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Science : les animaux eux-aussi connaissent la crise de l'adolescence

Chez l’homme comme chez l’animal, la crise de l'adolescence semble être un passage obligé, selon le magazine "Epsiloon".

Des éléphants sauvages (illustration)
Des éléphants sauvages (illustration)
Crédit : AMAURY HAUCHARD / AFP
Comme les hommes, les animaux font aussi leur crise d'ado
04:00
Comme les hommes, les animaux font aussi leur crise d'ado
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Isabelle Choquet

Et ce mercredi 23 juin, une pleine crise d’adolescence. Je replonge dans "l’âge bête", comme on dit. En l’occurrence, l’âge bête des bêtes. Les animaux aussi traversent une crise d'ado. Ça peut sembler évident mais en fait les biologistes sont tout juste en train de découvrir à quel point cette grande étape de la vie traverse les espèces, de la souris à l’éléphant en passant par nous, les sapiens. 

C’est l’un des sujets du tout premier numéro d’Epsiloon, nouveau magazine d’actualité scientifique fondé par d’anciens journalistes de Sciences et Vie. Jusqu’ici, les anthropologues considéraient que l’adolescence était le produit de notre culture humaine. 

Visiblement, c’est plutôt un processus ancré dans l’évolution. Et que vous soyez à poils ou à plumes, ça vous tombe dessus. Il y a les transformations physiques, ça c’est très animal, mais aussi de gros changements de comportement.

Une révolution cérébrale…

On est un peu à cran, à cet âge. En fait, chez tous les vertébrés, les bouleversements hormonaux s’accompagnent d’une révolution cérébrale. Les zones impliquées dans les émotions se développent à grande vitesse, les circuits de la récompense aussi, ceux qui nous dopent à la dopamine. Mais dans le même temps, le cortex préfrontal qui est censé prendre les décisions, mûrit lentement. Chez les humains, il n'arrive à maturité que vers 25 ans. Alors en attendant, le self-control et les inhibitions, c’est le bazar.

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Prenez le chien. À l’adolescence, il n’écoute plus rien. Une étude menée sur 285 chiens guides d’aveugle le prouve. Vers 8 mois, un ordre simple comme “assis” n’est pas toujours suivi d’effet. Beaucoup moins qu’à cinq mois ou à un an. Et c'est son comportement conflictuel dirigé spécifiquement vers le maître. Comme chez les bipèdes, on n’obéit plus à papa. Les vaches, ces modèles de placidité, ont soudain la tête à l’envers. Les bêtes qui étaient audacieuses et curieuses peuvent devenir timides et craintives, ou l’inverse. 

Et chez les souris, on vit dangereusement. Les jeunes rongeurs explorent, avec des comportements impulsifs et risqués. Par exemple, en laboratoire, les souris adolescentes consomment plus d’alcool et de nicotine que les adultes. Et même, figurez-vous, elles boivent plus d’alcool quand elles sont en groupe. Il y a un côté “bande de jeunes” qui semble totalement inscrit dans la biologie. 

Une entrée dans l'âge adulte

Cette quête de nouveautés et de sensations, c’est bien sûr un moyen d’entrer dans l’âge adulte. Par exemple, chez les chimpanzés, normalement, on a peur des étrangers. Mais à l’adolescence, les jeunes femelles deviennent obsédées à l’idée de rencontrer de nouveaux individus. Ça a un sens : ça permet d’éviter la consanguinité. De même, les animaux ados prennent beaucoup de risques vis-à-vis de leurs prédateurs. 

Les gazelles suivent les guépards en embuscade. Les lézards s’approchent des serpents. Une bonne façon de connaître son pire ennemi. Il faut en passer par là, car comme le dit une biologiste américaine : “Le manque de prise de risque durant l’adolescence, ou la surprotection parentale, ça finit par être nuisible à la sécurité des futurs adultes”. 

Chez l’homme comme chez l’animal, l’adolescence est donc un mal nécessaire et parfois bien utile à toute la communauté. Car c’est de là que vient l’innovation. Une étude a montré que 80% des nouveaux jeux chez les grands dauphins viennent des jeunes. 

En Inde, on a vu apparaître un nouveau comportement chez les éléphants, la formation de groupes de jeunes mâles, des sortes de gang, qui font des razzias dans des zones récemment urbanisées. Une espèce de culture underground. Mais si elle permet de trouver de nouvelles sources de nourriture, elle se transmet aux adultes. Merci les jeunes.

Tout ceci n’est pas anecdotique, cette crise d’ado universelle en dit long sur l'espèce humaine. "Je dois l’avouer, dit une chercheuse, j’ai beaucoup appris sur les jeunes hommes en étudiant les éléphants adolescents du delta de l’Okavango". 

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