2 min de lecture Laboratoire Marette

Chambéry : le mystère de la bactérie à l'origine de la mort des nourrissons

DÉCRYPTAGE - Les scientifiques en savent peu sur la bactérie à l'origine du drame au CHU de Chambéry, sauf qu'il s'agit d'une bactérie naturelle à l'aise dans les organismes à faibles défenses immunitaires.

Le laboratoire Marette, à Courseulles-sur-Mer, ici le 6 janvier 2014, a fourni des poches alimentaires à l'hôpital de Chambéry.
Le laboratoire Marette, à Courseulles-sur-Mer, ici le 6 janvier 2014, a fourni des poches alimentaires à l'hôpital de Chambéry. Crédit : CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

L'étau se resserre autour du laboratoire Marette, dont la production a été suspendue après la mort de trois bébés à l'hôpital de Chambéry. Des nourrissons décédés des suites d'une contamination alimentaire.

Mais les zones d'ombres continuent d'entourer la mystérieuse bactérie, identifiée dans six des dix poches alimentaires contaminées à l'origine du drame, alors que les enquêteurs cherchent à savoir comment elle est arrivée là.

Une bactérie naturellement présente dans l'environnement

Cette bactérie encore inconnue a toutefois peu de chances d'être nouvelle. Elle vit probablement autour de nous depuis longtemps. Le problème est que l'on ne sait pas où, puisque personne ne l'avait jamais cherchée. "C'est une bactérie probablement peu dangereuse lorsqu'elle est à sa place. Cette bactérie n'a pas les moyens d'entrer dans l'organisme. Dans l'environnement, elle est probablement inoffensive", estime au micro de RTL Jean-Claude Manugerra, de l'institut Pasteur.

Pour l'instant, les scientifiques connaissent très peu de choses à son sujet. Si bien qu'elle n'a pas encore été décrite. Ils savent seulement qu'il s'agit d'une entérobactérie, une bactérie naturellement présente dans l'environnement, dans l'air ou dans l'eau. Une famille de germes à laquelle appartient également une bactérie qui a déjà défrayé la chronique : Escherichia coli, ou E. coli, mis en cause en 2011 dans l'affaire des "concombres contaminés".

Une bactérie à l'aise dans les organismes aux faibles défenses immunitaires

À lire aussi
Le laboratoire Marette, à Courseulles-sur-Mer (Calvados), va fermer. Ici le 6 janvier 2014 (Archives). santé
Bébés morts à Chambéry : fermeture du laboratoire Marette mis en cause

Le ministère de la Santé a annoncé mardi que ce germe rarement retrouvé dans des cas d'infection en milieu hospitalier s'apparentait à une nouvelle espèce d'entérobactérie, proche d'Ewingella americana, identifiée et caractérisée pour la première fois en 1983, et de Rahnella qualitis. Deux germes différents mais qui comportent des similitudes génétiques avec le germe mis en cause à Chambéry.

De fait, cette bactérie dégage de puissantes toxines. Mais elle ne donne que rarement lieu à des infections chez l'être humain, sauf quand les défenses humanitaires sont défaillantes, comme c'est le cas chez les prématurés", explique Jean-Daniel Flaysakier, médecin et journaliste à France 2, sur le site du Huffington Post.

Sa dangerosité tient surtout au fait qu'elle est capable de se développer dans des milieux hostiles, à basse température et à faible teneur en minéraux. Elle semble ainsi n'éprouver aucune difficulté à survivre dans l'eau ou la terre.

La mystère demeure autour de son introduction dans les poches de nourrisson

En revanche, l'enquête doit encore déterminer comment elle a pu pénétrer au sein des poches alimentaires du laboratoire Marette, où elle a bénéficié d'une porte d'entrée directe pour s'introduire dans le sang des nourrissons.

"Il faut savoir que c'est une bactérie qui a l'air de très bien pousser dans des poches nutritives qui sont extrêmement riches. Une fois à l'intérieur, elle a proliféré". Et dans ce cas, pas de doute : "C'est la dose qui fait le poison", assure Jean-Claude Manugerra.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Laboratoire Marette Poches alimentaires Chambéry
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants