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Juninho Bacuna s'échauffe lors d'un entraînement la veille du premier match de Curaçao à la Coupe du monde face à l'Allemagne, au Flagler Credit Union Stadium, le 13 juin 2026, à Boca Raton, en Floride.
Crédit : Megan Briggs / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
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On a rarement eu un tel gouffre entre deux sélections. Pour la première participation de son histoire à la Coupe du monde, Curaçao a le droit un sacré baptême du feu contre l'Allemagne et ses quatre étoiles, dimanche 14 juin (diffusé à 19h sur M6 et M6+ en direct) au NRG Stadium de Houston. Engagée dans l'un des groupes de la mort avec la Côte d'Ivoire et l'Équateur, la sélection de cette minuscule île des Caraïbes, située à 60 kilomètres des côtés du Venezuela, devra tâcher de bien figurer et éventuellement glaner un point historique, ce qui serait un authentique exploit.
C'est simple, avec environ 160.000 habitants, ce territoire de 444 km² (soit l'équivalent de la ville de Dijon) est la plus petite nation jamais engagée dans un Mondial devant l'Islande en 2018. Pour y parvenir, l'équipe s'est sortie des éliminatoires de la zone Amérique du Nord, non sans profiter de l'absence des co-hôtes du tournoi - Mexique, Canada et États-Unis - qualifiés d'office.
Néanmoins, ils ont déroulé en patrons. En 10 matchs de qualification depuis juin 2024, la Blue Wave de Curaçao a tout emporté sur son passage, réussissant à préserver son invincibilité (7 victoires, 3 nuls). Classée 82e à la Fifa, elle a d'abord enchaîné quatre victoires contre Haïti, Aruba, Sainte-Lucie et la Barbade pour prendre la première place d'une première poule et accéder au tour suivant.
Derrière, il s'agissait de terminer en tête d'un nouveau groupe de quatre équipes avec Trinité-et-Tobago, les Bermudes, écrasés 7-0 chez elle, et la Jamaïque, pourtant grande favorite. Qu'importe pour les Curaciens, qui ont d'abord battu les Reggae Boys à domicile (2-0). Avant un match nul à Kingston le 18 novembre dernier (0-0), gravé à jamais dans les mémoires de leurs fans, jusqu'ici essentiellement connus pour l'alcool de la même couleur qu'ils produisent.
De quoi largement surpasser le principal fait d'armes de la nation jusqu'ici : un quart de finale à la Gold Cup, équivalent de l'Euro en Amérique du Nord, en 2019. Il y a un an, elle avait d'ailleurs pris la porte de cette compétition dès le premier tour.
Comme l'Ouzbékistan, la Jordanie et le Cap-Vert, cet État autonome au sein du royaume des Pays-Bas, depuis la dissolution des Antilles néerlandaises en 2010, est donc néophyte dans le tournoi cet été. L'influence batave est logiquement très présente au sein de cette sélection : 25 des 26 joueurs sont nés au pays des tulipes. Preuve de l'importance de la diaspora.
Idem pour le sélectionneur. Après Guus Hiddink et Patrick Kluivert, c'est désormais le coach néerlandais Dick Advocaat qui officie à 78 ans, avec notamment trois passages à la tête des Pays-Bas depuis 1992 sur son CV. À noter qu'il a bien failli ne pas emmener ses ouailles au Texas, ayant été contraint de démissionner en février pour s'occuper de sa fille malade. Réclamé par son groupe, il sera finalement bien là après l'éphémère passage de son compatriote Fred Rutten, avec qui la greffe n'a pas pris en mars, avec deux défaites contre la Chine (0-2) et l'Australie (1-5).
Absent en Jamaïque pour la qualification, celui qui battra le record du plus vieux sélectionneur d'une Coupe du monde masculine a façonné la Familia Azul. "Tout le monde connaît Dick Advocaat, c'est un grand nom et un grand entraîneur", a expliqué Juninho Bacuna, le coéquipier et frère du capitaine Leandro Bacuna sur les ondes de BBC Radio 5 Live fin 2025. "Tout le monde le respecte pour sa façon de travailler. Sa présence est vraiment importante pour nous en tant qu'équipe, et aussi pour le pays lui-même. Son impact a donc été considérable. Nous avons constaté une forte progression au sein de l'équipe dans notre façon de travailler, dans notre façon de combattre pendant les matchs".
Au niveau de son effectif, on retrouve des joueurs habitués du championnat néerlandais mais aucune réelle star. Les deux éléments les plus connus sont l'ailier de Sheffield United, Tahith Chong (le seul né à Curaçao de la bande), passé notamment par Manchester United avec qui il avait éliminé le PSG en Ligue des champions en 2019, et l'attaquant Jürgen Locadia, ex-pensionnaire de Premier League à Brighton.
Ce dimanche, ceux qui ont fait parler d'eux en optant pour un bus scolaire tout bleu, sans vitre et avec la musique à fond, comme véhicule de transport officiel aux States, vont tenter de tenir tête à la sélection d'outre-Rhin de Julian Nagelsmann et ses stars à l'image de Florian Wirtz, Jamal Musiala et Joshua Kimmich.
Le rêve ? Plus qu'éviter une déroute face à des Allemands habitués à ne jamais se priver pour aligner des gros scores, ce serait de parvenir à inscrire un premier but sur une telle scène. Face à Manuel Neuer, sorti de sa retraite internationale à 40 ans, le défi est séduisant.
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