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Coronavirus : comment va fonctionner la certification des tests et des vaccins

Les résultats des tests PCR et antigéniques sont désormais authentifiés pour lutter contre les faux certificats. Les vaccins suivront fin avril. Des tests sont lancés pour permettre aux Français de montrer ces documents afin de voyager plus facilement avant la mise en place du certificat vert européen cet été.

Un certificat de vaccination avec un autocollant du vaccin AstraZeneca utilisé en Allemagne
Un certificat de vaccination avec un autocollant du vaccin AstraZeneca utilisé en Allemagne Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

La France est le premier pays européen à s'appuyer sur la certification électronique des tests de dépistage et de la vaccination contre la Covid-19 pour faciliter les déplacements de ses citoyens. Une sorte de pass sanitaire avant l'heure ouvrant la voie au dispositif européen.

Le gouvernement a annoncé lundi 19 avril que les résultats des tests PCR et antigéniques et les preuves de vaccination seront désormais certifiés grâce à une sorte de QR code. Avec un double objectif : lutter contre les contrefaçons et permettre aux autorités compétentes de vérifier plus rapidement leur authenticité lors des contrôles.

Des expérimentations débutent dès cette semaine pour permettre aux Français de présenter ces documents lors de leurs déplacements en avion entre le continent et la Corse (sur les vols Air Corsica et Air France) ainsi que les vols à destination de l'Outre-mer. Les tests seront ensuite étendus aux pays frontaliers avant une probable généralisation du système au niveau européen cet été, conformément au projet de certificat vert numérique développé par la Commission européenne.

Un QR code à télécharger ou imprimer

Depuis lundi, l'ensemble des résultats des tests PCR et antigéniques réalisés sur le territoire français sont officiellement certifiés. Les organismes habilités à réaliser ces prélèvements (centres de vaccination, médecins, pharmacies) font remonter les informations vers le système central Si-Dep de l'Assurance maladie afin de garantir leur authenticité. 

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Une fois le résultat de leur test reçu par mail ou par SMS, les patients se voient désormais remettre un document comportant une signature électronique attestant l'authenticité de leur dépistage. Ce certificat prend la forme d'un code-barres en 2D, un Datamatrix, conçu en lien avec l'ANTS, que l'on retrouve déjà sur les attestation de déplacements numériques et qui sera aussi utilisé pour certifier les informations des futures cartes d'identité biométriques. 

Ce code-barres en 2D contient les informations permettant d'authentifier le résultat d'un test Covid
Ce code-barres en 2D contient les informations permettant d'authentifier le résultat d'un test Covid Crédit : RTL

Ce code comporte les informations qui authentifient le certificat, à savoir l'identité de la personne, le résultat du test ou l'attestation de vaccination, le nom du médecin ou de l'établissement de santé qui a effectué le prélèvement ou l'injection, et les informations relatives à la politique sanitaire en vigueur, par exemple si le prélèvement a été réalisé il y a moins de 72 heures. Il pourra être scanné par les autorités assermentées lors d'un contrôle, à savoir une compagnie aérienne, la police ou la douane, qui verront s'afficher une couleur verte si le document est authentique ou rouge s'il est falsifié.

Les patients ont la possibilité d'imprimer ce document ou de le télécharger en format PDF sur leur smartphone. Il est aussi possible de le flasher avec son téléphone pour l'envoyer directement dans l'application TousAntiCovid, dotée depuis lundi d'un carnet numérique pour stocker ces preuves. Les personnes qui ne sont pas équipées d'un mobile peuvent demander à l'organisme qui a réalisé leur prélèvement une version imprimée sur papier.

Les tests certifiés depuis lundi, les vaccins fin avril

Le dispositif sera ensuite étendu aux vaccins, qui seront certifiés à partir du 29 avril. Comme pour les résultats de tests, les nouveaux vaccinés pourront récupérer un document papier dans leur centre de vaccination, à la pharmacie ou chez leur médecin, ou le télécharger en format numérique sur leur smartphone ou dans l'application TousAntiCovid. 

Les personnes vaccinées avant cette échéance pourront récupérer la preuve de leurs injections à partir de la fin mai depuis le site de l'Assurance maladie, où sera mis en ligne un portail dédié. Il sera aussi possible d'accéder à son historique de dépistage des trois derniers mois. Les identifiants du site Améli de l'Assurance maladie et ceux de FranceConnect pourront être utilisés pour se connecter. 

Enfin, un troisième certificat pourrait être lancé dans les prochaines semaines pour attester cette fois de l'immunité, ou du moins du rétablissement d'une personne déjà infectée par le virus sur la base de ses résultats de tests sérologiques remontés dans le fichier Si-Dep. Mais le gouvernement n'a pas encore donné les critères de ce statut qui s'annonce pour le moins sujet à controverse alors que les scientifiques n'ont pas encore établi la preuve qu'une personne remise du Covid-19 était prémunie contre une seconde infection.

Un système non obligatoire pour l'instant

Ce système d'authentification est une demande de l'Europe dans le cadre du certificat vert numérique. D'ici au 17 juin, chaque pays de l'Union européenne devra avoir mis en place un système d'authentification des tests et de la vaccination contre la Covid-19. Bruxelles espère ainsi sécuriser la réouverture des frontières et favoriser la reprise du tourisme cet été. L'idée est de permettre aux citoyens européens de circuler plus facilement entre les pays sans se soumettre aux périodes de quarantaine en échange de la présentation d'une preuve de vaccination, d'immunité ou d'un test négatif. 

Ce système ne revêt aucun caractère obligatoire pour l'heure. Il est tout à fait possible de continuer à voyager en présentant le résultat d'un test non certifié imprimé au format papier ou enregistré sur son smartphone. Mais les autorités ont bon espoir de voir la certification électronique être généralisée au niveau européen à l'issue de la phase expérimentale mi-juin.

L'objectif de l'Union européenne est de mettre sur pied un système central et interopérable que pourront interroger les compagnies aériennes, les policiers aux frontières ou les douaniers pour s'assurer rapidement que les documents présentés par les voyageurs sont authentiques. Les compagnies aériennes pourraient d'ailleurs intégrer prochainement ces certifications dans leurs parcours d'enregistrement sur leurs sites et applications mobiles. 

L'un des défis pour l'Europe sera de parvenir à encadrer strictement l'accès aux informations à l'intérieur de ces pass sanitaires - certaines relevant du secret médical - par les agents habilités à pratiquer les contrôles, afin qu'un policier ne puisse pas avoir accès à des informations trop précises sur l'état de santé d'une personne par exemple.

Pour le gouvernement, ce dispositif a seulement vocation à faciliter les déplacements entre les pays ou certaines parties du territoire. Il n'est pas question de l'utiliser pour conditionner l'accès à des lieux quotidiens comme les commerces, les cinémas, les cafés et les restaurants, voire les coiffeurs comme au Danemark. En revanche, il n'est pas exclu à ce stade que le système soit retenu pour les concerts, les festivals, les salons professionnels et tous les rassemblements impliquant de fortes concentrations de personnes. 

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