2 min de lecture Santé

En quoi consiste l'immunothérapie, ce nouveau traitement récompensé par le prix Nobel ?

Qualifiée par certains de révolution et couronnée par le prix Nobel de médecine, l'immunothérapie consiste à renforcer les défenses du corps contre la maladie. Mais cette technique remplacera-t-elle un jour la chimiothérapie dans la lutte contre le cancer ?

Un jeune patient atteint du cancer dans sa chambre à l'Institut d'hématologie et d'oncologie pédiatrique" à Lyon en 2012 (illustration).
Un jeune patient atteint du cancer dans sa chambre à l'Institut d'hématologie et d'oncologie pédiatrique" à Lyon en 2012 (illustration). Crédit : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

Le prix Nobel a été attribué, lundi 1er octobre, à deux immunologistes : l'Américain James P. Allison et le Japonais Tasuku Honjo. Le duo de chercheurs a découvert comment déclencher une réponse de l'organisme contre le cancer, en neutralisant certaines molécules qui l'empêchent de se défendre.

"L'immunothérapie explose, c'est peut-être la voie de la plus importante découverte récemment pour traiter le cancer", explique le chercheur français Pierre Goldstein. "C'est une révolution équivalente à l'arrivée des antibiotiques", s'enthousiasme Eric Vivier, chercheur à l'Inserm. 

Cette technique n'est utilisée sur les patients que depuis quelques années, et ne fonctionne pas sur tous les malades ni sur tous les cancers : elle bute encore complètement sur les cancers du pancréas et du cerveau. Mais les espoirs qu'elle porte incitent l'industrie pharmaceutique à investir lourdement. 

Tasuku Honjo et James P. Allison, les deux lauréats du prix Nobel de médecine 2018, pour leurs travaux sur l'immunothérapie
Tasuku Honjo et James P. Allison, les deux lauréats du prix Nobel de médecine 2018, pour leurs travaux sur l'immunothérapie Crédit : SAM YEH / AFP

Une technique pour "booster" les lymphocytes T

Pour se défendre contre ce qui est étranger à notre organisme, le corps s'appuie sur des globules blancs, appelés lymphocytes T. L'immunothérapie vise à doper ces petits soldats afin qu'ils s'attaquent aux tumeurs, alors que la chimiothérapie ne fait pas la différence entre cellules saines et cancéreuses. 

À lire aussi
Un médecin (illustration) santé
Gastro-entérite : les 4 conseils pour échapper à l'épidémie

Ces lymphocytes T portent sur leur surface des molécules dites "inhibitrices", qui freinent leur efficacité sur les cellules cancéreuses. L'immunothérapie consiste à neutraliser ces molécules inhibitrices en utilisant des protéines appelées anticorps. Le but : lever ces freins et permettre ainsi aux lymphocytes T, et donc à l'organisme, de se défendre contre le cancer.

Depuis 2011, les autorités sanitaires américaine et européenne ont approuvé des immunothérapies pour le mélanome métastasé, le cancer du poumon avancé, le cancer du rein métastasé et pour des cancers ORL et de la vessie, énumère la professeure Laurence Zitvogel, de l'Institut Gustave Roussy, près de Paris, premier centre de lutte contre le cancer en Europe.

L'immunothérapie contre les cancers... mais pas que

Au-delà du cancer, l'immunothérapie "a provoqué une révolution dans la manière d'envisager l'utilisation du système immunitaire afin de combattre d'autres maladies", assure le professeur Dan Davis, immunologue à l'université de Manchester (Angleterre). "Je pense qu'on ne voit encore que la partie émergée de l'iceberg et que de nombreux autres médicaments sont à l'horizon", espère-t-il. 

Cette révolution est parfois accueillie avec beaucoup d'enthousiasme par les patients. Aux États-Unis, certains malades demandent à leurs médecins d'être traités d'emblée par immunothérapie au lieu de la chimiothérapie, de la radiothérapie ou de la chirurgie... même quand ces traitements conventionnels sont efficaces. "Ces médicaments ont transformé les perspectives de nombreux patients à qui il ne restait plus aucune option", souligne le professeur Charles Swanton, de l'association britannique de lutte contre le cancer Cancer Research UK.

Le professeur Allison a reconnu lui-même, lundi 1er octobre, depuis New York, que l'immunothérapie n'allait "pas remplacer tout le reste (...) Mais cela fera partie de la thérapie proposée à presque tous les patients dans cinq ans environ", a-t-il dit. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Santé Cancer Prix Nobel
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants