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Aéroports de Paris : pourquoi l'État veut privatiser ?

L'État veut céder 50.6% de ses parts dans Aéroports de Paris. Bonne ou mauvaise opération ? Marie Lebec, députée la République en marche (LaREM), explique pourquoi l'État a pris cette décision et quelles garanties il compte apporter.

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Aéroports de Paris : pourquoi l'État veut privatiser ? Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi
Yves Calvi édité par Cassandre Jeannin

Le 4 octobre 2018, l'Assemblée nationale a autorisé la privatisation des entreprises Aéroports de Paris, Engie et la Française des Jeux. Aéroports de Paris a rapporté à l'État des dividendes à hauteur de 173 millions d'euros cette année. Des résultats qui fluctuent d'une année sur l'autre. Néanmoins, cette somme montre qu'ADP n'est pas en crise, alors pourquoi aller vers une privatisation ? C'est la question à laquelle répond Marie Lebec, députée la République en marche (LaREM) des Yvelines et rapporteur thématique de la loi Pacte, sur RTL. 

"C'est la nouvelle politique industrielle de l'État et notamment le fait de dire 'on protège mieux nos brevets, on facilite l'émergence d'innovations de rupture notamment dans l'intelligence artificielle ou les nanotechnologies'. Et pour ça, on passe par la privatisation d'Aéroports de Paris puisque l'État choisi de se retirer d'une entreprise qui va bien et qui a des moyens de financement pour investir dans des entreprises qui ont plus de difficultés à passer par une filière classique de financement", explique-t-elle. 

Pourtant, ce qui est inscrit dans la mentalité française c'est plutôt le raisonnement inverse, c'est-à-dire mieux protéger nos brevets et notre autonomie en restant dans le giron de l'État. "Le but n'est pas de dire que l'État se désengage totalement d'Aéroports de Paris. Il se désengage financièrement, c'est un fait, puisqu'il sort du capital mais ce à quoi on a travaillé avec mes collègues depuis septembre, c'est de renforcer le rôle régulateur dans Aéroports de Paris, en donnant davantage de place à l'État", confie Marie Lebec. 

Quelles sont les garanties de l'État ?

"Dans les grandes garanties c'est la possibilité dans 70 ans de reprendre la maîtrise du foncier et des infrastructures, ce qui depuis la loi de 2005 n'est plus possible. C'est la durée classique d'une concession", déclare la députée LaREM. 

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"Dans d'autres garanties, par exemple sur les principaux postes opérationnels et là je pense au directeur de la sécurité d'Aéroports de Paris, il devra recevoir un agrément de l'État qui pourra lui être retiré. Et puis il y a des garanties pour Air France avec le fait que les redevances doivent être validées par l'Autorité supérieure indépendante. En cas de désaccord il y aura la possibilité pour l'État de décider seul de son côté", ajoute-t-elle. 

Combien l'État espère-t-il obtenir de cette vente ?

"C'est à peu près 10 milliards qui sont estimés mais ça dépendra de la méthodologie de vente", explique Marie Lebec. "Cette somme sera placée et gérée par la Banque Publique d'investissement (BPI) sur un fond. On aura un rendement de ce fond à hauteur de 2.5% ce qui fait 250 millions d'euros de manière pérenne et prévisible, investis pour l'innovation de rupture", complète-t-elle.

Est-ce une mauvaise opération ?

Les dividendes d'Aéroports de Paris et de la Française des jeux (que l'État veut aussi céder) sont supérieurs au fond que l'État va créer. Certains s'insurgent et parlent donc d'une mauvaise opération. La députée LaREM rétorque que "ce n'est pas une mauvaise opération dans la mesure où c'est un choix de stratégie et de nouvelle politique industrielle. On parie sur le fait de dire 'on a deux entreprises qui vont très bien et on va investir sur des structures plus deep tech qui ont du mal à être financées."

"250 millions, certaines années les dividendes rapportent mieux, parfois ils rapportent moins. 250 millions c'est pour de la prévisibilité. Si vous faites ça pendant 10 ans, vous avez investi 2.5 milliards dans l'innovation de rupture" ajoute-t-elle. 

Comment l'État va interagir avec l'investisseur ?

"Il y aura un cahier des charges d'exploitation qui sera présenté aux potentiels investisseurs qui souhaiteront prendre des parts dans Aéroports de Paris et qui fixe un peu les règles du jeu que l'État attend. Donc un investisseur sera éclairé sur la manière dont Aéroports de Paris et l'État travailleront ensemble", déclare Marie Lebec. 

"La porte n'est fermée à aucun investisseur mais le ministre a donné des garanties très claires puisqu'il y avait un peu le traumatisme de l'aéroport de Toulouse en arrière-plan sur cette discussion. L'investisseur qui s'engagera devra avoir la surface financière nécessaire, une expérience de gestion d'aéroport et ne pourra pas être dépendant d'un État étranger comme ça a été le cas pour l'aéroport de Toulouse", conclut-elle. 

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