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De nombreux virus détectés sur les bacs en plastique des aéroports

Une nouvelle étude cible les principaux lieux à risque des aéroports. Parmi eux, les bacs en plastique servant à passer la sécurité, sont décrits comme de véritables nids à virus par les scientifiques.

Les bacs en plastiques, permettant de passer ses biens aux rayons X, sont des nids à virus
Les bacs en plastiques, permettant de passer ses biens aux rayons X, sont des nids à virus Crédit : FRED DUFOUR / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
Journaliste

Cette étude, publiée le 29 août, sur le site BMC infectious diseases, un site spécialisé dans les publications médicales, porte sur les dépôts pathogènes des virus sur les surfaces fréquemment touchées dans les complexes aéroportuaires. 

Menée par des chercheurs anglais et finlandais, l'étude révèle que les bacs en plastique, situés avant les portiques de sécurité et permettant de faire passer les sacs et effets personnels sous les rayons X, sont de véritables nids à virus.

Les travaux en sont encore à leur étape préliminaire, mais les scientifiques peuvent déjà affirmer que ces bacs constituent des vecteurs de maladies respiratoires, et sont même plus sales que des toilettes des aéroports. "La croissance du transport aérien augmente la probabilité de propagation rapide des maladies infectieuses entre les pays et les continents", explique l'étude.

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Une étape obligatoire pour les passagers

Alors que le flux aérien n'a jamais été si dense, et que les aéroports, grandissants, accueillent toujours plus de passagers de provenance et destinations diverses, la transmission des maladies, par voie aéroportée, par gouttelettes ou par contact, augmente. 

Un constat logique quand on sait que ces bacs sont "une étape obligatoire pour tous les passagers en partance" et que chacun des bacs est "potentiellement touché par plusieurs centaines de passagers par jour", expliquent les chercheurs. De plus, le matériau les composant, un plastique non poreux, favorise la survie des virus.

Ainsi, le transport aérien a permis la propagation du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) depuis Hong-Kong en 2003, et de la grippe pandémique A (H1N1) depuis le Mexique et les États-Unis en 2009.

Des résultats inquiétants

90 échantillons ont été récoltés à différents moments de la journée (notamment pendant les pics d'affluence) à l'aéroport d'Helsinki-Vantaa (Finlande). Ils ont été prélevés dans différents lieux : terminaux de paiement, rampes d'escalier, comptoirs de vérification des passeports, aires de jeux, ainsi que dans l'air. Sur ces 90 échantillons, 10 sont revenus positifs : 4 pour le rhinovirus (responsable du rhume), 3 pour le coronavirus (du rhume au SRAS), 2 pour l'adénovirus (pharyngite, pneumonie, conjonctivite) et un pour la grippe A

Les bacs en plastique constituent la seule surface sur laquelle les scientifiques ont retrouvé des virus de chaque sorte et en plus grand nombre. Pour réduire le risque de transmission de ces maladies, les chercheurs proposent d'offrir aux passagers de pouvoir se désinfecter les mains avant et après le contrôle de sécurité. Ils invitent également les gérants des directions des aéroports à opérer une désinfection des bacs de façon plus fréquente.

Dans les toilettes en revanche, aucune trace de virus respiratoire n'a été détectée. S'il semble surprenant, ce résultat est en fait logique pour deux raisons. Tout d'abord, les passagers portent naturellement une attention particulière à l'hygiène des mains et à la limitation du toucher, dans les toilettes plus qu'ailleurs. D'autre part, ce sont les virus entériques (liés au système digestif) qui ont plus de chance d'être retrouvés dans ce type de lieux.

Une étude à prendre avec des pincettes

Cette étude contient néanmoins quelques limites à ne pas ignorer. Tout d'abord, ces chiffres ne constituent qu'une approche préliminaire de la problématique de transmission des virus dans les aéroports, d'où le faible nombre d'échantillons récoltés. 

Ensuite, les virus détectés ne sont pas forcément vivants : la viabilité et la transmissibilité du virus n'ont pas été étudiés, étant donné que l'étude porte uniquement sur la présence de matériel génétique viral. Autrement dit, au moment de leur découverte par les scientifiques, certains virus étaient peut-être déjà inactifs. Le virus de la grippe A, par exemple, survit jusqu'à seulement 48 heures en dehors d'un organisme.

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Une nouvelle étude cible les principaux lieux à risque des aéroports. Parmi eux, les bacs en plastique servant à passer la sécurité, sont décrits comme de véritables nids à virus par les scientifiques.
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2018-09-11 16:53:42
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