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Coronavirus : "Nous n'avons pas assez de recul sur la chloroquine", pour Bruno Toussaint

INVITÉ - Bruno Toussaint, directeur éditorial de la revue indépendante "Prescrire", a estimé que les scientifiques n'ont pas assez de recul sur les effets de la chloroquine pour donner le feu vert à sa prescription.

RTL Midi -  Christelle Rebière L'invité de RTL Midi Christelle Rebière
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Coronovirus : "nous n'avons pas assez de recul sur la chloroquine", pour Bruno Toussaint Crédit Image : Damien Meyer / AFP | Crédit Média : Christelle Rebière | Durée : | Date : La page de l'émission
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Christelle Rebière édité par Florise Vaubien

L'utilisation de la chloroquine pour traiter les infections au coronavirus divise toujours : le traitement controversé a fait l'objet d'une alerte de l'Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine (ARS). Elle a fait état de plusieurs décès après usage de cette molécule, normalement utilisée contre le paludisme. À la suite de plusieurs arrêts cardiaques, elle met en garde contre l'auto-médication. Bruno Toussaint, directeur éditorial de la revue indépendante Prescrire estime que pour le moment nous n'avons pas assez de recul sur les éventuels bienfaits du traitement.

Ce dernier rappelle que "les médicaments sont toujours plus ou moins dangereux" et confirme que l'hydroxyzine-chloroquine a des "effets nocifs sur le coeur". Ces risques ne concernent pas la majorité des patients, mais certains d'entre eux peuvent voir leur rythme cardiaque "déréglé sous l'effet" du traitement. Les effets secondaires de la chloroquine peuvent "se traduire par des palpitations ou par une syncope", allant jusqu'à l'arrêt cardiaque du malade "de façon très subite".

On ne sait pas si la chloroquine est plus dangereuse qu'utile

Bruno Toussaint, directeur éditorial de la revue indépendante Prescrire sur RTL, le 30 mars 2020
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Si Marine Le Pen juge nécessaire que les médecins de ville puissent prescrire de la chloroquine pour les cas "peu graves", Bruno Toussaint souligne que "du point de vue de l'évaluation scientifique de ce médicament, nous constatons qu'il y a très peu d'essais comparatifs bien faits", évoquant notamment les travaux du Professeur Didier Raoult. Le traitement peut également "perturber le cerveau" et entraîner "des convulsions et des troubles cutanées sous des formes d'allergies qui peuvent être très graves". 

Le directeur éditorial de la revue indépendante Prescrire ajoute qu'une étude chinoise, réalisée il y a plusieurs semaines, "ne montrait pas d'efficacité" de la chloroquine sur l'infection au Covid-19. "C'est un petit essai, bien fait, avec tirage au sort", explique-t-il. Toutefois, il précise "qu'il n'y pas eu de grandes différences" entre les groupes traités par les traitements déjà validés et ceux traités par la chloroquine. 

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"On ne sait pas encore si la chloroquine est plus dangereuse qu'utile", connaissance qui ne sera acquise que lorsque les scientifiques auront expérimenté le médicament qui fait débat "chez un grand nombre de personnes".

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