, et obtenir à terme près de 30% du contrôle de l'entreprise. Pour les Français, il s'agit de s'associer avec deux des compagnies plus dynamiques au monde sur des liaisons stratégiques, l'Atlantique nord et le Pacifique. Air France et Delta investissent aussi conjointement dans Virgin Atlantic, la compagnie fondée par Richard Branson, pour en faire un acteur clé entre l'Europe et les États-Unis.

Le deal sur l'Atlantique est très positif.
Cela installe Air France dans une alliance qui détiendra 20 à 25% de ce marché très lucratif. Quant aux liaisons chinoises, c'est vrai que le partenariat avec la compagnie locale aidera aussi notre pavillon à développer une position qui est déjà solide. Le problème, c'est que ces alliances sont dissymétriques, au détriment d'Air France. Américains et Chinois achètent une partie d'Air France, mais pas l’inverse. En principe, quand on construit une alliance équilibrée, on fait ce qu'on appelle un échange de participations croisées.

Cela n'a pas été le cas cette fois-ci, tout simplement parce qu'Air France a besoin d'argent. Elle avait donc besoin de se vendre en partie, pour récupérer quelque 750 millions d’euros, qui vont servir pour partie à investir dans Virgin, et pour partie à réduire une dette qui reste importante. De surcroît, Air France se vend à bon compte, avec un prix inférieur de 25% à celui de la Bourse. Une compagnie en pleine santé n'aurait pas eu besoin d'un deal dans ces conditions-là. Cette affaire, si elle a des aspects positifs pour le futur de la société, signe donc aussi la faiblesse de notre transporteur, qui reste moins rentable que les autres, et qui a donc du mal à financer lui-même son développement.

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