2 min de lecture Coronavirus

Coronavirus : les "super-contaminateurs" existent-ils vraiment ?

Plusieurs malades infectés par le coronavirus ont contaminé des dizaines de personnes. Pour les médecins, ces cas sont encore une énigme.

Un homme portant un masque à Paris, pour se protéger de l'épidémie de coronavirus, le 13 mars 2020
Un homme portant un masque à Paris, pour se protéger de l'épidémie de coronavirus, le 13 mars 2020 Crédit : ABDULMONAM EASSA / AFP
Florise Vaubien
Florise Vaubien et AFP

Existe-t-il des malades qui peuvent contaminer des dizaines voire des centaines de personnes ? Pour les médecins, le concept de "super-contaminateur" de virus reste en partie une énigme tant les différents facteurs de transmission sont difficiles à démêler.

"Ce n'est pas un terme médical", il sert à désigner "une personne qui infecte un nombre proportionnellement très important d'individus" sans qu'il y ait forcément un seuil précis, explique Amesh Adalja, médecin spécialiste des maladies infectieuses émergentes et de la préparation aux pandémies, à l'Université américaine Johns Hopkins.

Depuis le début de l'épidémie du nouveau coronavirus, au moins deux personnes ont été surnommées dans les médias "super-contaminateurs" (on dit aussi "super propagateur") : on estime qu'ils ont contaminé plus de personnes que la moyenne, qui est de deux à trois contaminés par malade, en l'absence de mesure de contrôle (confinement, limitations des rassemblements etc...).

"Il est possible qu'il existe ce qu'on appelle des 'super contaminateurs', c'est-à-dire des patients qui ne contaminent pas deux ou trois personnes (...) mais qui puissent en contaminer des dizaines", affirmait jeudi soir sur la chaîne de télévision LCI, le Pr Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris). "Le problème, c'est qu'on n'arrive pas à les repérer", poursuivait-il.

Ça n'existe pas, un 'super-spreader'

Le Dr Bharat Pankhania de l'Université d'Exeter
Partager la citation
À lire aussi
Un magasin Ikea à Bayonne (illustration). commerce
Coronavirus : Ikea a rouvert ses magasins, mais dans quelles conditions ?

Selon le Dr Bharat Pankhania, spécialiste des maladies infectieuses de la faculté de médecine de l'Université britannique d'Exeter, que "ça n'existe pas, un 'super-spreader'". Pour lui, c'est un "terme inapproprié". 

"Ce que nous avons, ce sont des circonstances qui ont mené à l'infection d'un plus grand nombre de gens", estime-t-il, en évoquant le cas de la "Patiente 31" en Corée du Sud. Et c'est "souvent la foule, un endroit confiné avec peu de ventilation, un contrôle infectieux défaillant, (...) et souvent une personne au début de sa maladie, quand les sécrétions sont maximales", dit-il encore.


C'est pour ces raisons que beaucoup préfèrent parler de "situation de super-propagation" ("super-spreading event" en anglais) plutôt que de qualifier une personne de "super-propagateur", un terme d'ailleurs qualifié de "stigmatisant" par le ministre français de la Santé Olivier Véran.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Coronavirus Épidémie Maladie
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants