3 min de lecture Confinement

Coronavirus en France : le PIB chute de 5,8%, "c'est sans précédent", dit Lenglet

ÉDITO - Selon l'Insee, l'économie française est en récession et s'est contractée de 5,8% au premier trimestre, du fait notamment du confinement.

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Coronavirus en France : le PIB chute de 5,8%, "c'est sans précédent", dit Lenglet Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
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François Lenglet édité par Thomas Pierre

Du jamais-vu. Inédit. La croissance française était en baisse de 5,8 % au premier trimestre de l'année. C'est absolument sans précédent, une telle chute. C'est beaucoup. C'est la plus forte depuis qu'on commence à mesurer le PIB trimestriel, c'est-à-dire depuis 1949. 
C'est même plus fort que ce qu'on avait observé au deuxième trimestre 1968, au moment des événements 68, qui avaient aussi paralysé complètement l'économie. 

À l'origine de ce chiffre sans précédent, c'est d'abord la consommation intérieure, qui chute elle aussi d'environ 6%. Et puis, l'investissement des entreprises, qui est une autre composante de la croissance qui chute de 11%, est beaucoup plus volatile. 

Mais le gros morceau, le paquebot, dans la croissance française, c'est la consommation des ménages. Et on sait pourquoi les ménages n'ont pas consommé, notamment, évidemment, pendant la deuxième quinzaine de mars, c'est-à-dire depuis le début de confinement. 

Le coût économique du confinement ?

C'est cohérent avec la dernière estimation de l'Insee qu'il avait faite il y a environ un mois en confirmant la croissance française chute d'un tiers. On est à peu près en instantané à moins de 35% par rapport à la même période de l'année précédente. Cela veut dire que 10 jours de confinement, ça coûte un point de PIB en moins sur l'année. 

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Donc, si on extrapole notre confinement probable qui devrait s'achever vers le 11 mai, au moins pour une partie de l'économie, cela va coûter 6 points de croissance. Et ce avant même que nous ayons fait la suite de l'année. Au 11 mai, nous serons à moins de 6 % de croissance annuelle en France.

La reprise aura-t-elle vraiment lieu à partir du 11 mai ?

Cela supposerait ce mois-ci que l'on soit à zéro pendant toute la suite de l'année. Et ce n'est pas du tout gagné. On voit au moins un certain nombre d'obstacles. D'abord, le fait que les écoles et les transports ne remarcheront pas complètement. Cela veut dire que quand les écoles ne fonctionnent pas, les entreprises subissent une perte de salariés d'environ 15%, car qu'il faut bien sûr garder les enfants. 

Il y a aussi l'affaire des départements verts et départements rouges, où on ne connaît pas encore les modalités de circulation. Mais probablement, les entreprises dans les départements rouges se verront, elles, entraver un peu davantage parce qu'elles n'auront pas toute la liberté. 

La France des loisirs toujours à l'arrêt

Et puis, et surtout, c'est la France des loisirs qui restent fermées : les hôtels, les cafés, les restaurants, les évènements culturels, les salles de sport, les cures thermales, les loueurs de voitures... Tout ça, ça va rester en carafe au moins jusqu'au 2 juin.

Au mieux, ce secteur de la France des loisirs redémarre le 2 juin. Au pire, on ne sait pas très bien, peut-être en juillet. Rappelons que ce secteur du tourisme, même pas au sens le plus large ; le tourisme culturel, les hôtels, cafés, restaurants, c'est 8% du PIB français. 

C'est un million d'emplois. Nous sommes la première destination mondiale en nombre de touristes. Et il est à peu près acquis que les étrangers viendront moins en France. Cela peut être compensé par le fait que les Français iront moins à l'étranger, mais encore faut-il que tout cela soit ouvert.

Le scénario d'une "reprise en V" ?

On a beaucoup parlé au début de la crise sanitaire, de la "reprise en V", soit une reprise très rapide. Ce scénario est-il vraisemblable ? Il y a fort à parier que non. On voit par exemple les magasins Vuitton en Chine progresser avec des risques absolument extraordinaires, après le confinement. 

Donc, on voit que sur certains créneaux très particuliers, il y a un phénomène dits d'"achats de revanche" en anglais, c'est-à-dire qu'après la frustration, on se défoule un peu, mais ça ne concerne qu'une partie de l'économie. Heureusement qu'elle est là, mais c'est pas cela qui fait tourner le pays.

Pour le reste, compte tenu des éléments que nous venons d'évoquer, on est plutôt sur une espèce de reprise assez lente. Encore faut il évidemment qu'il n'y ait pas de deuxième vague ou de nouvelles alertes sanitaires. Parce qu'il faut le rappeler, le déterminant principal pour l'économie pour les mois qui viennent, c'est l'évolution de la maladie et des traitements. 

À l'inverse, si on trouvait un traitement, la reprise pourrait très probablement se faire beaucoup plus vite, parce que cela veut dire que dans nos têtes, la peur de la contagion aurait disparu.

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