1. Accueil
  2. Culture
  3. Médias et people
  4. Hommage à Ménie Grégoire, grande figure de RTL
3 min de lecture

Hommage à Ménie Grégoire, grande figure de RTL

Aujourd’hui, hommage à un grand nom de la radio, un grand nom de RTL… Ménie Grégoire, racontée par sa petite-fille.

Hommage à Ménie Grégoire, grande figure de RTL
Hommage à Ménie Grégoire, grande figure de RTL
Crédit : MYCHELE DANIAU / AFP
Ménie Grégoire, figure de RTL, racontée par sa petite-fille
04:16
Ménie Grégoire, figure de RTL, racontée par sa petite-fille
04:12
Isabelle Choquet

Elle s’appelle Adèle Bréau et figurez-vous qu’elle travaille pour Marie-Claire. C’est donc là qu’on peut lire, à hauteur d’enfant, le portrait de celle qui a tant fait pour la cause des femmes

Adèle se souvient, quand elle était môme et qu’elle se promenait avec sa grand-mère, régulièrement, une inconnue surgissait et se précipitait vers elle, toute émue : "Ménie, c’est bien vous?". Et la petite Adèle ne comprenait pas comment ces femmes se permettaient autant de familiarité. En même temps, elle voyait bien que sa grand-mère n’était pas comme les autres. 

À 65 ans, elle se rendait chaque jour au "journal " comme elle disait. La petite Adèle connaissait aussi les lettres entassées dans de grandes boîtes en carton dans le grenier de la maison en Touraine. "Vous êtes ma mère, ma sœur, ma seule amie". Des lettres, et des photos aussi : Ménie devant le gros micro RTL, qui est devenu son quotidien en 1967, elle était déjà proche de la cinquantaine.

"Pouvez-vous faire parler les femmes ?"

C'est que rien ne la prédestinait à devenir cette immense star écoutée chaque jour par trois millions d’auditeurs, et surtout d’auditrices… Elle était née à Cholet, dans une famille très traditionnaliste. Née un 15 août, baptisée Marie, Marie Laurentin. Pendant la guerre, elle monte à Paris pour suivre des études d’histoire de l’art, pas banal à l’époque. Elle fait un beau mariage avec un conseiller d’État, elle lui donne trois filles. Vie parisienne, vie bourgeoise. L’histoire aurait pu s’arrêter là. 

À lire aussi

Marie fait une psychanalyse, et elle a soudain envie d’autre chose. Elle se rebaptise Ménie, devient conférencière et va parler des Françaises aux États-Unis, en Italie, en Norvège. En Suède, elle découvre le planning familial. Et elle décide alors d’écrire sur la condition féminine. "Madame, avec les femmes, vous n’allez intéresser personne" lui dit un éditeur à qui elle propose son manuscrit. Son livre, Le métier de femme, sera un best-seller. 

Ménie Grégoire écrit dans la revue Esprit, dans Elle, dans Marie Claire. Et Jean Farran la remarque. Jean Farran, c’était alors le tout nouveau directeur de RTL, un visionnaire, qui voulait donner la parole aux auditeurs. Et aux auditrices. Il la contacte. "Vous connaissez les femmes, paraît-il. Pouvez-vous les faire parler ?". 

Le 10 mars 1967, Ménie Grégoire répond à l’antenne à la lettre d’une lectrice de Elle. Le lendemain, une trentaine d’autres arrivent à la rédaction. Et puis des centaines, des milliers de lettres qui vont s’entasser dans les locaux de la rue Bayard. 

Engagée au service de la condition des femmes

Partout dans les voitures ou dans les tracteurs, on l’écoute. On planque son petit poste de radio dans le tiroir de bureau pour écouter la voix feutrée de "la Dame de cœur". On part à vélo trouver un téléphone aux PTT, souvent dans un village voisin. Entre 67 et 81, Ménie a reçu 100.000 lettres qui racontent l’époque. Face à certaines situations tragiques, une assistante sociale rattachée à l’émission est parfois envoyée en urgence dans un foyer dévasté. 

Mais le grand sujet, c’est l’avortement : "Mes lettres sur ce thème doivent faire au moins 100 m de longueur", disait-elle. Quand l’assemblée la convoque pendant l’examen de la loi Veil, elle en emporte quelques-unes. "Je me souviendrai toujours de leurs visages quand je leur ai lu ces histoires atroces, disait-elle, comme cette pauvre femme dans la campagne qui s’empoisonnait aux insecticides dans l’espoir de tuer le fœtus avec elle". 

Ménie lance une deuxième émission, "Responsabilité sexuelle". Et là les choses se compliquent. Jouer les confidentes, c’est une chose, parler de sexe à la radio, de plaisir féminin… c'était un peu audacieux pour l’époque. Les journaux se font critiques, les familles bourgeoises s’indignent, Ménie se fait parfois insulter dans la rue. 

À 80 ans, elle a cessé d’aller "au journal". Un crève-cœur. Sur ses années radio, elle restait modeste : "Tout ça, c’était secret. J’étais là, et c’est sorti". Lorsque je venais déjeuner avec elle, écrit Adèle, elle me demandait toujours avec inquiétude: "Comment vont les femmes aujourd’hui ?". 

Ménie Grégoire, ma grand-mère… Très joli portrait à lire dans Marie Claire

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/