3 min de lecture Attentats à Paris

Aide aux victimes d'attentats : les associations interpellent Emmanuel Macron

Le secrétariat général de l'Aide aux Victimes (SGAV) va fusionner avec un service rattaché à la Justice, le Service de l'accès au droit et à la justice et de l'aide aux victimes (Sadjav), ce qui indigne les associations concernées.

Les Français ont rendu hommage aux victimes tombées devant le bar Le Carillon, dans le 10ème arrondissement à Paris.
Les Français ont rendu hommage aux victimes tombées devant le bar Le Carillon, dans le 10ème arrondissement à Paris. Crédit : ALAIN JOCARD / AFP
Clémence Bauduin
Clémence Bauduin
et Benjamin Pierret

Des mesures qui commencent à alerter. Depuis le 15 juin, les associations de victimes du terrorisme - et de leurs familles - réagissent en masse sur les réseaux sociaux afin de faire part de leur colère. La raison de cet énervement : la disparition du secrétariat général de l'Aide aux Victimes (SGAV), qui remplissait une mission de coordination interministérielle et de communication. Le nouvel exécutif compte fusionner cette structure avec un service rattaché à la Justice, le Service de l'accès au droit et à la justice et de l'aide aux victimes (Sadjav), a annoncé jeudi l'entourage du garde des Sceaux.

Ce changement intervient quelques semaines après la suppression, dans le gouvernement d'Édouard Philippe, du secrétariat d'État de l'Aide aux victimes, mis en place après les attentats de 2015. De fait, la politique d'aide aux victimes reviendra entièrement au ministère de la Justice. Si ce dernier affirme qu'aucune réduction d'effectifs est prévue, les principaux concernés sont moins confiants, et l'annonce de cette réorganisation a été mal accueillie par les associations de victimes

Une tribune adressée au gouvernement

"C'est inacceptable", selon Patricia Correia, mère de Precilia, tuée dans l'attentat jihadiste au Bataclan le 13 novembre 2015. "Nous les victimes avons besoin de soutien, les attentats sont des horreurs (...) Il est essentiel que cette mission soit poursuivie", a-t-elle écrit à l'AFP. "Le Secrétariat général, c'était justement le guichet unique", un endroit où les victimes peuvent être aidées dans leurs différentes démarches administratives (santé, justice, impôts, etc.), dit Caroline Langlade, présidente de l'association Life for Paris, créée après le 13 novembre. 

Ce guichet unique était réclamé par les victimes et leurs proches après les carences des services publics constatées après lespires attentats jamais commis en France : décès annoncés sur Twitter, morgues surchargées, parcours de prise en charge complexes et mal expliqués.
                   
Le Sgav "fonctionnait bien. Il fallait juste leur donner les moyens financiers et humains pour bosser", souligne Caroline Langlade. Ce vendredi 16 juin, plusieurs professionnels de la santé et de la recherche ont, dans une tribune adressée au gouvernement, réclamé "des moyens en proportion des enjeux considérables", estimant les moyens actuels "insuffisants pour anticiper les conséquences de prochaines attaques". Nier la "dimension pluridisciplinaire" des victimes d'actes de terrorisme est un "recul" de leur protection, abonde le député Les Républicains Georges Fenech. Son collègue socialiste Sébastien Pietrasanta reproche à l'exécutif de "marcher sur la tête".

La Chancellerie maintient le cap

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Une commission d'enquête parlementaire sur les attentats, que le premier présidait et dont le second était rapporteur, avait recommandé la création d'une "administration dédiée" à l'aide aux victimes. "On détricote ce qui avait été construit précédemment. C'est un retour à l'état antérieur, qui avait prouvé sa complète inefficacité. C'est très choquant", regrette Georges Salines, le président de l'association "13 novembre: fraternité et vérité". 

Le service rattaché au ministère de la Justice "n'est pas en mesure de faire face à un crise majeure", juge Françoise Rudetzki, la fondatrice de l'association SOS attentats. "Il va falloir des mois avant qu'il ne soit opérationnel. Qu'est-ce qui va se passer d'ici là?", s'interroge-t-elle. Face à la bronca, la Chancellerie défend ses objectifs : "En additionnant les moyens humains et financiers disponibles" et en combinant le stratégique et l'opérationnel, "l'accompagnement des victimes et leur reconnaissance par la Nation ne s'en trouveront que renforcés", dit-elle.

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