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Quand le Tour de France sert aussi à admirer le patrimoine hexagonal

Le Tour de France c’est aussi le tour de la France. À la veille du départ de la Grande Boucle, le magazine "Pédale" nous raconte les coulisses des images patrimoniales filmées parallèlement à la compétition.

Le peloton du Tour de France le 1er septembre 2020
Le peloton du Tour de France le 1er septembre 2020
Crédit : KENZO TRIBOUILLARD / AFP
Le Tour de France, une autre façon d'admirer l'Hexagone
04:09
Le Tour de France, une autre façon d'admirer l'Hexagone
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Isabelle Choquet

Ce vendredi 25 juin, à la veille du départ du Tour de France, partons sur ses routes, pour admirer le paysage. Parce que selon l’expression consacrée, le Tour de France c’est aussi le tour de la France. Mais quelle France ? C’est le magazine Pédale qui se pose cette question. Pédale, le hors série de So Foot consacré au cyclisme qui revient chaque année comme la caravane  Cochonou et l’arrivée sur les Champs-Elysées. 

Le Tour, c’est comme une carte postale, il manque toujours certains détails. L’entrepôt Amazon, la cour pelée où moisissent des vieilles Citroën à moitié rouillées, l’entrée de ville avec son rond-point à palmiers et son vendeur de piscine. “Il y a une image de la France qui rend mieux", reconnaît Jean-Maurice Ooghe, le réalisateur du Tour jusqu’en 2019. "En gros c’est celle de Mitterrand sur son affiche électorale, avec l’église au milieu du village”. 

Son successeur Anthony Forestier confirme: “on améliore un peu la réalité”. Lui, dès l’annonce du parcours, il fonce sur Google Map pour pointer les châteaux, les cascades…

Deux hélicoptères et "une bible de la France”

Une partie de son travail, c’est de régler la chorégraphie des deux hélicoptères, l’hélico course et l’hélico beauty. “Il y a les sites pile sur les tracé", dit Forestier, "ça c’est assez simple. C’est plus compliqué quand le patrimoine est en dehors du parcours. Là, je dois envoyer l’hélico, attendre qu’il se place. Au signal, je préviens le commentateur dans le casque: ‘je t’envoie la Côte de Granit Rose’. Il fait ses 50 secondes. Et l’hélico beauty part sur le prochain site, ou alors il remplace l’hélico course qui, lui, doit aller faire le plein.”

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Un ballet aérien orchestré par un plan de vol d’une vingtaine de pages par étape, avec une soixantaine de sites à filmer chaque jour. Ce plan a son équivalent historique : le book commentateur. Cette année il fera 450 pages, “c’est une bible de la France”, dit le rédacteur. La bible d’une grand-messe que chacun célèbre à sa façon... 

Un “consultant patrimoine”

Car après, tout dépend du commentateur. Celui qu’on appelle aujourd’hui le “consultant patrimoine”. Poste créé au début des années 2.000.“J’avais commencé à développer les images patrimoine", dit Jean-Maurice Ooghe, "mais à la fin d'une étape, Patrick Chêne m'avait attrapé: ‘Jean-Maurice, je n’ai rien à dire là-dessus’. À l'antenne, ça se limitait à ‘regardez ce beau château, c’est superbe, merci Jean-Maurice pour ces belles images’”. 

Sur la moto-son, en revanche, il y en a un qui ne rate pas une occasion de digresser sur les vieilles pierres, entre deux attaques et une crevaison, c'est Jean-Paul Ollivier, commentateur du Tour depuis 79. Sauf que la caméra n’est pas forcément au même endroit que lui. Donc il y a un décalage entre le son et l’image. Les téléspectateurs râlent. Charles Biétry, alors directeur des sports de France Télévisions, décide donc de coller Ollivier en cabine, sur la ligne d’arrivée: consultant patrimoine. Ollivier, lui, parle de "journalisme paysager”.

Du "journalisme paysager”

Un journalisme aussi indispensable au tour que les commentaires sportifs. Car avouons-le: parfois, suivre 150 coureurs sur une départementale, comme l’écrit Pédale, "c’est aussi passionnant que de regarder de la peinture sécher". Et on le sait depuis longtemps: près de 8 téléspectateurs sur 10 se posent devant le Tour pour regarder les images. Le truc d’Ollivier, ce sont les anecdotes : “Par exemple, on passait devant le château de Mauriac, dans le Tarn, et plutôt que d’expliquer son histoire, je racontais qu’Annie Girardot y avait tourné un téléfilm. Quand on passait dans les Alpes de Haute Provence, je racontais l’affaire Dominici”. 

Depuis 2017, c’est l’historien Franck Ferrand qui officie Ferrand qui jure que sur le Tour, il s’efforce d’être impartial. Mais bon, il y a des limites. “Citez-moi une seule chose qui s’est faite dans ce pays dans les cinquante dernières années", dit-il. 'La pyramide du Louvre?'. Arrêtons avec ça! C’est iconique, oui, mais ce n’est pas une belle chose”.

Ferrand raconte la France éternelle, calice et fleur de lys. Cette année, il a coché l’étape 6, Tours-Chateauroux : 160 kilomètres entre les vignes du Vouvray et les châteaux de la Loire. “Je vais mettre le paquet", dit-il, "je sais que ce jour-là on va me laisser le micro.” A la fin, tout ce qui compte, c’est de rompre l’ennui qui s’étire parfois à longueur de boyau. Pour cela, Jean-Paul Ollivier a un secret: “Je raconte aux gens ce que j'aimerais qu’on me raconte”. Pas mieux. 

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