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Le sprint féminin de ski-alpinisme lors des Jeux olympiques d'hiver de la jeunesse de Lausanne, le 13 janvier 2020 à Villars (Suisse).
Crédit : Linnea Rheborg / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP
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Deux ans après le kayak cross aux JO de Paris, l'olympisme s'est trouvé sa nouvelle épreuve à la Mario Kart. Les compétitions individuelles de ski-alpinisme, sport additionnel de ces Jeux de Milan-Cortina, ont lieu ce jeudi 19 février sur la piste du Stelvio de Bormio, avant le relais mixte trois jours plus tard. Le principe ? Un sprint de deux à trois minutes sur un parcours aménagé, alternant entre montées terribles pour le cardio sur les skis (ou à pied avec les skis dans le dos) et descentes rapides, une fois ses peaux de phoques arrachées de ses spatules.
Comme souvent, le CIO a laissé le Comité d'organisation italien intégrer une discipline chère au pays-hôte, mais uniquement dans son format le plus dynamique pour favoriser ses audiences. "C'est une tendance habituelle aux Jeux : la volonté, c'est de rajeunir l'audience via des contenus attractifs", analyse Aurélie Dyèvre, la directrce générale de Sporsora, une association interprofessionnelle spécialisée dans le marketing sportif.
À ce titre, découvrir des disciplines méconnues et des formats nouveaux apparaissent comme deux priorités de la Gen Z en matière de consommation de sport à la télévision, selon une étude de Sporsora sur les 15-25 ans. Autrement dit, le ski-alpinisme aux JO coche toutes les cases. Ce type de course très tonique offre le cocktail parfait : suspense et potentiel de viralité en ligne.
"Le public et les jeunes ne regardent plus un match de foot comme avant, ils sont aussi une bonne partie du temps sur leur téléphone. D'où l'idée de capter leur attention en ménageant le suspense et permettant de rester concentré tout du long. C'est très télévisuel et avec des courses de quelques minutes, cela promet d'être pas mal relayé sur les réseaux sociaux. Je pense que ça peut faire pas mal de buzz", poursuit Aurélie Dyèvre, en spécialiste. Un point important non négligeable quand on sait que les droits médias représentent 73% des revenus du CIO.
Ces caractéristiques expliquent pourquoi seul le sprint a été ajouté au programme olympique, alors que d'autres spécialités existent en Coupe du monde. Au fil de l'hiver, celle-ci se décline également avec l’individuelle, une course vallonnée de plus d'une heure (généralement en haute montagne), et la vertical race, qui s'apparente à une course de côte sur une montée sèche. Deux sortes d'efforts qui collent un peu plus aux racines traditionnelles du ski de randonnée, dont le ski-alpinisme est la version compétitive.
Ainsi, les adeptes de ce sport sont circonspects face à son entrée aux JO, car ils craignent qu'il ne soit un peu dénaturé et perde de sa substance : en sprint, la maîtrise du terrain sur des arêtes enneigées ou en pleine forêt est moindre, le parcours étant balisé par des cordons et des portes. "Les puristes ce n'est pas forcément ce qu'ils préfèrent. Ce ne sont pas les mêmes profils de coureurs, que ceux qui vont courir une demi-journée en montagne", confirme Aurélie Dyèvre.
En janvier 2025, le Français William Bon Mardion, qui a remporté trois fois la mythique Pierra Menta sur ses terres d'Arêches-Beaufort, a même refusé de prendre le départ d'une manche de Coupe du monde pour protester contre l'inclusion du sprint aux Jeux, qui ne récompense pas le meilleur ski-alpiniste. Selon lui, le gros de la préparation se fait en salle de musculation, plutôt que dans la nature. Le format pose d'ailleurs en plein réchauffement climatique, avec des quantités de neige charriées dans des zones basses des stations pour le parcours.
"Ce n'est pas non plus comme la Kings League, où l'on a carrément créé une nouvelle façon de faire du foot. Dans la nature, il y a des obstacles, il y a du dénivelé, on enlève des peaux de phoque, on les remet… Par contre, c'est la façon dont ça va être présenté et filmé, qui va susciter de l'engouement", nuance toutefois Aurélie Dyèvre. Pour les téléspectateurs français, cela risque d'être un sacré divertissement, d'autant que la délégation tricolore peut espérer y gagner trois titres. Respectivement vainqueurs des quatre et trois derniers gros globes de cristal en Coupe du monde, Emily Harrop et Thibault Anselmet ont de bonnes chances de s'illustrer, sachant qu'ils s'associent aussi en relais mixte.
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