1. Accueil
  2. Sport
  3. Autres sports
  4. Tour de France 2022 : pourquoi la course ne fait pas vraiment le tour de la France
3 min de lecture

Tour de France 2022 : pourquoi la course ne fait pas vraiment le tour de la France

ÉCLAIRAGE - La 109e édition de la Grande Boucle, qui s'élance vendredi 1er juillet de... Copenhague, délaisse comme souvent une très large partie de la France. Tout cela s'explique.

Le peloton du Critérium du Dauphiné le 11 juin 2022
Le peloton du Critérium du Dauphiné le 11 juin 2022
Crédit : Marco BERTORELLO / AFP
Gregory Fortune
Gregory Fortune

Chaque année, lorsque le parcours est dévoilé en octobre ou que la course s'apprête à s'élancer en juillet, certains s'en étonnent, s'en offusquent : le Tour de France ne fait pas vraiment le tour de l'Hexagone. Le parcours de l'édition 2022 (3.346,5 km) risque même une nouvelle fois de faire bondir celles et ceux qui s'attendent à un tracé longeant les frontières et les côtes. 

D'une part le départ a lieu loin, très loin de Paris, à Copenhague, situé à 1.028 km au Nord-Est de la capitale française à vol d'oiseau - 24e départ de l'étranger, le plus septentrional de l'histoire. D'autre part, de retour sur le territoire français, la course épouse grosso modo les frontières du Nord et de l'Est, traverse le pays via Saint-Étienne et Rodez après la traversée des Alpes et remonte vers Rocamadour après les Pyrénées et avant le transfert en avion vers Paris. 

Autrement dit, l'Ouest et le centre du pays sont totalement délaissés. Alors, y a-t-il tromperie sur la marchandise ? Pourquoi appeler Tour une course qui ne visite jamais toutes les régions la même année ? Premier élément de réponse : le terme Tour ne signifie pas que le tracé doive épouser une boucle homogène. Il annonce que la course se dispute le plus souvent par étapes. Ensuite, pour dessiner une Grande Boucle, les contraintes se révèlent multiples. 

3.500 km maximum

Elle sont d'abord réglementaires puisque l'Union cycliste internationale, le pouvoir sportif, exige des plafonnements de distance (3.500 km au total), de nombre de jours de course (21) et oblige les organisateurs à prévoir au moins deux journée de repos. Au maximum, cela offre donc la possibilité de disputer 21 étapes de 167 km en moyenne. Or, le pourtour de la France est de 6.718 km (2.913 de frontières, 3.805 de littoral). Ce qui ferait des étapes de 319 km en moyenne sur trois semaines.

À lire aussi

De Lille à Marseille en passant par Metz, Strasbourg, Besançon, Lyon, Nice et Toulon, il y a déjà environ 1.750 km. La distance Marseille - Bayonne via Montpellier, Perpignan et Lourdes est de 855 km. Ajoutez 1.490 km pour la remontée jusqu'au Havre par Bordeaux, Nantes, Quimper, Brest, Saint-Brieuc et Cherbourg, et encore 200 pour rejoindre Paris depuis la Normandie. Sans longer les côtes au millimètre, la distance atteint 4.295 km.

Les habitants du centre de la France seraient délaissés

Même les plus sceptiques conviendront, primo, qu'il est impossible d'effectuer un véritable Tour de France en vertu des règles de l'UCI, et sans crier aux soupçons de dopage, secundo, que la répétition d'un tel parcours chaque année risquerait de manquer d'intérêt, tertio que la plupart des habitants du pays serait là aussi privé du spectacle (à commencer par ceux de Clermont-Ferrand).

Dès lors, les organisateurs prennent le parti chaque année de bâtir une course qui, en alternance, se rend dans toutes les régions, sur des terrains de jeu les plus variés possibles, favorables à tous les types de coureurs, tout en faisant la part belle à la géographie et au patrimoine du pays. 

Une seule règle, non écrite, figure au cahier des charges de façon systématique : se rendre dans les Pyrénées et les Alpes, sans ordre précis. Pour le reste, il suffit de superposer les tracés des 20 dernières années pour se rendre compte que de nombreux départements ont eu le loisir de voir passer le Tour au moins une fois.

Aller dans toutes les régions au moins une fois tous les cinq ou six ans

Christian Prudhomme, directeur du Tour de France

En poste depuis 2006, la patron de la course Christian Prudhomme, affiche régulièrement sa volonté "d'aller dans toutes les régions au moins une fois tous les cinq ou six ans" tout en soulignant que "si l'on trace une ligne droite du nord de l'Alsace au Pays Basque, il n'y a pas de montagne à l'ouest. Mais il est hors de question que l'on n'y aille pas". 

Largement servi en 2014, 2018 et 2021, la Bretagne est l'un des grandes absentes cette année. Mais de même que le Grand Ouest ou la Normandie, elle reviendra bientôt, à coup sûr. "Le lieu du Grand Départ est également un élément évidemment déterminant pour l'ensemble du parcours", ajoute le directeur du Tour.  

Par ailleurs, les organisateurs assurent être parfaitement autonomes dans leurs choix, tant vis-à-vis des équipes ou des coureurs que des diffuseurs. "On pense bien sûr à la télévision qui magnifie les paysages du Tour et de la France mais la télévision s'adapte aux parcours du Tour. La France est belle et variée, c'est une chance immense", conclut Christian Prudhomme. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/