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Unai Emery et Hatem Ben Arfa : d'où vient le malaise ?

DÉCRYPTAGE - Unai Emery semble reprocher à son joueur son éthique de travail et son implication dans les schémas de jeu prônés par son équipe.

Unai Emery et Hatem Ben Arfa le 9 septembre 2016
Unai Emery et Hatem Ben Arfa le 9 septembre 2016 Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Arsenal, Caen, Dijon et maintenant Toulouse. Pour la quatrième fois de suite, Hatem Ben Arfa n'a pas été retenu dans le groupe du PSG, pour la 7e journée de Ligue 1, jeudi 22 septembre, à la veille de la rencontre. Un signe fort de la part d'Unai Emery, qui montre à la fois qu'il ne donne pas de passe-droit, qu'il est le patron de son équipe et souverain dans ses choix de composition d'équipe. Le Basque avait déjà tancé publiquement son joueur, avant de lui donner une chance en le titularisant face à Saint-Étienne

Mais "HBA" semble décevoir encore et réussir à se mettre aussi cet entraîneur à dos. Loin de la gestion aux petits oignons de Claude Puel dans un club à la dimension plus modeste, Hatem Ben Arfa semble être retombé dans ses travers et montre encore une incapacité chronique à s'adapter au très haut niveau. Pourtant le talent est là, rare, pur et reconnu en terme de potentiel. Mais celui qui devait être le meilleur joueur de sa génération n'y arrive pas et se retrouve encore une fois en conflit avec son entraîneur. 

Un surpoids et une éthique de travail suspecte

Le premier couac est sans doute arrivé au moment où Hatem Ben Arfa est rentré de vacances et s'est présenté aux Camps des Loges dans une forme plutôt indigne d'un footballeur professionnel. En surpoids et cible des moqueries sur les réseaux sociaux, le joueur n'avait peut-être pas digéré sa non sélection avec les Bleus à l'Euro. En tout cas, le maillot bien trop moulé sur sa "bouée" montrait bien qu'il fallait affiner la silhouette du dribbleur. "Hatem, à l’entraînement, c’est le dernier, mais pour manger, c’est le premier", plaisantait même David Luiz en début de saison sur PSG-TV. Revenu dans un grand club ambitieux en Ligue des champions, Ben Arfa n'envoyait pas le bon signal d'entrée, lui qui avait dit avoir changé. Mis sur le banc, avec quelques minutes données en fin de match pour prouver sa valeur, l'ancien joueur de l'OM n'a pas su non plus séduire son coach. 

"J’attends des performances plus élevées de sa part. Qu’il soit moins personnel et plus collectif", a expliqué Unai Emery en conférence de presse avant PSG-Saint-Étienne. "Il doit plus combiner avec ses partenaires. Qu’il fasse plus de travail défensif aussi", dévoile-t-il à propos de Ben Arfa. "Il réalise de bonnes séances d'entraînement. Je suis content quand un joueur travaille pour s’améliorer". Mais le joueur ne semble pas avoir fait ce qu'il faut, d'autant que son entourage laisserait entendre à la presse qu'Emery ne l'aime pas. Une manière peu habile de calmer les choses, et ce n'est pas en montant Ben Arfa contre son entraîneur que les choses vont s'améliorer. L'entraîneur a montré dans le passé qu'il ne se laissant pas faire, et l'attaquant du PSG quant à lui n'en est pas à son coup d'essai en matière de "clash" avec un entraîneur

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Foot - L1 - PSG : Emery «Ben Arfa ? Une décision sportive» Durée : |

Un habitué des "clashs" avec ses entraîneurs

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"Hatem est atypique. Il a un bon fond, mais il met ses entraîneurs dans la merde". Didier Deschamps avait eu des mots assez clairs en 2010, alors qu'il était entraîneur de l'OM et que Ben Arfa souhaitait quitter le club. "Quand il entre, il donne la sensation d'être un très bon joker. Quand il commence, ça dépend", avait-il décrit. Hatem Ben Arfa n'est pas fiable pour un entraîneur. Capable d'être magique mais aussi désespérant, l'entraîneur d'une équipe qui vise le haut de tableau peut difficilement prendre le risque d'en faire son homme lige. Et quand Hatem ne joue pas, il s'énerve. Lors de son bras de fer avec Marseille, il avait fait un passage houleux dans le bureau de du président Jean-Claude Dassier. "Hatem, il a mon portable, qu’il m’appelle", avait confié à la presse le patron du club. 

Parti à Newcastle, Hatem Ben Arfa avait fait quelques actions prometteuses, notamment un but marqué au terme d'un slalom entamé depuis son propre camp. Mais encore une fois l'irrégularité et l'éthique de travail suspecte du joueur ont fini par lasser Alan Pardew. "En tant que manager, vous avez différents types de francs-tireurs. Certains que vous pouvez perdre. Parfois, cela vous dépasse et ça devient problématique. Ben Arfa était devenu impossible à gérer", a confié l'entraîneur anglais en 2016 au Chronicle Live. Revenu à Nice pour se refaire une réputation, "HBA" avait été câliné par Claude Puel, qui passait certains caprices au joueur et le mettait au centre du jeu. Mais dans les gros clubs, on prouve d'abord et les passe-droits arrivent éventuellement plus tard. Et cela fait 10 ans que Ben Arfa doit prouver. 

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