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Le skieur Clément Noël lors de la deuxième manche du slalom de Coupe du monde à Schladming, le 28 janvier 2026.
Crédit : Hans Peter Lottermoser / APA-PictureDesk / APA-PictureDesk via AFP
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Une densité insoupçonnée il y a encore quelques mois. Cet hiver, le ski alpin français s'est particulièrement illustré avec trois victoires en slalom et huit autres podiums de Coupe du monde. À 20 courses de la fin de la saison, le clan tricolore a déjà fait mieux que le difficile exercice 2024-25 (quatre victoires et quatre podiums), marquée par un zéro pointé au nombre de médailles aux Mondiaux de Saalbach.
Le temps où Fabien Saguez, le président de la Fédération française de ski (FFS), tirait la sonnette d'alarme en parlant d'athlètes ayant "sous-performé" et d'un "bilan décevant", sur Franceinfo: sport, semble loin.
"Cette année, il y a une belle équipe de France, surtout chez les garçons", confirme pour RTL Nastasia Noens, 7e de la Coupe du monde 2016 de slalom et désormais retraitée. De bon augure, alors que les épreuves des JO de Milan-Cortina débutent ce samedi 7 février avec la descente masculine, sur la piste du Stelvio de Bormio. Dans le sillage du champion olympique de slalom à Pékin 2022 et porte-drapeau, Clément Noël, qui concentrait jusqu'ici toutes les espérances bleues, depuis la grave blessure de l'as de la descente Cyprien Sarrazin en décembre 2024, plusieurs talents se sont affirmé.
Vainqueur, lui aussi en slalom, à Gurgl et Adelboden, Paco Rassat s'est fait un nom auprès du grand public, à 27 ans. "Tout le monde savait qu'il skiait bien mais il a fallu ce déclic. Tout s'est enchaîné pour lui, il n'avait encore pas montré grand-chose mais a produit un ski hyper solide. L'année des Jeux ? Pourquoi pas rêver, il est capable de devenir champion olympique", s'enthousiasme Nastasia Noens, qui commentera les épreuves pour Eurosport.
Respectivement troisième du géant d'Adelboden et de la descente à Kitzbühel, Léo Anguenot et Maxence Muzaton ont également montré que le réservoir français était performant. "Après les Championnats du monde de Méribel-Courchevel en février 2023, on est repartis avec des jeunes. Aujourd'hui, ça commence à payer un peu partout, l'émulation amène beaucoup à l'intérieur de ce groupe. On se nourrit de ça", reconnaissait le responsable des techniciens français, Kevin Page, à L'Équipe en janvier.
Pour Nastasia Noens, la recette est simple, particulièrement chez les slalomeurs : "Il y a cette émulation hyper forte, avec Clément Noël, qui tient les rênes du groupe depuis un moment", avec son expérience et son aura internationale. Ajoutez à cela un collectif qui se connait par cœur - Léo Anguenot, Paco Rassat et Steven Amiez (7e à Adelboden), évoluant par exemple ensemble depuis leur pré-adolescence - et vous obtenez une rude mais saine concurrence, qui tire tout le monde vers le haut.
"Avec la dynamique qu'on a et l'énergie des athlètes, on est là pour aller chercher une médaille en descente, en super-G, en combiné, en géant et en slalom. On connaît tous la valeur du gratin mondial, mais on a envie de faire partie de la bataille", assure d'ailleurs à l'AFP Frédéric Perrin, responsable de l'équipe de France masculine. "On n'est pas d'accord sur tout. Des fois, on s'engueule. Mais ce qui caractérise notre groupe, c'est qu'on est vraiment unis, solidaires", rappelle également Nils Allègre, qui inclut ses coéquipiers non sélectionnés pour les JO qu'on "n'oublie pas".
Car avec cette densité française, il a été difficile jusqu'au bout de trancher pour distribuer les différents quotas : Victor Muffat-Jeandet (en bronze aux JO 2018 en combiné alpin) et le tout jeune Flavio Vitale ont été laissés à quai, contrairement par exemple à Nils Alphand. Malgré l'octroi d'une huitième et dernière place supplémentaire chez les hommes, contre toute attente, le vainqueur du gros globe de cristal 2021 et multi-médaillé (olympique et mondial), Alexis Pinturault, a également été écarté.
"C'est horrible pour lui de ne pas faire les Jeux sur sa dernière saison, parce qu'il a un palmarès de dingue. Mais il faut faire des choix et prendre une équipe qui peut aller jouer les médailles et qui a obtenu des podiums pendant l'hiver", analyse Nastasia Noens, pour qui la sélection sur le gong d'Alban Elezi Cannaferina est "complètement méritée" au vu de sa troisième place sur le géant à Schladming fin janvier. "Il y a des générations un peu plus fortes à des moments, comme chez les garçons en slalom ou en géant. Ils font un gros travail chez les jeunes [à la Fédération] et ça paye avec cette équipe de France, entre fleur de l'âge et expérience", poursuit-elle.
En revanche, le bas blesse toujours chez les femmes. C'est simple : depuis 15 ans, seule Romane Miradoli est parvenue à décrocher un succès tricolore en Coupe du monde, si l'on exclut l'iconique Tessa Worley, retraitée depuis 2023. "Il y a eu moins de moyens que chez les garçons", aboutissant notamment à une génération "sacrifiée" pour les natives des années 1990 avec la disparition d'un groupe juniors. "Maintenant, ils l'ont remis et il y a une belle reconstruction chez les filles, une motivation aussi pour les jeunes qui arrivent et sont bien entourées. Au fur et à mesure, on va avoir des résultats", prédit Nastasia Noens, avec un objectif clair pour les JO 2030 dans les Alpes françaises.
En l'état, la Septimontaine Romane Miradoli semble la plus à même de lancer la dynamique dès cette année, en s'invitant sur la boîte olympique à Cortina, où elle a déjà signé un podium sur le super-G en 2024. À 31 ans, elle est actuellement au contact de la troisième place de Lindsey Vonn - tombée à Crans-Montana mais partante en dépit d'une rupture d'un ligament croisé du genou - au classement de cette spécialité en Coupe du monde. Mais Nastasia Noens ne veut pas non plus enterrer les espoirs des autres skieuses tricolores avec "des grosses chances sur le combiné par équipes". Autant d'ambitions, qui témoignent d'un ski alpin français régénéré à tous les étages.
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