2 min de lecture Coronavirus France

Coronavirus : le démarrage "très lent" de la vaccination dénoncé par l'Académie de médecine

Dans un communiqué diffusé jeudi 31 décembre, l'institution recommande de "simplifier et raccourcir les procédures de vaccination".

Une personne en train de se faire vacciner contre le coronavirus (illustration)
Une personne en train de se faire vacciner contre le coronavirus (illustration) Crédit : LENNART PREISS / AFP
Florine Boukhelifa et AFP

"Il n'est plus temps d'attendre". L'Académie nationale de médecine a regretté jeudi 31 décembre le démarrage "très lent" de la campagne de vaccination contre le coronavirus. L'institution a également jugé "excessives" les précautions prises par le gouvernement.

Commencée dimanche dans les Ehpad, la campagne de vaccination est mise en œuvre "progressivement", note l'Académie. Il est en effet nécessaire de respecter un processus de recueil du consentement, tout comme rechercher d'éventuelles contre-indications chez une population fragile et garder le patient en observation pendant 15 minutes après l'injection.

"Cette extrême prudence est assumée par les autorités sanitaires qui écartent la possibilité de simplifier ces procédures pendant la phase préliminaire. Elle est sanctionnée par un démarrage très lent du programme", ajoute l'institution dans un communiqué. Avec cent personnes vaccinées en trois jours, elle estime "le premier bilan difficile à défendre" comparé à d'autres pays européens.

Simplifier les procédures liées à la vaccination

"Adoptées pour rassurer une opinion publique gagnée par l'hésitation, ces précautions excessives risquent de susciter a contrario une incompréhension croissante vis-à-vis d'une campagne dont le coup d'envoi semble manquer de détermination", insiste l'Académie.

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"La France déplore plus de 64.000 décès par le coronavirus, dont près d'un tiers dans la population à haut risque qui doit être vaccinée au cours des huit prochaines semaines. Face à ce constat, la campagne nationale d'immunisation doit être exemplaire dans un pays qui a tant contribué à l'élimination des maladies infectieuses par la vaccination". L'institution recommande ainsi de "simplifier et raccourcir autant que possible les procédures de vaccination dans les Ehpad".

Elle plaide également pour que la première phase de vaccination soit déployée "en priorité" dans les départements les plus touchés et pour la "transparence" de l'état des stocks de vaccins. Cela permettrait que "la mise en oeuvre de la stratégie vaccinale n'apparaisse pas dictée par des aléas de livraison".

Le lent démarrage de la campagne vaccinale en France, avec moins de 200 injections depuis dimanche contre des milliers en Allemagne ou en Italie, suscite critiques et incompréhension dans la classe politique et chez certains médecins. Pourtant, le gouvernement assume sa stratégie. Celui-ci privilégie la "pédagogie", a expliqué le ministre de la Santé Olivier Véran, mardi dernier sur France 2 : "nous recueillons le consentement des personnes avant qu'elles soient vaccinées. Je crois que c'est un gage de confiance".

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