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PSG : ces erreurs de la direction qui plombent le début de saison du club

DÉCRYPTAGE - Le Paris Saint-Germain fait un début de saison poussif, et une partie du problème réside dans les erreurs de la direction durant l'été.

Le président du PSG Nasser al-Khelaïfi le 14 septembre 2015.
Le président du PSG Nasser al-Khelaïfi le 14 septembre 2015. Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
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Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Le Paris Saint-Germain est 4e de la Ligue 1 après 7 journées. Avec 4 points de retard sur le leader niçois, et il n'y a certainement pas de danger imminent ni de risque majeur de catastrophe. Certes, le PSG ne sera sans doute pas champion avec 31 points d'avance sur son dauphin, mais la saison dernière était exceptionnelle, arrivant au terme d'un cycle, celui de Laurent Blanc et de Zlatan Ibrahimovic. Paris reste le favori à sa propre succession, néanmoins l'impression de crise perdure. En y regardant de plus près, celle-ci semble venir d'un jeu intermittent sur le terrain, mais aussi d'un flou artistique en coulisses

Ainsi, en déplacement à l'étranger depuis plusieurs semaines, le président Nasser Al-Khelaifi était discret, l'occasion d'enfin voir Patrick Kluivert dans son costume de directeur du football du club de la capitale. Une autorité nouvelle, qui prend ses marques, à l'image de l'équipe sur le pré vert. Un patron capable d'épauler l'entraîneur et de gérer d'éventuels caprices des joueurs. Enfin, serait-on tenté de dire. Car le club semblait jusque-là mal organisé pour certaines situations, car l'été de la direction a été marqué par des décisions tardives, voire inappropriées. 

Kluivert remplace Leonardo... 3 ans après son départ

En premier lieu, la réorganisation sportive a mis beaucoup trop de temps a se faire. Cela fait 3 saisons que Leonardo a quitté ses fonctions de directeur sportif du groupe, une fonction indispensable qui permet de faire tampon entre le sportif et la direction, qui évite au président d'avoir à se mêler du quotidien et de garder de la hauteur et de la distance. En étant proche des joueurs, en ayant des relations avec eux, Nasser Al-Khelaifi a franchi une sorte de ligne blanche qui a parfois fragilisé l'entraîneur, court-circuité par les joueurs qui s'adressaient au boss directement. La direction a donc pris les choses en main et Patrick Kluivert a pris le poste de directeur du football, un poste aux contours flous mais qui se rapproche de ce qui se fait dans les sports US avec les "présidents des opérations". 

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Impliqué dans le sportif, Kluivert doit être un soutien du coach et un garant de la stabilité et de la continuité du secteur sportif. Or, la nomination du Néerlandais est intervenu à la mi-juillet, très tardivement et après la nomination d'Unai Emery. Un timing maladroit, d'autant que les mercatos se préparent au moins 4 à 5 mois en amont, et pas 15 jours après l'ouverture officielle. Le PSG a donc installé sa nouvelle organisation en retard, trop tard, et le marché en demi-teinte montre qu'il n'a pas pu mener une politique d'envergure et de reconstruction. Un peu tancé par le Qatar après l'échec en Ligue des champions face à Manchester City, Al-Khelaifi a dû changé son fusil d'épaule en licenciant Laurent Blanc contre un très gros chèque (autour de 20 millions), en engageant Unai Emery fin juin, et en dotant enfin son club d'un patron du sportif mi-juillet. 

Personne pour gérer le Spleen de Thiago Silva ?

Nasser a cru pouvoir gérer le sportif en laissant Olivier Létang s'occuper des aspects techniques des dossiers. Le résultat n'a pas été concluant, et les changements sont survenus cet été donc, trop tard encore une fois, alors qu'il fallait s'occuper de dossiers délicats qui eux aussi plombent le début de saison du PSG. Ainsi, Thiago Silva a longtemps traîné son spleen, à la recherche d'une prolongation de contrat qui ne vient pas. Or, Patrick Kluivert voulait d'abord prend connaissance des dossiers avant de décider de la suite. Tout ce qu'il y a de plus logique, mais son arrivée tardive a repoussé sa prise de contrôle effective et empiété sur le début de saison. "O Monstro" a donc passé un été entre désir de nouveau contrat et contrariété. 

En effet, le PSG a refusé à Thaigo Silva la participation aux Jeux olympique de Rio avec le Brésil, ce que le capitaine du club a très mal vécu selon les informations qui remontent. Blessé puis peu fringant sur le terrain, le défenseur n'a pas vraiment débuté sa saison lui non plus. Un cas géré de manière compliquée, à l'image de celui de Blaise Matuidi. Annoncé partant jusqu'au dernier jour du mercato, d'autant qu'on prédisait une saison difficile dans le système Emery, le dossier n'a pas donné l'impression d'être traité comme celui d'un joueur cadre, prioritaire, alors que le joueur a souhaité partir. On ne voyait pas de différence entre le cas Stambouli et celui de l'international français, éternel bon soldat près à pallier ses limites techniques par un dépassement et un engagement de tous les instants. 

Hatem Ben Arfa, symbole malgré lui

La direction a donc fait preuve de désorganisation et a mal préparé sa saison, ce qui a sans doute des répercussions sur le terrain aujourd'hui. Et le cas Ben Arfa en est une illustration. Car l'ancien joueur de Lyon, Marseille et Nice est un choix personnel du président, qui voulait s'offrir le chouchou des fans français. Or, comment engager un joueur du style de Hatem Ben Arfa sans une validation complète de l'entraîneur ? Joueur créatif mais terriblement inconstant, peu adepte du replacement défensif ni de l'altruisme dans le jeu, Ben Arfa a 29 ans et a montré en plus de 10 ans qu'il n'est pas un joueur de gros clubs. Le talent est là, mais on attend son éclosion depuis le plus jeune âge du joueur. Si le PSG vise le plus haut niveau, il ne peut pas se permettre de recruter un joueur quasi trentenaire, qui désire être le joueur majeur de son équipe sans en avoir montrer l'étoffe à haut niveau. 

L'absence de Ben Arfa dans la liste des 23 de Didier Deschamps n'était pas un hasard ni le signe d'une rancœur du sélectionneur, car le jeune homme est de l'avis général plutôt agréable et attachant. Arrivé en plus hors de forme, "HBA" a eu sa chance en tout début de saison avec Unai Emery, mais il n'a pas convaincu. Confronté à une polémique qu'il ne comprend pas, concernant un joueur que le public ne connaît pas en Europe mais qui est sur-médiatisé en France, Unai Emery est envoyé en première ligne pour un joueur qu'il n'a pas choisi. Le genre de cas qui ne devrait pas se produire dans un club de cette envergure, preuve que l'organisation interne du club doit se mettre au niveau de ses ambitions sportives. 

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2016-09-28 09:52:52
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