3 min de lecture Euro 2016

Euro 2016 : pourquoi les pelouses sont-elles en si mauvais état ?

ÉCLAIRAGE - Les deux derniers matches de la France ont mis en lumière les mauvaises pelouses qui équipent bon nombre de stades de l'Euro.

Les jardiniers aux soins de la pelouse du Vélodrome pendant l'Euro, à Marseille le 10 juin 2016
Les jardiniers aux soins de la pelouse du Vélodrome pendant l'Euro, à Marseille le 10 juin 2016 Crédit : BORIS HORVAT / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon
Journaliste RTL

Depuis le début de l'Euro 2016 de football, tous les acteurs du tournoi s'accordent à dire que la plupart des pelouses, où l'herbe se fait de plus en plus rare, sont dans un piètre état et nuisent à la qualité des matches. Après France-Albanie, le 15 juin au Vélodrome, Didier Deschamps n'a pas mâché ses mots pour évoquer la qualité du terrain : "C'est un désastre". Sa réaction après Suisse-France au stade Pierre-Mauroy de Lille, où tous les joueurs luttaient pour ne pas glisser ou pour maintenir le ballon bien à terre ? "C'est désolant".

Face à ce problème, l'UEFA tente de préserver les plus mauvaises surfaces de jeu (repeintes en vert pour masquer les dégâts) en empêchant les équipes à s'entraîner dessus lors des veilles de match. Mais alors que la France se prépare depuis longue date à accueillir cet Euro, comment a-t-on pu arriver à une telle situation ?

Du déjà-vu...

C'est avant tout un souci perpétuel que ce championnat d'Europe met en lumière. En réalité, le problème des pelouses des stades français n'a rien de nouveau. Le Stade de France est par exemple régulièrement critiqué pour cela, même si les matches y sont plutôt rares. Chaque semaine, les supporters peuvent constater en Ligue 1 que que les terrains ne ressemblent vraiment pas à des billards. Avec une médiocre moyenne de 12,9/20, celui de Lille figure ainsi à la 16e place sur 20 du "championnat des pelouses" instauré par la Ligue. En tête de ce classement, on retrouve logiquement celle du Parc des Princes, bichonnée par Jonathan Calderwood, le jardinier britannique recruté à prix d'or par le Paris Saint-Germain. Le club de la capitale semble d'ailleurs être l'un des seuls à apporter un tel soin à ce qui doit être considéré comme l'outil de travail principal des footballeurs.

Pour expliquer cette mauvaise tenue des terrains, les observateurs avancent bien souvent l'argument de la propriété des stades. Comme les clubs professionnels ne sont pour la plupart que locataires de leur enceinte mise à disposition par les pouvoirs publics (hormis l'OL et le Gazélec), ce sont encore des jardiniers municipaux, pas forcément aux fait des besoins du football, qui se chargent de l'entretien de certaines aires de jeu. Mais différentes expériences montrent que des clubs, aux moyens bien inférieurs à ceux du PSG peuvent aussi prendre les choses en main. Troyes et Guingamp, dont les clubs n'accueillent aucun match de l'Euro, ont fait le choix d'intégrer un jardinier officiel dans leur staff ou d'avoir un référent pour s'occuper de leur gazon hybride, technologie qui suscite l'intérêt des plus grands clubs d'Europe.

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Mais les clubs sont-ils seuls responsables du mauvais état des pelouses pour cet Euro ? Après Suisse-France, Elisa, société gérante du stade de Lille, a rejeté la faute sur l'UEFA qui a la mainmise sur les stades depuis la mi-mai. "En prévision des matches de l'Euro 2016, l'UEFA a exigé le changement de la pelouse du stade Pierre-Mauroy, aux frais d'Elisa, malgré les différents rapports de l'expert missionné par la société démontrant que la pelouse existante offrait une bonne couverture végétale", explique dans un communiqué la filiale d'Eiffage qui déplore ainsi le travail réalisé par la société autrichienne Richter Rasen, choisie par l'UEFA.

Trois jours auparavant, c'est la Société française des gazons (SFG) qui appuyait un tacle sur l'UEFA : "Le consultant mandaté par l'UEFA a cru bon devoir intervenir, en particulier en faisant replaquer du gazon non compatible en provenance d'une société autrichienne sur les stades de Marseille, Lille, Nice, et ce, en dépit de l'avis hautement défavorable des spécialistes français tenus à l'écart du système UEFA".

De son côté, l'instance dirigeante du football européen rend la pareille, arguant "que les pelouses de Marseille, Lille et Nice ont dû être remplacées, leur état n'étant pas satisfaisant le 16 mai 2016". Elle concède cependant que les "conditions météorologiques extrêmement défavorables des dernières semaines", avec la pluie et le manque de soleil, n'ont pas vraiment aidé à ce que les nouvelles pelouses prennent bien. Et lorsque, au Vélodrome, c'est un concert de AC/DC qui a lieu un mois avant l'Euro, c'est encore pire.

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