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Diego Maradona, génie balle au pied qui ne doutait de rien en dehors des terrains

PORTRAIT - La légende du football argentin s'est éteinte mercredi 25 novembre à l'âge de 60 ans. "El Pibe de Oro" a marqué à jamais l'histoire du jeu mais restera aussi pour ses phrases choc et frasques à répétition.

Thomas Sotto RTL Soir Thomas Sotto iTunes RSS
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Diego Maradona, génie balle au pied qui ne doutait de rien en dehors des terrains Crédit Image : DANIEL GARCIA / AFP | Crédit Média : Philippe Sanfourche | Durée : | Date : La page de l'émission
Gregory Fortune
Gregory Fortune
et Isabelle Choquet

Tragique semaine pour les amoureux de sport. Au lendemain de la disparition brutale du rugbyman Christophe Dominici à l'âge de 48 ans et quelques heures après le décès du pionnier du tennis de table en France, Jacques Secrétin (71 ans), c'est la légende du football argentin Diego Maradona qui s'est éteinte, un peu plus de trois semaines après avoir fêté ses 60 ans.

Né le 30 octobre 1960 à Lanus, dans la Province de Buenos Aires, Diego Armando Maradona Franco de son nom complet fait sans doute partie des deux meilleurs joueurs de l'histoire avec le Brésilien Pelé. Au cœur des années 1980, "El Pibe de Oro" a illuminé les yeux des petits comme des grands par ses dribbles, son sens du but, ses envolées. En 1986, il porte l'Argentine sur le toit du monde quasiment à lui seul.

C'est au Mexique qu'il effectue la fameuse "Main de Dieu", ce but de la main que tout le monde semble avoir vu sauf l'arbitre face à l'Angleterre en quart de finale. Il signe même un doublé face aux Anglais (2-1) en trois minutes. Son deuxième but est époustouflant, sublime, irréel. Qui marque encore les deux buts du succès en demie face aux Belges ? Oui, Diego. En finale face à l'Allemagne de l'Ouest (3-2), il se contentera d'une passe décisive.

Admirer un tel champion, c'est admirer la poésie, l'art abstrait

Vargas Llosa, prix Nobel de Littérature 2010
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Des bons joueurs, des très bons, il y en a. Mais Maradona, c'était bien plus que ça. "Admirer un tel champion, c'est admirer la poésie, l'art abstrait, sans aucun contenu rationnel". L'hommage est signé Vargas Llosa, prix Nobel de Littérature 2010. Maradona n'a pas de supporters, il a des fans, comme une rock star. Ou des adeptes, comme ceux qui ont fondé l'église maradonienne, 100.000 fidèles dans le monde, tout de même. 

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Le numéro 10 qui a porté les couleurs de Argentinos Juniors, Boca Juniors, du FC Barcelone, de Naples, du Séville FC et des Newell's Old Boys, avait donc du talent, mais aussi une énorme confiance en lui. Du haut de son mètre 65, il ne doutait de rien, et surtout pas de lui-même. Orgueil et de rage de vaincre. La langue bien pendue, toujours prêt à lâcher la formule qui claque, souvent pour débiner ses concurrents comme Lionel Messi ou même le roi Pelé. 

La "Main de Dieu", il ne l'a jamais regrettée

Dans les faubourgs de Buenos Aires, le petit Diego a appris la loi du plus fort, la "viveza criolla". Pour lui, la fin justifie toujours les moyens. La "Main de Dieu", il ne l'a jamais regrettée. "Je vous ai volé le portefeuille et vous n'avez pas cligné des yeux", dira-t-il aux Anglais, comme un pickpocket du ballon. La malhonnêteté, la fourberie, il assume. Pendant longtemps, aux contrôles antidopages, il présentait un pénis en plastique rempli de l'urine d'un coéquipier.

Il faut dire qu'il en avait des choses à cacher. Le nez dans la coke jusqu'aux yeux : il en plaisantait. "Si j'avais été narcotrafiquant, je serais mort de faim". Pas avare d'une provocation, en 1991, il participe à un match amical organisé par Pablo Escobar, dans sa prison en Colombie. À Naples (où il remporte la Coupe de l'Uefa en 1989), il fraye avec la Camorra. Sa vie est faite de sorties en boîte, de bagarres, d'infidélités et d'enfants illégitimes. 

En fait, il abusait de tout

En fait, il abusait de tout, alcool, cigares, nourriture. No limit. Il frôle la mort mais se pense immortel. Pathétique et grandiose. Bravache surtout, éternel sale gosse des bidonvilles. Sur son bras droit, il a tatoué le Che, sur sa jambe gauche Fidel Castro. "El Pibe de Oro, le gamin en or, est un peu la voix des pauvres d'Argentine. Celui qui apostrophe le pape sur la misère : "putain mec, fais quelque chose !". Insolent, révolté. Pour le cinéaste Emir Kusturica, c'est le Sex Pistol du foot. Un punk. No future. Mais l'éternité d'une légende.

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