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Coronavirus : l'immunité disparaîtrait en quelques mois

Une étude britannique indique que des personnes contaminées ne présentent plus d'anticorps trois mois après avoir contracté le virus.

Un chercheur testant un échantillon possiblement infecté par le Coronavirus
Un chercheur testant un échantillon possiblement infecté par le Coronavirus Crédit : Thomas SAMSON / AFP
Victor
Victor Goury-Laffont et AFP

En quelque mois, il serait possible d'être contaminé plusieurs fois par le nouveau coronavirus. Une étude menée par le King's College de Londres montre que l'immunité au virus disparaît rapidement après la fin de l'infection, permettant une contamination année après année.

"Ce travail confirme que les réponses en anticorps protecteurs chez les personnes infectées par le SARS-CoV-2 (...) semblent décliner rapidement", souligne lundi le Dr Stephen Griffin, professeur agrégé à l'École de médecine de l'université de Leeds (Royaume-Uni). Un manque de protection naturelle donc, qui exagéra que les futurs vaccins contre la Covid-19 "génèrent une protection plus forte et plus durable par rapport aux infections naturelles" ou qu'ils soient "administrés régulièrement", ajoute ce médecin qui n'a pas participé à l'étude.

"Si l'infection vous donne des niveaux d'anticorps qui diminuent en deux à trois mois, le vaccin fera potentiellement la même chose", "une seule injection ne sera peut-être pas suffisante", indique la Dr Katie Doores, principale auteure de l'étude, dans le Guardian. L'étude du prestigieux King's College de Londres, qui n'a pas encore fait l'objet d'un évaluation par des pairs, a été mise en ligne sur le site medrxiv.

Un désaveu de l'immunité collective

Les chercheurs ont étudié la réponse immunitaire de plus de 90 cas confirmés (dont 65 par tests virologiques) et montrent que les niveaux des anticorps neutralisants, capables de détruire le virus, atteignent généralement un pic trois semaines environ après l'apparition des symptômes, puis déclinent rapidement. La gravité du virus a elle aussi des conséquences sur la réponse immunitaire : plus les symptômes sont faibles, moins les anticorps résistent.

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Seuls 16,7% des personnes avaient encore de forts niveaux d'anticorps neutralisant 65 jours après le début des symptômes. Un désaveu pour les politiques tendant à l'immunité collective, supposées protéger tout le monde une fois qu'un pourcentage élevé de la population a été infecté.

Les spécialistes font toutefois remarquer que l'immunité ne repose pas que sur les anticorps, l'organisme produisant également des cellules immunitaires protectrices. "Même sans anticorps circulants détectables, vous avez probablement des cellules mémoire immunitaires qui peuvent entrer en action pour démarrer une nouvelle réponse immunitaire si vous rencontrez à nouveau le virus. Il est donc possible que vous contractiez une infection plus bénigne", avance la professeure d'immunologie virale Mala Maini, consultante à l'University College de Londres.

En attendant d'en savoir plus, "même ceux qui ont un test d'anticorps positif - en particulier ceux qui ne peuvent pas expliquer où ils ont pu être exposés - devraient continuer à faire preuve de prudence, de distanciation sociale et utiliser un masque approprié" avertit James Gill, professeur honoraire de clinique à la Warwick Medical School.

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