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Coronavirus : pourquoi l'essai avec du sang de ver marins a été suspendu

L'agence du médicament a indiqué "suspendre en urgence" l'essai clinique du médicament fabriqué à base de sang de vers marins, susceptible de soigner le Covid-19.

L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, le 25 avril 2019
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, le 25 avril 2019
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Ryad Ouslimani & AFP

C'est une des solutions pour soigner les patients atteints du Covid-19 qui pour l'instant a du plomb dans l'aile. En effet l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP) avait annoncé samedi 4 avril le lancement d'un essai clinique sur des patients qui vise à administrer une solution issue du sang de vers marins, aux pouvoirs d'oxygénation très importants. 

Mais ce jeudi, l'Agence du médicament (ANSM) a décidé de "suspense en urgence" le feu vert qu'elle avait donné pour cette étude d'un médicament développé par la société bretonne Hemarina. Pour expliquer ce choix, l'ANSM évoque une précédente étude effectuée sur des porcs en 2011, et dont elle n'avait pas eu connaissance. 

Une "étude non clinique chez le porc", qui s'est traduite par "une létalité de 100%" chez les animaux ayant reçu cette substance, observe le gendarme des médicaments dans sa décision, datée du 8 avril et transmise par l'AP-HP.

Aucun patient n'a reçu le produit

Or les "résultats de cette étude n'ont pas été versés à l'ANSM dans le cadre de la demande d'autorisation de l'essai clinique", souligne l'agence, ajoutant qu'une "réévaluation (...) est nécessaire pour apprécier les risques encourus au regard du bénéfice escompté chez les patients".

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En conséquence, "l'AP-HP a décidé de ne plus être promoteur" de cet essai clinique, explique le groupement hospitalier dans un bref communiqué, qui précise que "l'essai n'avait pas débuté et aucun patient n'a donc reçu ce produit expérimental.

L'AP-HP avait annoncé samedi le lancement de cet essai, qui avait reçu l'autorisation de l'ANSM le 27 mars et le feu vert d'un comité de protection des personnes le 3 avril. Dix patients en état très grave, hospitalisés avec un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) dans les services de réanimation de l'Hôpital européen Georges-Pompidou et de la Pitié-Salpêtrière, devaient se voir administrer ce produit pour évaluer s'il était bien toléré et s'il permettait d'améliorer l'oxygénation de leurs organes.

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