3 min de lecture Romain Grosjean

Romain Grosjean : "Sur le coup, j'ai appelé la mort Benoît", explique le pilote sur RTL

INVITÉ RTL - "Pour moi, je me suis retrouvé à 10 centimètres de la mort", confie le pilote franco-suisse de 34 ans, un peu plus de deux mois et demi après son effroyable accident au Grand Prix de Bahreïn.

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Romain Grosjean est l'invité d'Alba Ventura Crédit Image : ANDREJ ISAKOVIC / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Alba Ventura Journaliste RTL

Un peu plus de deux mois et demi se sont écoulés depuis son effroyable accident au Grand Prix de Bahreïn, le dimanche 29 novembre, au volant de sa Haas. Prisonnier des flammes durant 28 secondes, Romain Grosjean est finalement parvenu à s'extraire de sa monoplace, sain et sauf, avec seulement des brûlures aux mains. Si son aventure en Formule 1 s'est arrêtée ce jour-là, le pilote franco-suisse de 34 ans a vite retrouvé un défi : il pilotera dans le championnat nord-américain IndyCar en 2021.

Dans quel état, physique et mental, se trouve-t-il à l'aube de cette nouvelle page de sa carrière, riche de 179 GP de F1 et 10 podiums ? "Ça va, assure-t-il sur RTL, avant de détailler : Vous savez, les brûlures ça prend du temps. C'est ce qu'on m'a dit au début, et quand on est pilote de Formule 1 et que toute sa vie on a voulu aller vite, le temps ce n'est pas quelque chose qu'on aime prendre. C'est vraiment au niveau de la main gauche qu'il y a le plus de blessures. Ce n'est pas agréable, ça tire, ça pique, ça gratte. Mais je ne vais pas me plaindre, et puis on sait que, dans peut être six mois, ça ira mieux".

"Ce qui est assez fou, c'est que je n'ai pas perdu conscience, reprend-il. Ça m'a sauvé la vie, mais c'est difficilement explicable. Mais bien évidemment ça fait partie de ma vie. Ces 28 secondes ont marqué je pense l'année sportive 2020 d'une manière générale, ma carrière bien sûr. Après, moi je n'en rêve pas, je ne fais pas de cauchemar, je n'y pense pas plus que ça, hormis bien évidemment quand je regarde ma main gauche qui est meurtrie. C'est difficile de l'oublier. Je ne l'oublierai jamais".

À un moment, pour moi, c'était terminé

Romain Grosjean
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Romain Grosjean rappelle ensuite comment il est parvenu à s'extraire de sa voiture en feu. "Ne pas paniquer, c'était important. Je suis quelqu'un de très cartésien. J'ai d'abord essayé de sortir de la voiture de la manière normale. ça ne fonctionnait pas (...) Je me suis rassis, j'ai essayé de comprendre. Ensuite j'ai essayé une technique un peu différente (...) Mais c'est vrai que oui, à un moment, pour moi, c'était terminé et j'allais rester dans la voiture indéfiniment".

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Devant cette situation, il confie avoir donné un surnom à la mort. "Oui, effectivement. Sur le coup, je l'ai appelée Benoît. Ça n'a aucun rapport avec qui que ce soit que je connais, vraiment. C'est juste que... Vous savez, la mort personne n'est revenu pour nous dire comment c'était. C'est une notion qu'on connait tous, avec laquelle on vit tous les jours. Mais ce n'est pas tous les jours qu'on se retrouve... Pour moi, je me suis retrouvé à 10 centimètres de la mort. J'ai besoin de mettre des chiffres et des mots dessus (...), de l'appeler et de la matérialiser".

J'ai dit 'non, ce n'est pas possible'

Romain Grosjean
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Voir la mort d'aussi près. Comment s'est-il alors senti ? "Ça a été un moment où j'étais en paix avec moi-même. Le corps se relâche presque un petit peu et..." Romain Grosjean marque un temps de silence puis reprend : "et ouais, vraiment presque au bout à se relâcher, à se laisser aller, à être en paix avec soi-même, et à ne pas partir stressé ou tendu ou énervé. Et finalement je pense que pour mon cerveau c'était aussi un peu un bouton 'reset' (réinitialisation, ndlr). Ensuite, j'ai pensé à mes trois enfants et j'ai dit 'non, ce n'est pas possible (...) Il faut que je trouve une solution'".

"C'est clairement l'entraînement physique et toutes ces heures passées dans les salles qui m'ont sauvé la vie. Mes enfants me demandaient tout le temps mais pourquoi tu vas à la gym ? Pourquoi tu fais ça ? Je leur ai toujours expliqué que ça fait partie de mon travail (...) En cas d'accident, il faut que le corps résiste. Depuis l'accident, ils ne me posent plus la question, je crois qu'ils ont compris".

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